Marchés

Perspectives pour 2018 : Actions émergentes

Nos perspectives pour les actions des marchés émergents restent positives bien que leurs performances pourraient être plus modérées en 2018.

21/12/2017

Tom Wilson

Tom Wilson

Responsable des gestions actions émergentes

Le rebond a été tiré par l’accélération du commerce international, alimentée par le redressement synchronisé de la croissance mondiale et la dépréciation du dollar américain. Ce contexte a favorisé l’amélioration du rendement des capitaux propres des entreprises et de bonnes surprises sur le front des bénéfices. Cette année, la performance des marchés émergents s’est également caractérisée par la progression des valeurs technologiques. 

 

La croissance des pays émergents reste solide

Nous anticipons un taux de croissance mondial soutenu à 3,3 % en 2018, légèrement supérieur aux 3,2 % attendus pour 2017. Ce niveau devrait continuer à soutenir le commerce international et profiter aux marchés émergents. Ces derniers devraient enregistrer au total une croissance de 4,9 % en 2018, niveau conforme à celui anticipé cette année.

L’économie chinoise devrait connaître une croissance robuste en 2018. Cependant, nous anticipons un ralentissement du rythme de la croissance de 6,8 % à 6,4 % en 2017 compte tenu du resserrement des conditions monétaires. Celui-ci résulte de mesures positives visant à gérer l’arbitrage règlementaire et les risques au sein du système financier. Nous saluons l’accent mis sur la qualité de la croissance et la gestion des risques structurels lors du récent Congrès du Parti communiste. Néanmoins, la décélération du rythme de la croissance chinoise est susceptible de freiner quelque peu le commerce international.

Par ailleurs, nous anticipons la poursuite du redressement économique en Russie et au Brésil. En Russie, la faiblesse record de l’inflation devrait permettre à la banque centrale de poursuivre l’assouplissement de sa politique monétaire, ce qui devrait stimuler la consommation et l’investissement.

Au Brésil, des signes dénotent une généralisation de la reprise et la baisse des taux d’intérêt a dopé la confiance des consommateurs et des entreprises. Le rythme de l’embellie pourrait désormais dépendre de l’établissement d’une trajectoire crédible vers la stabilité budgétaire via la mise en œuvre de la réforme des retraites.  Les enjeux politiques devraient donc rester importants, en particulier compte tenu des élections présidentielles prévues en octobre 2018.

La forte croissance des pays émergents d’Europe centrale (Pologne, Hongrie et République tchèque) est susceptible de se maintenir. La généralisation de la reprise économique dans la zone euro devrait rester bénéfique. La réduction des excédents de capacité entraîne un regain de pressions inflationnistes et nous amorçons la phase initiale d’une période de resserrement monétaire, qui devrait favoriser la rentabilité des établissements bancaires.

La croissance en Inde devrait être soutenue par la recapitalisation des banques, laquelle devrait permettre une plus grande disponibilité du crédit en 2018 et 2019. Il faut par ailleurs s’attendre à un degré de soutien budgétaire à l’approche des élections de 2019.

 

Les valorisations sont moins attrayantes mais leur reprise devrait se poursuivre 

Le cycle des performances a connu un creux et le rendement des capitaux propres se redresse désormais. Cette tendance est soutenue par l’amélioration des conditions économiques, alliée à l’action précédemment engagée par les entreprises en matière de dépenses d’investissement et de gains d’efficience opérationnelle. Dans certains pays émergents, nous assistons également à un revirement des cycles de crédit, qui s’étendent habituellement sur plusieurs années.

 

 

Nous décelons un potentiel limité de hausse des multiples de valorisation à l’horizon des 12 mois à venir. Les ratios cours-valeur comptable et cours-bénéfices sont désormais légèrement supérieurs aux moyennes à long terme, montrant que le marché anticipe un redressement continu des performances et une croissance des bénéfices par action (BPA). Nous misons sur une croissance des BPA comprise entre 10 % et 15 % au cours des 12 prochains mois.

D’un point de vue relatif, les valorisations restent attractives. L’indice MSCI Emerging Markets affiche un PER à 12 mois de 12,8, ce qui représente une décote de 24 % par rapport à l’indice MSCI World.

Nous continuons de déceler une tendance à l’affaiblissement du dollar américain à moyen terme. La dépréciation du billet vert est fortement corrélée avec la surperformance des actions émergentes et les monnaies des pays émergents, à l’exception du renminbi chinois, restent sous-valorisées à nos yeux. Le dollar pourrait toutefois continuer à bénéficier d’un soutien au premier semestre 2018 compte tenu du resserrement monétaire en cours aux États-Unis et des possibles mesures de réforme et de soutien budgétaire. 

 

Les risques qui menacent la croissance des marchés émergents 

Trois grands facteurs pourraient peser sur les perspectives favorables des marchés émergents l’an prochain :

Ralentissement de l’économie chinoise

L’augmentation rapide de la dette ces dix dernières années en Chine a eu pour effet d’accroître les risques économiques et financiers. Le défi pour le gouvernement est de tenir les objectifs de croissance tout en maîtrisant ces risques. 

Nous rejetons l’hypothèse d’un ralentissement soudain et important de l’économie chinoise. L’endettement des entreprises est certes élevé à 170 % du PIB, mais les entreprises détenues par l’État en représentent 110 %. La dette est largement financée en interne grâce au taux d’épargne élevé au niveau national. Le contrôle qu’elles exercent sur le système bancaire et leur influence considérable sur l’économie réelle confèrent aux autorités la capacité de gérer la croissance.

Elles sont toutefois conscientes du besoin de traiter les risques qui pèsent sur le système financier. Des efforts continus seront dès lors consacrés au renforcement de la coordination de la réglementation du système financier. Du fait des mesures mises en œuvre, la croissance du crédit est susceptible de ralentir au cours des années à venir et il est probable que l’idée d’un tassement de la croissance à moyen terme soit acceptée.

L’ampleur acceptable de ce ralentissement reste toutefois à déterminer et les autorités en tout état de cause peuvent uniquement gérer le rythme de la croissance dans les grandes lignes et pas au plus près. Par conséquent, le risque d’un ralentissement plus important et plus rapide qu’attendu de l’économie chinoise à court terme n’est pas à exclure. Bien qu’un tel scénario n’augurerait nullement d’une crise compte tenu de la marge de manœuvre que conservent les autorités chinoises, il pourrait toutefois avoir un impact sur les prévisions concernant la croissance mondiale et les prix des matières premières.

Resserrement de la liquidité mondiale

Nous gardons à l’esprit la normalisation de la politique monétaire des banques centrales des pays développés. Ces dernières devraient selon nous rester sensibles aux conditions économiques mondiales et faire preuve de prudence dans le retrait de leurs mesures de soutien – elles normalisent leurs politiques parce qu’elles en ont les moyens.

Politique commerciale américaine

La perspective d’une politique commerciale protectionniste aux États-Unis reste préoccupante, notamment en ce qui concerne la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain. Certains aspects de la position de Washington à cet égard ont peu de chance d’être jugés acceptables par le Mexique et le Canada. L’incertitude qui en découle pour le Mexique pourrait affecter le sentiment du marché, la volonté d’investir des entreprises et l’évolution des échanges commerciaux à moyen terme. Un impact négatif sur le sentiment global du marché vis-à-vis des actions émergentes serait également à envisager. 

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