Point de vue économique

Actualisation des prévisions : la course à la croissance

12/09/2016

En résumé:

  • Nous avons révisé notre prévision de croissance mondiale pour 2016 de 2,5 % à 2,3 %. Les prévisions de croissance pour 2017 restent à 2,6 %, signe du maintien probable de la conjoncture économique mondiale actuellement en berne. Nos scénarios privilégient toujours une tendance baissière et le principal risque semble toujours être une stagnation séculaire.
  • Au mieux, nous pourrions décrire les performances économiques de la zone euro comme dignes d’une médaille de bronze. Nous avons légèrement revu à la baisse notre prévision du PIB 2016 de 1,6 % à 1,5 %, avec des estimations 2017 inchangées à 1,3 %. Aucune médaille pour le Royaume-Uni où nous notons une légère amélioration de la croissance 2016 à 1,7 %, mais une baisse des prévisions 2017 à 0,6 %
  • La performance des marchés émergents devrait globalement s’améliorer, sans toutefois atteindre des niveaux olympiques. La Chine est éssoufflée après avoir couru un si long sprint, tandis que la Russie peine à entrer dans la compétition sur le terrain comme en dehors. Les nouvelles sont plus favorables au Brésil, où l’économie est finalement sortie des starting blocks, et en Inde, où un obstacle de taille (la taxe sur les biens et services) a été franchi.

Actualisation des prévisions : la course à la croissance

Nos prévisions pour la croissance mondiale en 2016 ont été ramenées de 2,5 % à 2,3 %, sous l’effet d’une expansion décevante dans les pays développés. Les révisions à la baisse de nos prévisions pour les États-Unis et la zone euro sont partiellement compensées par celles à la hausse pour le Japon et le Royaume-Uni. Parallèlement, nous notons des signes de redressement sur les marchés émergents et nos prévisions pour l’ensemble de ces économies sont inchangées. Nos prévisions de croissance mondiale en 2017 restent inchangées à 2,6 %. Les prévisions d’inflation mondiales n’ont guère évolué, car la baisse des prévisions des pays développés a été contrebalancée par la hausse des prévisions des marchés émergents en 2016 et 2017.

Des divergences à venir en matière de politique monétaire

Les investisseurs anticipent toujours un relèvement des taux de la Réserve fédérale en décembre, mais ailleurs les taux devraient reculer. Nous pensons que la Banque du Japon (BoJ) ramènera ses taux à -0,3 % d’ici fin 2016 et à - 0,4 % d’ici fin 2017, et qu’à partir du deuxième trimestre 2017, elle renforcera son programme d’achats d'actifs. Parallèlement, la Banque populaire de Chine (PBoC) devrait encore assouplir sa politique avec une baisse des taux d’intérêt à 3 % d’ici fin 2017. Nous abordons nos prévisions pour l'Europe et le Royaume-Uni dans la section suivante.

L’évolution vers une politique budgétaire

Nous pensons que cette intervention des banques centrales n’aura qu'un impact limité sur l’économie réelle, mais audelà du plan du Premier ministre Shinzō Abe au Japon et dans une certaine mesure au Royaume-Uni (où la politique budgétaire sera « remise à plat » à l’automne), nous n’avons pas vraiment pris en compte l’assouplissement budgétaire dans nos prévisions. Aux États-Unis, un assouplissement marqué est peu probable la première année de mandat de la nouvelle administration, et l’Europe ne semble guère disposée à abandonner la neutralité de sa politique budgétaire pour la rendre plus expansionniste.

Scénarios et équilibre des risques

Nous avons passé en revue et actualisé nos scénarios et nous procédons à un changement : nous abandonnons le scénario d’un « atterrissage forcé en Chine » et nous ajoutons celui d'une « stagnation séculaire ». Nous identifions toujours un risque d’atterrissage forcé en Chine, mais il n’est pas important sur l’horizon de nos scénarios. Parallèlement, nous réintroduisons le scénario d’une « stagnation séculaire », où la faiblesse de la demande pèse sur la croissance mondiale et l’inflation reste modérée. En termes de probabilité, l’équilibre des risques penche vers la déflation car nos scénarios de « stagnation séculaire », de « récession aux États-Unis » et d’« UE secouée par le Brexit » font encore reculer la croissance et l’inflation mondiales en 2017.

Actualisation des prévisions européennes : au mieux une médaille de bronze

Nos prévisions de croissance pour la zone euro ont été légèrement revues à la baisse pour 2016, de 1,6 % à 1,5 %, tandis que les prévisions 2017 sont restées inchangées à 1,3 %. Ces révisions à la baisse s’expliquent principalement par le récent affaiblissement de la croissance en France et en Italie. Les banques italiennes sont notamment considérées comme une source majeure de risque compte tenu de l’augmentation des créances douteuses et des taux d'intérêt négatifs, qui pèsent sur la rentabilité du secteur. Nous avons globalement réduit notre prévision d'inflation officielle de la zone euro à 0,3 % en 2016 (contre 0,6 % auparavant) et à 1 % en 2017 (1,4 % auparavant).

Gymnastique monétaire pour la BCE

Nous restons convaincus que la faiblesse de l’inflation va contraindre la Banque centrale européenne (BCE), lors de sa réunion de décembre, à réduire son taux de dépôt à -0,5 % en septembre et à prolonger son assouplissement quantitatif (QE) jusqu’à fin 2017. Toutefois, les autorités manquent d’actifs à acheter et, selon nous, elles vont finalement se tourner vers les achats d’actions, potentiellement via les fonds indiciels cotés (ETF) comme le fait actuellement la BoJ (bien que cela soit très incertain).

Prévisions du Royaume-Uni : aucune médaille pour la performance macroéconomique

Malgré le formidable succès de l’équipe britannique aux Jeux olympiques de Rio, le Royaume-Uni ne remportera aucune médaille pour sa performance macroéconomique. Nos prévisions pour la croissance britannique sont largement inchangées, avec une légère révision à la hausse pour 2016 à 1,7 %, mais à la baisse pour 2017 à 0,6 %. C’est la conséquence d’un reprofilage et de révisions des données historiques. Les prévisions d’inflation ont été légèrement abaissées pour 2016, mais relevées pour 2017, car nous pensons qu’il faudra un peu plus de temps pour que la dépréciation de la livre sterling ait un impact sur les prix à la consommation.

Triple saut manqué pour la BoE

Après la première baisse des taux d’intérêt de la Banque d'Angleterre (BoE) en sept ans en août, nous avons modifié nos prévisions pour intégrer une nouvelle réduction des taux à 0,1 % en novembre. Nous pensons aussi que la Banque va prolonger son QE au moins jusqu’à fin 2017. Toutefois, nous doutons que ces mesures de relance auront une incidence notable sur l'économie. Nous pensons que le gouvernement doit maintenant intervenir pour introduire une relance budgétaire marquée. Nous anticipons que d’ici un à deux ans les mesures de relance représentant environ 1 % du PIB.

Marchés émergents : plus vite, plus haut, plus fort?

Dans l’ensemble, nous anticipons une croissance plus soutenue en 2017, malgré un ralentissement en Chine. Cela s’explique surtout par la reprise post-récession en Russie et au Brésil, même si l’Inde poursuit aussi sa progression régulière.

Chine : maintenir le rythme après un départ trop rapide

La Chine s’est mieux comportée que prévu au premier semestre, notamment grâce à des mesures de relance couronnées de succès. Nous pensons toutefois que la situation n’est pas tenable, et un ralentissement semble déjà en cours. Cependant, un atterrissage forcé ne semble pas se profiler dans l’immédiat. À court terme, les autorités disposent de suffisamment de ressources pour contenir toute flambée de l’économie ou du système financier, où les risques abondent. Nous nous montrons moins optimistes concernant les trois prochaines années. Nous tablons toujours sur une croissance du PIB de 6,4 % en 2016 et de 6,2 % en 2017.

Brésil : sortie des starting blocks

Les indicateurs à haute fréquence indiquent toujours une reprise au Brésil, mais il faudra encore attendre quelques trimestres avant d’observer une croissance positive. Nous pensons que la croissance de -3,5 % en 2016 va s’améliorer pour atteindre 0,9 % en 2017. Nous avons révisé à la hausse nos prévisions d’inflation en raison de sa persistance cette année, et nous avons à la fois reporté dans le temps le cycle de baisse des taux d’intérêt et en avons réduit l'ampleur, avec tout au plus des baisses de 75 pb cette année.

Russie : difficultés persistantes à entrer dans la compétition

Les perspectives de la croissance russe restent celles d’une reprise progressive, malgré la récente faiblesse des cours pétroliers. Nous anticipons une croissance positive en glissement annuel d’ici le quatrième trimestre et une croissance globalement positive en 2017, bien que toujours limitée à 1,5 %. Si les cours pétroliers se raffermissent, les taux d’intérêt pourraient encore être réduits de 50 à 100 pb cette année.

Inde : un nouvel obstacle enfin franchi

Après dix ans d’attente, l’Inde a finalement adopté une loi ouvrant la voie à la mise en place d’une taxe sur les biens et services (Goods and Services Tax - GST). La GST devrait supprimer de nombreuses distorsions et inefficiences, ce qui bénéficiera à l'investissement, à la croissance et aux recettes fiscales à moyen et long terme. Concernant la politique monétaire, nous pensons qu’un changement de politique est probable au troisième trimestre, car le gouverneur actuel de la banque centrale cesse ses fonctions et son successeur devrait être plus conciliant. Nous avons légèrement revu à la hausse nos anticipations d’inflation pour refléter cette probabilité et nous anticipons désormais une inflation de 5,6 % en 2016 et de 5,9 % en 2017.

Information importante

Ce document exprime les opinions de l'équipe d'économistes de Schroders et ne représente pas nécessairement les opinions formulées ou reflétées dans d’autres supports de communication, présentations de stratégies ou de fonds de Schroders.

Ce document n’est destiné qu’à des fins d’information et ne constitue nullement une publication à caractère promotionnel. Il ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente d’un instrument financier quelconque. Il n’y a pas lieu de considérer le présent document comme contenant des recommandations en matière comptable, juridique ou fiscale, ou d’investissements. Schroders considère que les informations contenues dans ce document sont fiables, mais n’en garantit ni l’exhaustivité ni l’exactitude. Nous déclinons toute responsabilité pour toute opinion erronée ou pour toute appréciation erronée des faits. Aucun investissement et/ou aucune décision d’ordre stratégique ne doit se fonder sur les opinions et les informations contenues dans ce document.

Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Les cours des actions ainsi que le revenu qui en découle peuvent évoluer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant qu’ils ont investi.

Ce document est produit par Schroders France 8-10 rue Lamennais, 75008 Paris, France. Pour votre sécurité, les communications peuvent être enregistrées et surveillées.

Les prévisions contenues dans le présent document résultent de modèles statistiques, fondés sur un certain nombre d'hypothèses.

Elles sont soumises à un degré élevé d'incertitude concernant l'évolution de certains facteurs économiques et de marché susceptibles d'affecter la performance future réelle. Les prévisions sont fournies à titre d'information à la date d'aujourd'hui. Nos hypothèses peuvent changer sensiblement au gré de l'évolution possible des hypothèses sous-jacentes notamment, entre autres, l'évolution des conditions économiques et de marché. Nous ne sommes tenus à l'obligation de vous communiquer des mises à jour ou des modifications de ces prévisions au fur et à mesure de l'évolution des conditions économiques, des marchés, de nos modèles ou d'autres facteurs.

Réservé exclusivement aux investisseurs et aux conseillers professionnels.

Ce document exprime les opinions de l'équipe d'économistes de Schroders et ne représente pas nécessairement les opinions formulées ou reflétées dans d’autres supports de communication, présentations de stratégies ou de fonds de Schroders.

Ce document n’est destiné qu’à des fins d’information et ne constitue nullement une publication à caractère promotionnel. Il ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente d’un instrument financier quelconque. Il n’y a pas lieu de considérer le présent document comme contenant des recommandations en matière comptable, juridique ou fiscale, ou d’investissements. Schroders considère que les informations contenues dans ce document sont fiables, mais n’en garantit ni l’exhaustivité ni l’exactitude. Nous déclinons toute responsabilité pour toute opinion erronée ou pour toute appréciation erronée des faits. Aucun investissement et/ou aucune décision d’ordre stratégique ne doit se fonder sur les opinions et les informations contenues dans ce document.

Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Les cours des actions ainsi que le revenu qui en découle peuvent évoluer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant qu’ils ont investi.

Les prévisions contenues dans le présent document résultent de modèles statistiques, fondés sur un certain nombre d'hypothèses.

Elles sont soumises à un degré élevé d'incertitude concernant l'évolution de certains facteurs économiques et de marché susceptibles d'affecter la performance future réelle. Les prévisions sont fournies à titre d'information à la date d'aujourd'hui. Nos hypothèses peuvent changer sensiblement au gré de l'évolution possible des hypothèses sous-jacentes notamment, entre autres, l'évolution des conditions économiques et de marché. Nous ne sommes tenus à l'obligation de vous communiquer des mises à jour ou des modifications de ces prévisions au fur et à mesure de l'évolution des conditions économiques, des marchés, de nos modèles ou d'autres facteurs.

Ce document est produit par Schroders France 8-10 rue Lamennais, 75008 Paris, France.