Points de vues

Pourquoi investir dans le changement climatique va devenir plus complexe


2020 a été une année exceptionnelle pour l’action en faveur du changement climatique. L’opinion publique, les gouvernements, les entreprises et les marchés financiers ont tous connu des changements majeurs dans leur façon d’évaluer le besoin pressant de s’occuper de la crise climatique. Aujourd’hui, plus d’investissement, de recherche et développement, ainsi qu’une collaboration internationale sont réunis pour permettre une transition plus rapide vers une économie zéro carbone.

Bien que ce ne soit qu’un début, il s’agit cependant d’une très bonne nouvelle pour la planète et pour nos chances d’éviter un désastre climatique.

Jusqu’à présent, le nouvel élan politique et commercial a également été un incroyable soutien pour les investisseurs dans des entreprises travaillant à atténuer le changement climatique.

 

Valorisations à la hausse

Cependant, l’investissement est rarement aussi simple. Alors que les marchés financiers ont pris en 2020 la mesure de l’ampleur de la transition à venir, les valorisations des entreprises ont commencé à la refléter.

Une vaste réévaluation à la hausse des valorisations des entreprises possédant de fortes technologies dans des domaines tels que l’énergie renouvelable, les véhicules électriques (VE), l’hydrogène, l’économie circulaire (un système économique qui vise à supprimer les déchets et l’usage des ressources en continu) et les aliments durables a eu lieu.

Cette réévaluation reflète principalement les perspectives de croissance qui se sont améliorées pour ces industries, et les entreprises qui ont investi dans la création de solutions tandis que la transition s’accélère.

 

Et concurrence accrue

La hausse de la valorisation des actifs liés au changement climatique ne représente pas seulement un vent contraire pour les retours sur investissements futurs, mais également une plus grande conscience du fait que la transition et les opportunités de croissance à venir vont désormais inévitablement mener à un durcissement de la concurrence.

Cette concurrence viendra à la fois des nouveaux entrants et des entreprises déjà existantes, dans des industries voisines qui réorientent leur stratégie.

 

Le solaire

Il y a déjà eu plusieurs exemples de pression concurrentielle faisant diminuer les retours sur investissements dans des industries liées au climat - le meilleur exemple étant celui de l'industrie solaire. Une vague d’investissements et d’expansion de capacité par des entreprises chinoises sur la dernière décennie a standardisé et fragmenté l’industrie, menant presque tous les fabricants autres que chinois en faillite.

Dans cette période d’intense concurrence, de miraculeux rescapés se distinguent. Par exemple, First Solar a réussi à survivre en étant le précurseur d’une technologie exclusive et d'un procédé de fabrication de panneaux solaires qui lui a permis de sans cesse réduire les coûts tout en protégeant ses marges. Cependant, dans l’ensemble, l’industrie solaire a été un investissement désastreux sur le long terme.

Un autre exemple récent est celui des matériaux cathodiques, qui sont des composants essentiels des batteries au lithium-ion. Il est désormais évident que la technologie des batteries peut permettre une évolution fondamentale du marché automobile hors des moteurs à combustion interne vers les VE. Le potentiel de croissance est immense, à la mesure de la pénétration des VE à l’échelle mondiale qui passera de 5% aujourd’hui à près de 100% à l’avenir.

Les fournisseurs de cette industrie, comprenant les fabricants de cathodes, ont drastiquement augmenté leur production. On observe également une vague de nouveaux entrants ajoutant de nouvelles capacités de production, et ce notamment en Chine. L’organisation de l’industrie s’est par conséquent fragmentée, et malgré une forte croissance le marché est désormais saturé, plaçant les marges et le rendement du capital sous pression pour tous ceux qui y sont impliqués.

Ces exemples sont historiques, mais il y a également d’autres situations d’actualité dans lesquelles nous pouvons apercevoir les signes de l’augmentation de l’intensité concurrentielle et de la fragmentation.

 

Véhicules électriques

Les fabricants, « pure play » établis tels que Tesla et NIO sont aujourd’hui rejoints par une ribambelle de nouveaux entrants.  De nombreuses autres start-ups ont levé des fonds et sont cotées en bourse grâce à des sociétés d’acquisition à vocation spécifique (SAVS). Il y a également eu une explosion d’introductions de nouveaux modèles par les constructeurs automobiles historiques.

En réalité, il semble qu’aujourd’hui pas une semaine ne puisse passer sans qu’un fabricant automobile ne déclare qu’il passera au tout électrique d’ici 2030 ou 2035. Comme si cela ne suffisait pas, une rumeur persistante indique qu’Apple ferait aussi son entrée sur le marché dans quelques années. Cette concurrence sera bénéfique pour la croissance des volumes, et certains fournisseurs s’en sortiront très bien ; mais la tâche sera sûrement bien plus difficile pour les fabricants automobiles disputant une part du marché auprès des consommateurs.

 

Les actifs de sources d’énergie renouvelable

Dans ce domaine, le marché se fragmente du fait d’une forte augmentation du nombre d’entreprises cherchant à construire et à posséder des actifs renouvelables. Les nouveaux concurrents comprennent des concepteurs nouvellement établis financés par les marchés de capitaux, des fournisseurs d’énergie en place évoluant vers une production plus propre, et plus récemment des compagnies pétrolières et gazières traditionnelles, qui transfèrent leurs budgets de capitaux hors des énergies fossiles vers les énergies renouvelables.

Dans cet environnement mêlant financement abondant et intensification de la concurrence, les investissements doivent être choisis avec bien plus de précautions.

Les entreprises qui seront couronnées de succès seront celles qui auront un avantage compétitif clair et durable. Les meilleures industries dans lesquelles continuer à investir seront celles dans lesquelles il restera un nombre raisonnable de concurrents légitimes, du fait des barrières à l’entrée du potentiel de différentiation des produits.

 

Le vent du changement

Un exemple d’environnement concurrentiel restant raisonnable, de notre point de vue, est celui de l’industrie des équipements éoliens.

L’industrie des éoliennes a connu une restructuration profonde sur la dernière décennie, et les parts de marché se sont naturellement consolidées autour des entreprises les plus solides. En outre, il n’y a eu ces dernières années aucun nouvel entrant majeur dans le secteur, et les acteurs clés ont différentes propositions ; c’est pourquoi l’industrie éolienne est celle dans laquelle, à notre avis, se trouvent les plus fortes perspectives de croissance rentable avec de bons retours sur investissements.

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