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Obligations indexées sur l’inflation : les mesures de relance pour affronter la crise les rendent-elles plus attractives ?


Michael Lake

Michael Lake

Directeur d'investissement obligataire

Karen Wright

Karen Wright

Directrice d'investissement obligataire

Les banques centrales ont réagi rapidement et agressivement pour atténuer les conséquences économiques néfastes de la crise du Covid-19. Ils ont procédé à des injections de liquidités sans précédent et accru les achats d’actifs, entre autres mesures.

Leur objectif officiel est toujours d’atteindre des taux d’inflation cibles, mais nous avons vu la mission des banques centrales s’élargir, notamment par le soutien explicite apporté au secteur privé.

Nous nous attendons à ce que ces mesures de relance renforcées restent en place pendant une période prolongée, tant pour soutenir l’économie réelle que pour permettre aux États d’emprunter à des taux abordables.

 

Les banques centrales se féliciteraient-elles d’une hausse de l’inflation ?

L’élargissement des mesures de relance des banques centrales entraînera une baisse structurelle des taux d’intérêt et, selon toute probabilité, une hausse des anticipations d’inflation par rapport à leur niveau actuellement faible. Le point de départ des anticipations d’inflation est bas et l’attention s’est portée davantage sur les répercussions économiques négatives à court terme. En Europe, par exemple, le risque de déflation a une nouvelle fois été évoqué. Les banques centrales se féliciteront d’une hausse de l’inflation et, à l’avenir, devraient tolérer une inflation supérieure à l’objectif pour maintenir la stabilité des prix à long terme.

Dans le même temps, la forte augmentation de l'ampleur des programmes de relance budgétaire dans le monde a contribué à soutenir la croissance future alors que les gouvernements commencent à sortir du confinement et à tenter de s’adapter à une nouvelle normalité. L’augmentation de l’offre de monnaie résultant des mesures de relance, combinée à un financement bon marché de la dette pourrait certainement être inflationniste. Cela pourrait entraîner une divergence marquée des risques d’inflation entre les pays.

 

Les faibles anticipations d’inflation sous-estiment-elles l’impact de l’assouplissement des conditions financières ?

Si les conditions financières peuvent à elles seules faire monter les anticipations d’inflation, celles-ci dépendent en grande partie de la vigueur de la reprise de la demande globale, qui elle-même repose sur l'optimisme des entreprises et des consommateurs. Bien que des taux d’intérêt négatifs et bas puissent dissuader les ménages de constituer une épargne de précaution trop importante, néanmoins, les consommateurs peuvent se sentir vulnérables face à une récession. La demande de biens et de services peut donc rester déprimée.

Toutefois, comme le montre le graphique, historiquement, l’assouplissement des conditions financières (en tenant compte des taux d’intérêt, du taux de change du dollar américain, des cours des actions et des niveaux des obligations d’entreprise) a eu tendance à entraîner une hausse des anticipations d’inflation. Alors que la crise de mars et la contraction de la liquidité ont entraîné un net resserrement des conditions financières, la tendance s’est rapidement inversée et les conditions s’assouplissent à nouveau.

 

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La forme de la courbe de la reprise est essentielle

Les mesures draconiennes de confinement étant progressivement levées et les pays retournant à une « nouvelle normalité », la forme de la reprise aura des conséquences sur l’inflation. La forme de la courbe de la reprise économique reste incertaine, mais la plupart des acteurs du marché s’attendent à ce qu’elle soit en « U ».

Cette reprise plus lente est susceptible d’engendrer des risques d’inflation plus faibles par rapport à un rebond plus soudain. Cependant, les anticipations d’inflation étant actuellement très basses, même un léger changement de sentiment pourrait avoir un effet significatif sur les anticipations d’inflation.

 

 

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Les forces structurelles d’inflation à plus long terme continueront d’avoir un impact

L’horizon d’investissement est une considération importante. La plupart des grandes banques centrales peinent à atteindre leurs objectifs d’inflation depuis un certain temps, principalement en raison d’évolutions plus profondes à long terme telles que les progrès technologiques, la démographie et les inégalités.

Certains de ces facteurs désinflationnistes ont été exacerbés et précipités en raison du Covid-19. Par exemple, les progrès technologiques pourraient bien s’accélérer. Pour certains secteurs de l’économie, ce changement sera permanent.

En revanche, l’inversion ou la réduction de la mondialisation (un autre thème structurel à long terme) pourrait être intrinsèquement inflationniste et ce processus pourrait également avoir été accéléré par la crise du Covid-19. L’une des principales conséquences de la mondialisation au cours des dernières décennies a été la mondialisation croissante des réseaux d’approvisionnement et la baisse du coût du travail. Un renversement de cette tendance (que l’on constatait déjà avant la pandémie) en raison du recul de la connectivité mondiale, à la fois par le commerce mondial et par le retour à une main-d’œuvre plus localisée, risque d’accroître l’inflation en raison du manque de concurrence.

 

Le moment opportun pour s’exposer à l’inflation

Ainsi, alors que les banques centrales et les gouvernements ont lancé des plans de relance, l’ampleur d’une hausse de l’inflation dépendra de la vigueur de la reprise économique. La levée des restrictions pourrait déclencher une vague d’augmentation de la demande. À l’inverse, une dégradation de la conjoncture économique, comme la montée du chômage, pourrait entraîner une hausse de l’épargne de précaution. Des forces à plus long terme agiront également.

Cependant, les indicateurs d’inflation (notamment l’inflation de base) ayant chuté de manière significative, les anticipations d’inflation fondées sur le marché sont actuellement faibles. Bien que certains investisseurs puissent juger que les risques d’inflation sont relativement faibles, le bas niveau actuel des cours des obligations indexées sur l’inflation pourrait en faire un outil attractif de diversification dans le cadre d’un portefeuille plus large, ainsi que de couverture contre l’effet corrosif de la hausse des prix.

Enfin, les pays du monde entier réagissant différemment et se trouvant à différents stades de reprise, certains étant soumis à des contraintes de déficits, des opportunités pourraient se présenter pour générer des rendements par une allocation active vers les marchés indexés sur l’inflation à l’échelle mondiale.

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