Marchés

Matières premières : la correction est terminée

22/06/2016

Nous estimons que la majorité des matières premières ont atteint leur cours plancher, ce qui laisse présager d'une nouvelle tendance haussière.

Après cinq années de performances extrêmement médiocres, le sentiment des investisseurs à l'égard des matières premières est au plus bas mais il commence à s'inverser suite au rebond des prix de plusieurs ressources depuis le début de l'année.

Or, les hausses de prix les plus significatives, en termes de pourcentage, interviennent au début d'un rebond. Et le meilleur moment (le moins risqué) pour investir dans un actif est celui pendant lequel les anticipations du consensus basculent de baissières à haussières, comme c'est actuellement le cas pour les matières premières. L'heure est venue pour les investisseurs de prêter attention à cette classe d'actifs délaissée.

Inflation à l'horizon

Le principal motif d'investissement dans le segment des matières premières devrait toujours être de se couvrir contre l'inflation. Compte tenu du fait que les banques centrales du monde entier continuent à faire marcher la planche à billets de façon incessante, tout porte à croire qu'un regain d'inflation est à prévoir.

De nombreux observateurs soutiennent que les liquidités injectées jusqu'ici n'ont pas provoqué d'inflation, et qu'il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter. Selon nous, les régimes actuels de politique monétaire à travers le monde sont comparables à une bouteille de ketchup que l'on agite : il ne se passe rien après les premières secousses jusqu'à ce que, subitement, il en jaillisse bien plus que nécessaire. Nous considérons la forte hausse des prix des matières premières depuis le début de l'année comme un signal d'alarme qui nous avertit des possibles prémices d'un cycle inflationniste. Et l'achat de matières premières pourrait permettre de s'en prémunir.

Inversion de la surproduction

Plusieurs facteurs favorables entrent en jeu. Premièrement, plusieurs ressources ont vu leur cours chuter en réaction à la surproduction qui a fait suite à la précédente flambée des prix, phénomène aggravé par la disponibilité du crédit bon marché. La situation est bien différente aujourd'hui, comme par exemple au sein du secteur pétrolier où plusieurs producteurs américains sont au bord de la faillite. La croissance de la production est au point mort compte tenu des baisses de prix de 70 à 80 % de nombreuses ressources.

Le dollar plafonne ?

Deuxièmement, le cycle haussier du dollar entre 2011 et 2015 a fortement contribué à la baisse des prix. En effet, la plupart des matières premières sont cotées dans cette devise, et elles se sont renchéries parallèlement au billet vert. De plus, la vigueur du dollar entraîne généralement un resserrement de la politique monétaire des banques centrales afin de soutenir leurs devises, ce qui freine l'injection de liquidités. Mais cette année, la dynamique a commencé à s'inverser lorsque le dollar s'est déprécié. Bien entendu, il pourrait s'apprécier à nouveau, notamment si la Réserve fédérale américaine (Fed) opère un resserrement plus brutal de sa politique monétaire. Mais historiquement, et l'or en est un bon exemple, les cycles de resserrement de la Fed se sont le plus souvent révélés incapables d'inverser la dépréciation du dollar ou la hausse des prix des matières premières (qui constitue initialement le principal catalyseur du resserrement de la politique monétaire).

Le rôle grandissant de l'Inde

Et troisièmement, la flambée des prix des matières premières stimulée par l'économie chinoise a peut-être atteint son terme (pour l'instant), mais un autre pays émergent recèle une demande en forte progression : l'Inde.

La demande de brut en provenance d'Inde croît actuellement à un rythme bien supérieur à celle de la Chine, ce qui modifie nettement la dynamique du marché du pétrole. En outre, la demande indienne pour toute une série de ressources comme l'huile de palme, le sucre, le caoutchouc et le gaz naturel est en plein essor. Selon nous, l'Inde devrait à l'avenir faire l'objet de toutes les attentions sur le marché des matières premières.

Le gaz naturel est actuellement l'exemple typique d'une ressource incomprise : chaque jour, la presse financière rapporte qu'il fait l'objet d'une surproduction mais elle fait totalement abstraction du fait que la demande augmente en raison de son prix qui a chuté ces deux dernières années. En Asie, le prix du gaz naturel liquide (GNL) a en effet chuté de 18 dollars/MMBtu1 à moins de 6 dollars depuis 2014, et les importations indiennes de GNL depuis le début de l'année sont désormais supérieures de 48 % à leur volume de l'année dernière !

La fin du cycle baissier

Nous pensons que la tendance baissière des matières premières s'est inversée. Une bonne douzaine d'entre elles ont progressé de plus de 10 % cette année, et certaines de plus de 30 % ; de toute évidence, la tendance baissière est révolue.

Cette classe d'actifs est peu détenue et peu analysée. Les ventes incessantes dont elle a fait l'objet au cours de ces dernières années se sont atténuées, mais peu d'investisseurs ont osé replacer des ordres d'achats puisqu'ils sont extrêmement nerveux pour la plupart. Aucune hausse n'est linéaire, et toutes les matières premières n'ont pas encore touché leur point bas. Il est normal que certaines d'entre elles, comme l'or par exemple, subissent une correction après avoir généré des gains importants. Et les perspectives peu encourageantes de l'économie chinoise continuent de susciter des interrogations concernant les matières premières industrielles telles que le cuivre. Mais de notre point de vue, si l'on tient compte du ratio risque/rendement, les arguments en faveur d'un investissement dans un fonds investi sur les matières premières, diversifié et géré activement, sont aussi convaincants aujourd'hui qu'ils ne le seront probablement jamais.

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