Économie

Elections britanniques : ce qu’implique un parlement minoritaire

Analyse des implications pour l’économie et les marchés du résultat inattendu des législatives au Royaume-Uni.

08/06/2017

Azad Zangana

Azad Zangana

Économiste senior européen et stratégiste

Vision macro-économique : du couronnement à la contestation, puis à la capitulation

 « Ce résultat est désastreux pour le parti Conservateur, et pose la question de l’avenir de Theresa May en tant que Première Ministre. En tant que principale formation politique suite à l’élection, le parti Conservateur devrait rester au pouvoir avec un gouvernement minoritaire, dépendant de la confiance et des votes des membres conciliants de l’opposition au parlement. Cette situation fragilise la stabilité du gouvernement, qui devra faire des concessions et rechercher le consensus même sur de simples évolutions de la législation. »

Impact pour l’économie

« Les ménages et les entreprises vont s’inquiéter des incertitudes politiques accrues. Cependant, la paralysie attendue à Westminster devrait se traduire par de moindres changements dans la politique budgétaire et économique. Nous anticipons une baisse des dépenses des ménages et des investissements des entreprises susceptible d’exacerber le ralentissement économique déjà en cours. »

Impact sur la livre Sterling et la Banque d’Angleterre

« La chute de la livre Sterling a été moins importante que prévu dans ce contexte de parlement minoritaire. A la marge, la faiblesse de la devise devrait renforcer l’inflation à un niveau légèrement supérieur à celui précédemment anticipé et donc peser (modérément) sur les dépenses des ménages.

La Banque d’Angleterre ne devrait pas modifier sa politique à court terme, mais réassurer sa volonté d’agir dans l’éventualité d’une instabilité financière.

Si l’on se projette dans l’avenir, il y a de fortes chances pour qu’un gouvernement conservateur minoritaire ne tienne pas plus d’une année. Il lui sera probablement très difficile de faire passer une loi de finance. »

Et pour le Brexit ? 

« Concernant le Brexit, de sérieux dommages ont été causés à la position du Royaume-Uni pour les négociations. Sans mandat fort, l’Europe peut ignorer les demandes britanniques. Désormais, même une menace de retrait des négociations serait perçue comme vaine et dépourvue du soutien des citoyens. »

Marché actions : les entreprises réalisant leurs bénéfices à l’international devraient bénéficier de la faiblesse de la livre

David Docherty, gérant actions britanniques de Schroders :

« Même si les Conservateurs parviennent à former un gouvernement, le résultat viendra significativement réduire l’autorité de Theresa May et sa capacité à négocier le Brexit. »

Qui seront les gagnants et les perdants au sein du FTSE ?

« Sur le marché actions britanniques, nous nous attendons à une fuite vers la qualité dans un premier temps, les investisseurs privilégiant les entreprises qui réalisent leurs bénéfices à l’international.

Les sociétés centrées sur le marché de la consommation domestique, sensibles à l’évolution économique, devraient être vulnérables face à une baisse de la livre Sterling. En effet, les variations des taux de change impactent leur marge bénéficiaire et le revenu disponible réel de leurs clients. D’autres secteurs comme les banques, le logement et l’immobilier en général devraient également souffrir. »

Brexit, taxation et renationalisation ? 

« A plus long terme, un nouveau souffle économique pourrait se matérialiser si les partis d’opposition se prononçaient en faveur d’une hausse des dépenses publiques.

Pour le moment, étant donné la plus grande proximité du parti Travailliste avec le pouvoir, les investisseurs vont commencer à mesurer l’impact d’une fiscalité plus lourde et d’interventions de l’Etat plus offensives (incluant des nationalisations) sur les entreprises.

Malgré les débats passionnés que ces évènements politiques vont susciter, les investisseurs vont également prendre en compte d’autres facteurs tels que le contexte macro-économique mondial, la valorisation des actions britanniques et des considérations fondamentales au niveau des titres. »

Marché obligataire : l’inflation devrait augmenter

Alix Stewart, gérante obligataire de Schroders :

« L’un des risques liés au résultat de ces élections législatives est que les prix augmentent davantage que prévu. Ce risque est dû à la combinaison de dépenses publiques plus élevées à une baisse de la livre Sterling. »

Perspectives obligataires

« Les perspectives pour les obligations d’Etat britanniques sont incertaines. Cependant, un retrait massif initial est probable, les investisseurs exigeant un rendement supérieur sur ces obligations. En effet, davantage de dépenses publiques impliquent une hausse des emprunts réalisés sur les marchés et un environnement inflationniste.

A long terme, cependant, l’incertitude économique découlant des difficultés politiques en vue des négociations sur le Brexit devraient continuer à soutenir l’investissement en emprunts d’Etat. »

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