Points de vues - Enquête Global Investor Study

Seulement 20 % des investisseurs n’ont pas cédé à la panique durant la dégringolade des marchés boursiers en 2018

Seulement 18 % des investisseurs se sont tenus à leur plan d’investissement à long terme durant les turbulences du marché de l’an dernier, selon l’enquête Global Investor Study de Schroders.

25/07/2019

David Brett

David Brett

Éditorialiste

2018 a été une année difficile pour les investisseurs, avec de fortes baisses des marchés boursiers mondiaux qui ont mis les nerfs des investisseurs à l’épreuve. Selon une nouvelle enquête mondiale, seulement 18 % des investisseurs ont déclaré s’être tenus à leurs plans d’investissement durant le dernier trimestre volatil de 2018.
 
Ces résultats sont tirés de l’enquête Global Investor Study 2019 de Schroders, qui a sondé l’opinion de plus de 25 000 investisseurs dans 32 pays.
 
Une majorité (70 %) d’investisseurs ont déclaré avoir apporté des modifications au profil de risque de leur portefeuille au cours de cette période. Un peu plus d’un tiers (35 %) ont pris plus de risque, la majorité, 56 %, ont investi dans des placements moins risqués (36 %) ou en liquidités (20 %). 9 % ont apporté des changements à leurs portefeuilles tout en conservant le même profil de risque.
 

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Source : Enquête Global Investor Study 2019 de Schroders : Au cours des trois derniers mois de l’année 2018, l’indice MSCI World des actions mondiales a fortement chuté sur fond de craintes liées à l’économie mondiale. Quels changements avez-vous apportés à votre portefeuille d’investissement en réaction directe à cette période de volatilité du marché ?
 
De nombreux investisseurs ont exprimé leur frustration vis-à-vis de la performance de leur portefeuille en dépit du réajustement effectué. Plus de la moitié (51 %) n’ont pas obtenu le résultat escompté sur leurs investissements au cours des cinq dernières années, et nombre d’entre eux attribuent cet échec à leur action ou leur inaction.
 
L’incertitude a été particulièrement marquée au cours de la période considérée. Les actions mondiales ont affiché leur plus forte baisse trimestrielle en sept ans fin 2018, dans un contexte d’inquiétudes économiques mondiales, dues à une intensification de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. L’indice MSCI World a chuté de 13,9 %, soit la 11ème plus mauvaise performance trimestrielle depuis 1970.
 

Turbulences sur les marchés d’actions : la hausse puis la baisse des actions mondiales au T3 2018

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Source : Schroders. Les données Refinitiv pour l’indice MSCI World sont correctes au 12 juin 2019.
 
Claire Walsh, directrice Finances personnelles chez Schroders, déclare : « Personne n’aime perdre de l’argent. Il n’est donc pas surprenant que lorsque les marchés chutent les investisseurs se sentent nerveux. Nombre d’études ont révélé que, pour les investisseurs, la souffrance de subir une perte est plus forte que la satisfaction de réaliser un gain. Cela peut avoir une incidence sur la prise de décisions.
 
« Comme le montre notre enquête, à peine trois mois de turbulences ont amené de nombreux investisseurs à apporter des changements à ce qui aurait dû être des plans d’investissement à long terme. Cela pourrait les conduire à commettre les erreurs d’investissement classiques,
notamment de vendre au plus bas quand les choses vont mal ou de redéployer leurs placements vers les liquidités afin de protéger leur patrimoine, mais en les laissant dormir trop longtemps, courant alors le risque que leur épargne soit érodée par l’inflation au fil du temps.
 
Ces réactions sont des facteurs psychologiques que le secteur de l’investissement regroupe sous le terme « finance comportementale ». En fin de compte, il est difficile de prévoir ce que feront les marchés, mais mieux connaître les biais susceptibles d’influer sur vos décisions est une bonne façon d’aider à protéger votre patrimoine. »

L’anticipation du marché est un exercice difficile

Les conclusions de la Global Investor Study suggèrent que les investisseurs tentent d’anticiper les moments adéquats pour leurs opérations sur le marché. Acheter au plus bas et vendre au plus haut est l’objectif de tout investisseur. En revanche, anticiper précisément le marché est notoirement difficile, voire impossible.
 
Des travaux de recherche antérieurs réalisés par Schroders montrent combien il peut en coûter de mal choisir le moment pour entrer ou sortir du marché. Par exemple, si en 2003 vous aviez investi 1 000 $ dans le MSCI World et n’aviez pas touché à cet investissement pendant les 15 années suivantes, il vaudrait aujourd’hui 4 211 $. (Noter bien sûr que les performances passées ne présagent pas des performances futures).
 
Toutefois, si vous aviez essayé de calculer vos entrées ou sorties du marché pendant cette période et que vous n’étiez pas positionnés pendant les 30 meilleurs jours de l’indice, le même investissement vaudrait aujourd’hui 1 268 $, soit 2 943 $ de moins.

Les investisseurs restent investis pendant 2,6 ans en moyenne

L’étude Global Investor Study 2019 de Schroders a également révélé que les investisseurs ont tendance à adopter une vision relativement court terme. En moyenne, ils restent investis pendant 2,6 ans avant d’investir dans d’autres produits ou de vendre leurs positions.
 
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Source : Enquête Global Investor Study 2019 de Schroders : Hors l’épargne retraite ou les placements immobiliers que vous pourriez avoir, en moyenne, une fois que vous avez placé de l’argent dans un produit d’investissement, combien de temps restez-vous investis (avant d’investir dans d’autres produits/vendre vos positions) ?
 
Seulement 13 % des investisseurs ont dit rester investis pour le minimum de cinq ans souvent recommandé par les conseillers financiers, tandis que 41 % ont dit rester investis pendant un an ou moins.
 
« En général, plus vous investissez longtemps, plus vous disposez de temps pour récupérer vos pertes éventuelles, c’est pourquoi il est recommandé d’investir pendant au moins cinq ans », a déclaré Walsh.
 
« Il est légèrement inquiétant de constater qu’une proportion aussi importante d’investisseurs ne le font pas. Les gens ont des objectifs d’investissement différents comme l’achat d’une maison ou l’investissement en vue de la retraite. Cependant, si vos objectifs sont vraiment à court terme, comme l’achat d’une voiture par exemple, alors l’épargne sur un compte de dépôt est peut-être une meilleure option. »
 
Schroders a demandé à Research Plus Ltd de mener une enquête en ligne indépendante auprès de 25 743 investisseurs dans 32 pays à travers le monde, avec un travail sur le terrain qui s’est déroulé du 4 avril au 7 mai 2019. Dans le cadre de cette enquête, un « investisseur » désigne toute personne envisageant d’investir au moins 10 000 euros (ou une somme équivalente) au cours des 12 prochains mois et ayant modifié ses placements au cours des dix dernières années. Ces personnes sont considérées comme représentatives de la population des investisseurs de chaque pays dans lequel a été menée l’enquête.