Économie

Perspectives 2019 : économie mondiale

Nous prévoyons que la croissance mondiale ralentira en 2019 et que le dollar se dépréciera, les taux d'intérêt américains atteignant un pic en milieu d'année.

11/12/2018

Keith Wade

Keith Wade

Economiste et stratégiste

  • Nous prévoyons un environnement plus stagflationniste en 2019, avec une croissance mondiale qui devrait ralentir et une inflation en hausse.
  • Nous prévoyons que les taux d'intérêt américains culmineront à 3 % à la mi-2019, mais d'autres banques centrales continueront de resserrer leur politique monétaire.
  • Le dollar américain devrait s'affaiblir, ce qui pourrait profiter aux actifs des marchés émergents.

L'économie mondiale continue de croître, mais certains signes indiquent que la croissance a atteint un sommet à mesure que les économies américaine, européenne et asiatique ralentissent. Nous prévoyons que les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine persisteront pendant une bonne partie de l'année prochaine, l'augmentation des droits de douane créant un environnement plus stagflationniste de croissance plus faible et d'inflation plus élevée.

 

Ralentissement de la croissance du PIB mondial

Nous prévoyons que la croissance économique mondiale ralentira à 2,9 % en 2019, contre 3,3 % en 2018, selon les estimations. Ce chiffre est inférieur au consensus (3,1 %) et reflète en grande partie notre opinion plus pessimiste sur les États-Unis. Nous prévoyons une croissance du PIB américain de 2,4 % en 2019, à mesure que l'impulsion donnée par les réductions d'impôt s'estompe, tandis que les taux d'intérêt augmentent et que les effets d'une guerre commerciale prolongée avec la Chine se font sentir. Si la récente trêve de 90 jours est la bienvenue, nous restons sceptiques quant aux perspectives d'un accord à plus long terme sur des questions telles que les droits de propriété intellectuelle. Nous anticipons un nouveau ralentissement de la croissance mondiale à 2,5 % pour 2020.

Dans la zone euro, nous prévoyons un nouveau ralentissement de la croissance au premier semestre 2019 en raison des effets de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Selon nos prévisions, la croissance du PIB devrait ralentir, passant de 1,9 % en 2018 à 1,6 % en 2019. En supposant que le Brexit se déroule sans encombre, le Royaume-Uni devrait enregistrer une amélioration de sa croissance en 2019 ; nous prévoyons une croissance du PIB de 1,4 %.

Pour le Japon, nous prévoyons une croissance du PIB de 1 % en 2019, soit peu de variation par rapport à 2018. Le début de l'année s'annonce robuste, aidé par les dépenses de reconstruction après les tremblements de terre, les inondations et les typhons de 2018. Toutefois, la TVA devrait passer de 8% en octobre à 10% et les précédentes hausses de TVA ont eu un impact significatif sur l'activité économique.

La situation des marchés émergents est contrastée, la Chine et l'ensemble des économies asiatiques subissant la pression des tensions commerciales et de la baisse de la demande dans le secteur technologique. Nous prévoyons que la croissance chinoise ralentira, passant de 6,6 % en 2018 à 6,2 % en 2019. L'Amérique latine pourrait être une bonne nouvelle au sein des marchés émergents, car l'économie brésilienne semble sur le point de se renforcer au sortir de la période des élections.

 

L'inflation à la hausse, tirée par les marchés émergents

Malgré le ralentissement de la croissance économique et la baisse des prix du pétrole, nos prévisions relatives à l'inflation mondiale sont passées à 2,9 % pour 2019. Cette situation résulte d'une inflation plus élevée dans les marchés émergents, où la faiblesse de la devise fait monter les prix à l'importation.

Dans les économies développées, nous avons révisé à la baisse nos prévisions en matière d'inflation à la suite de la réduction des estimations pour le Japon et le Royaume-Uni. Pour le Japon, les anticipations à la baisse tiennent compte de facteurs particuliers tels qu'une réduction de 20 % des tarifs de téléphonie mobile. Pour le Royaume-Uni, nous prévoyons une baisse de l'inflation de 2,5 % en 2018 à 1,8 % en 2019. Cela est dû à la baisse des prix du pétrole ainsi qu'aux anticipations d'un renforcement de la livre sterling contre la plupart des devises dans le cas d'un « soft » Brexit.

En ce qui concerne les États-Unis, l'inflation devrait rester élevée en 2019, à 2,7 %. Notre projection reflète le resserrement des capacités typique de cette phase tardive du cycle économique ainsi que l'augmentation des droits de douane à l'importation à mesure que la guerre commerciale se poursuit.

 

Les taux américains culmineront à la mi-2019

Nous prévoyons trois autres hausses de taux d'intérêt de la part de la Réserve fédérale américaine (Fed), ce qui portera le taux directeur des fonds fédéraux à un maximum de 3 % en juin 2019. Nous supposons que la Fed fermera les yeux sur une inflation supérieure à la cible en 2019 et qu'elle s'arrêtera pour tenir compte des effets du ralentissement de la croissance des prix futurs. Nous prévoyons ensuite des baisses de taux en 2020, à mesure que l'économie américaine continuera de se refroidir.

Pour la Banque d'Angleterre, nous prévoyons deux hausses de taux l'année prochaine, bien que cela dépende d'une sortie en douceur de l'UE avec une période de transition pour l'économie.

Dans le même temps, la Banque centrale européenne (BCE) devrait mettre fin à son programme d'achat d'actifs en janvier 2019 et relever les taux d'intérêt en septembre. Il s'agirait de la première hausse au cours du mandat du président de la BCE, M. Draghi, et de la dernière, étant donné qu'il quittera ce poste en octobre prochain. Bien que l'on s'attende à ce que la croissance de la zone euro soit plus faible l'an prochain, elle demeurera supérieure à la moyenne et suffisante pour une banque centrale désireuse de relever ses taux d'intérêt depuis des niveaux extrêmement bas.

 

L'affaiblissement du dollar pourrait être une lueur d'espoir pour les marchés émergents

Nous nous attendons à ce que la conjugaison d'un pic des taux américains et du début d'une politique monétaire plus restrictive ailleurs se traduise par une dépréciation du dollar américain en 2019. Bien que la différence entre les taux d'intérêt américains et ceux des autres pays reste favorable aux États-Unis, il est probable que les marchés des changes l'aient déjà intégré. Nous pensons que les marchés des changes se concentreront de plus en plus sur les déficits croissants du budget et de la balance courante aux États-Unis, ce qui fera baisser la devise. Le compte courant représente les transactions d'un pays avec le reste du monde, y compris le commerce net.

Pour les marchés émergents, l'affaiblissement du dollar pourrait être une lueur d'espoir. Bien que l'escalade des guerres commerciales et la perspective d'un ralentissement de la croissance mondiale ne soient pas de bon augure, un dollar plus faible contribuerait à atténuer les pressions sur la région. En 2018, la hausse des taux d'intérêt américains et le raffermissement du dollar ont poussé les emprunteurs en dollars hors des États-Unis, ont exercé des pressions sur les devises des marchés émergents et ont contraint les banques centrales locales à renforcer leur politique monétaire. La vigueur du dollar a également affaibli les prix des produits de base et nui au commerce mondial. En 2019, certains de ces facteurs pourraient se résorber, ce qui permettrait d'assouplir les conditions financières et de soutenir les actifs des marchés émergents.

Pour la zone euro, ce scénario est moins favorable, car un euro plus fort resserrera les conditions financières, tandis que le ralentissement aux États-Unis entravera la croissance mondiale. Ces deux facteurs font qu'il est plus difficile pour la BCE de continuer à relever ses taux d'intérêt. Il est fort possible que la BCE ait attendu trop longtemps pour normaliser les taux d'intérêt et qu'elle considère l'année écoulée comme une occasion manquée. La région pourrait se retrouver coincée avec des taux bas et une faible puissance de feu monétaire pour lutter contre le prochain ralentissement économique. 

 

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