Marchés

Perspectives pour 2018 : Financement d’infrastructures

En 2018, pas un - mais des - bons millésimes

07/02/2018

Charles Dupont

Charles Dupont

Président de Schroder Aida

Les années se suivent et se ressemblent-elles ?

Selon les résultats de l’étude semestrielle menée par Preqin, l’infrastructure est la classe d’actifs ayant à nouveau obtenu le taux de satisfaction le plus élevé dans les activités alternatives.

Ainsi 53 % des investisseurs veulent encore augmenter leur allocation à cette classe d’actifs. Paradoxalement, ils considèrent pour 59 % d’entre eux que le niveau de prix actuel des actifs infrastructure est le principal facteur de risque. Mais dans un environnement de taux bas, cette classe d’actifs considérée probablement à tort comme sans risque, attire toujours autant des investisseurs à la recherche de rendements réguliers décorrélés des cycles économiques et financiers.

Y a t’il risque de surchauffe ? oui, et non. Oui car l’offre de capital excède la demande en capitaux, notamment en Europe, dans un marché de niche aux perspectives de croissance jusqu’à maintenant limitées. Non, car la classe d’actifs devrait offrir de nouvelles opportunités d’investissements dans les toutes prochaines années, et une variété de supports et de stratégies bien plus diversifiée qu’auparavant.

 

En 2018, pas un - mais des - bons millésimes

L’offre infrastructure s’est heureusement diversifiée depuis quelques années, l’hétérogénéité de la classe d’actifs se reflétant désormais dans une grande variété de risques et d’instruments financiers. Elle se décline, pour le bonheur des petits et des grands, en dette senior, dette junior, equity, core, core +, value add, opportunistic, fonds thématiques, généralistes diversifiés, mandats dédiés, co-investissements.

La panoplie de produits financiers « infrastructure » est désormais comparable à celle déjà disponible dans d’autres classes d’actifs plus anciennes et mieux connues des investisseurs comme l’immobilier et le private equity. Chaque pot doit pouvoir désormais trouver son couvercle.

Cet afflux de nouveaux capitaux pour la classe d’actifs pourra donc être investi dans d’autres produits que le trop commun fonds equity core multi-investisseurs. Faut-il orienter l’investisseur vers des fonds value-add ? Un segment de plus en plus encombrés lui aussi et de moins en moins « infrastructure » diraient certains. Des fonds de dette junior ? pourquoi pas, c’est un produit par nature moins risqué que l’equity et qui affiche des rendements courants très comparables.

Une chose est certaine : les fonds de dette infrastructure devraient voir leur développement s’accélérer. Ils ne représentent que moins de 20 % des capitaux levés actuellement alors qu’ils s’adressent à un univers d’investissement 3 fois plus vaste que l’equity. La levée record du fonds de l’un de nos confrères cette année annonce la couleur.

Et enfin (!) les sociétés de gestion spécialisées en dette infrastructure peuvent désormais être jugées sur leurs performances passées et non plus leurs seules promesses de performance. Nous pensons que la dette infrastructure devrait susciter davantage d’intérêt des investisseurs, ou tout moins davantage de curiosité, et notamment de la part des assureurs.

 

Retour vers le futur

On a longtemps cru que les investissements en infrastructure étaient limités aux travaux d’entretien dans les pays développés : atonie de la croissance économique, niveau de service déjà élevé offert par les principaux acteurs nationaux du secteur, on ne construit pas de nouveaux aéroports tous les jours, le marché était dit mûr, bref la demande de financement semblait plafonner.

Pourtant, ces dernières années, lentement, discrètement, cette classe d’actifs ronronnante et poussiéreuse loin du monde merveilleux et glamour des start-ups de la tech, est revenue sur le devant la scène pour apparaitre comme l’un des éléments essentiels aux révolutions économiques et sociales qui parcourent l’Europe.

La transition énergétique, la mobilité urbaine et la révolution numérique, se nourrissent les unes et les autres d’investissements « brick and mortar » que le grand capital privé contribue à financer : des réseaux énergétiques intelligents capables d’accueillir la nouvelle production électrique verte ou d’effacer la demande en heure de pointe, des parkings permettant d’abandonner les centres-villes aux piétons et de partager des véhicules consommables « on-demand », des fibres optiques et des data-centres écolos portant le tout numérique de la nouvelle génération en réseau.

L’image de l’infrastructure se modernise, et l’image des gérants, qui l’étudient souvent avec dévotion dans ses moindres détails, rajeunit sans doute un peu. Mais derrière le strass et les paillettes d’une classe d’actifs en or, le choix de l’investissement dans l’infrastructure pourrait progressivement devenir le choix éclairé d’investisseurs socialement responsables, et soucieux de bénéficier des retombées économiques et financières de la révolution en marche, au travers d’un support d’investissement solide qui a su traverser des siècles et des siècles de progrès.

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