Marchés

Perspectives pour 2018 : Actions Grande Chine

Après leur forte progression en 2017, quelle sera la tendance des actions de Grande Chine en 2018 ?

29/12/2017

Louisa Lo

Louisa Lo

Head of Greater China Equities

Les actions de Grande Chine ont enregistré une forte hausse en 2017, avec une progression de près de 50 % de l’indice MSCI China depuis le début de l’année en cours. Cette performance tient à plusieurs facteurs clés, parmi lesquels :

  • Des signes de reprise cyclique – La croissance économique chinoise s’est stabilisée cette année sous l’effet d’une période prolongée de croissance du crédit, de mesures de relance budgétaire et du soutien issu du marché immobilier.
  • L’amélioration du momentum des bénéfices – Nous avons constaté une remontée des prix de l’énergie et des matériaux cette année, ainsi qu’une solide progression des secteurs d’Internet et de la technologie.
  • Le soutien de la liquidité – La liquidité reste solide et est également alimentée par les flux nord-sud de Chine continentale vers Hong Kong liés aux dispositifs Stock Connect1 qui relient les bourses de Shanghai et Shenzhen avec celle de Hong Kong.

Les valorisations sont désormais élevées suite à la forte hausse du marché. Au 30 novembre 2017, l’indice affichait un ratio cours-bénéfices (PER) proche de 15 et un ratio cours-valeur comptable de 1,92, niveaux supérieurs aux fourchettes historiques dans les deux cas. Si l’on exclut les valeurs bancaires chinoises (peu onéreuses), l’indice présente en fait un PER de 22. Sachant que le couple risque-rendement à ce stade est désormais moins favorable, nous avons opté pour une plus grande prudence à l’approche de 2018.

 

Croissance économique

Lors du 19e Congrès du Parti communiste chinois qui s’est conclu récemment, le gouvernement a semblé mettre davantage l’accent sur la qualité de la croissance économique dans le but d’assurer la stabilité et la répartition équitable des richesses, au lieu de se concentrer sur un objectif quantitatif de croissance du PIB. En conséquence, le rythme de la croissance de l’économie chinoise devrait ralentir en 2018 à la lumière des facteurs suivants :

  • Après la forte croissance du PIB chinois observée au cours des neuf premiers mois de 2017, laquelle s’est établie à 6,9 % sur un an en moyenne, la dynamique cyclique s’essouffle en partie. Cela s’explique par le fait que la comparaison s’établit sur la base d’une croissance élevée (l’effet de base) et par la mise en œuvre de restrictions sur l’achat de biens immobiliers, susceptibles d’avoir un impact négatif sur la demande de logement. Il est donc difficile désormais de compter sur une nouvelle accélération cyclique.
  • Le marché immobilier fait également peser un risque baissier sur l’économie. La déclaration du président Xi lors du Congrès du Parti communiste selon laquelle « un appartement est fait pour vivre, non pour spéculer » est révélatrice à cet égard, et l’on s’attend à un ralentissement du marché immobilier en 2018.
  • Malgré la hausse modérée de l’indice des prix à la consommation (IPC) en dépit d’une forte hausse de l’indice des prix à la production (IPP) cette année, nous avons conscience que la hausse des prix des matières premières est susceptible d’exercer une pression sur les marges d’acteurs intermédiaires des secteurs industriel et de la consommation et d’alimenter les pressions inflationnistes en 2018.
  • Le désendettement du secteur financier non-bancaire est susceptible de se poursuivre en 2018. Bien que positive sur le long terme, cette tendance risque de freiner la croissance économique à court terme.

La bonne nouvelle toutefois est que la consommation de biens et de services apportera un soutien à la croissance, qui demeure solide à la faveur de tendances structurelles globalement positives.

À Taïwan, le nouvel iPhone X d’Apple suscite de fortes anticipations mais nous n’écartons pas l’hypothèse d’une déception sachant que le marché des smartphones reste très concurrentiel. S’y ajoute l’intensification de la concurrence issue des fabricants chinois de composants électroniques ces dernières années, laquelle constitue une menace de plus en plus importante pour les sociétés des segments intermédiaire et aval du secteur.

 

Liquidité et politiques

La politique monétaire chinoise devrait rester neutre l’an prochain. D’une part, le régulateur s’attache enfin à réduire l’endettement du secteur financier non-bancaire après la forte croissance enregistrée par les produits de gestion de fortune et les actifs financiers non-bancaires ces dernières années. D’autre part, il subsiste une marge d’abaissement du ratio des réserves réglementaires (RRR) des banques afin de compenser en partie le durcissement de la réglementation et d’atténuer l’impact négatif sur l’économie réelle. Le RRR pour les quatre plus grandes banques chinoises s’établit actuellement à 17 % et celui des établissements de plus petite taille à 15 %.

En outre, les cycles des taux d’intérêt aux États-Unis et en Europe ont vraisemblablement atteint leur point bas. La Réserve fédérale américaine va probablement amorcer la réduction de son bilan et il faut également s’attendre à de nouvelles hausses de ses taux d’intérêt, ce qui pourrait mettre le renminbi sous pression.

 

Croissance des bénéfices

Après six ans d’abaissements ininterrompus, les prévisions de croissance des bénéfices par action (BPA) ont été largement revues en hausse cette année en Asie, ce qui constitue l’une des principales raisons de la progression des marchés en 2017. Une tendance similaire est constatée en Chine, où les révisions en hausse des prévisions de bénéfices ces derniers temps se concentrent dans les secteurs de la technologie/des semi-conducteurs, des matériaux, des biens de consommation cycliques et des services.

La croissance des BPA en 2018 est susceptible d’être modérée et il nous semble difficile d’envisager une généralisation de la reprise dans la mesure où la dynamique cyclique de l’économie risque de ralentir. De plus, la pression sur les marges des sociétés intermédiaires des secteurs industriel et de la consommation va se faire davantage sentir, notamment pour celles dont le pouvoir de fixation des prix est faible. La hausse des prix des matières premières et des coûts financiers se traduira soit par une augmentation des prix des produits (pressions inflationnistes) soit par une contraction des marges des entreprises à un moment ou un autre.

Nous décelons encore la possibilité d’une accélération du momentum des bénéfices dans certains secteurs financiers, notamment les compagnies d’assurance en Chine et les grandes banques de Hong Kong, compte tenu du creux atteint par le cycle des taux d’intérêt. Nous sommes également positifs vis-à-vis d’un ensemble sélectif d’entreprises des secteurs du tourisme, de la santé, des biens de consommation et des services. Elles pourraient en effet enregistrer une nouvelle croissance de leurs bénéfices grâce à la solidité de la demande sur fond de hausse continue de la consommation.

 

Valorisations

L’indice MSCI China affiche désormais un PER à 12 mois sur la base des bénéfices de 2017 proche de 15 (22 si l’on exclut les banques), soit un écart-type au-delà de la moyenne historique à long terme. Le couple risque-rendement dès lors est évidemment moins favorable. La performance des actions se caractérise également par des divergences et une concentration extrêmes. D’un point de vue « bottom-up », de nombreuses actions présentent désormais des valorisations élevées et se négocient à des niveaux proches voire supérieurs à leur juste valeur telle qu’estimée par nos analystes.

 

Stratégie d’investissement

En 2018, nous continuerons de privilégier les entreprises bénéficiant de solides cash-flows, de rendement en dividendes élevé et de bilans sains. Nous conservons une prédilection pour les secteurs de la consommation et des services, dont Internet, le tourisme et l’éducation, au regard de nos prévisions à long terme positives en ce qui concerne la demande de consommation en Chine.

Par ailleurs, compte tenu du point bas atteint par le cycle des taux d’intérêt et du niveau attractif des valorisations, nous privilégions également certaines compagnies d’assurance.

 

 

 

1. Les dispositifs Shanghai-Hong Kong et Shenzhen-Hong Kong Stock Connect permettent aux investisseurs de Chine continentale d’investir dans la bourse de Hong Kong (flux nord-sud), les investisseurs internationaux étant par ailleurs autorisés à investir dans les marchés actions chinois via la bourse de Hong Kong (flux sud-nord).

2. Le PER et le ratio cours-valeur comptable sont tous deux utilisés pour valoriser les actions d’une entreprise donnée.

3. Le PER à 12 mois est une méthode conventionnelle permettant de déterminer le caractère onéreux ou non des marchés actions, en termes de valorisations. 

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