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Il y a trois ans et demi, les devises des marchés émergents ont été brutalement sanctionnées après l'évocation du « tapering » (fin progressive de l’assouplissement quantitatif aux États-Unis). Ces corrections massives, qu’on appelle désormais « Taper Tantrum », ont dans un premier temps pesé sur toutes les devises émergentes, mais elles ont ensuite ciblé les « cinq fragiles », des économies fortement tributaires des financements étrangers.
Après l’élection de Donald Trump, nous avons constaté une hausse comparable des rendements des bons du Trésor et, une fois de plus, les détenteurs de devises étrangères ont subi des pertes douloureuses. Toutefois, comme pour le « Taper Tantrum », le « Trump Tantrum » semble surtout pénaliser les économies qui dépendent fortement des financements extérieurs.
Le graphique ci-dessous montre les besoins de financements extérieurs bruts en part du PIB sur l’axe des ordonnées et les variations des devises depuis l’élection sur l’axe des abscisses. Ces deux éléments sont fortement corrélés, un plus grand besoin en financements extérieurs bruts étant associé à une dépréciation accrue. Certains pays comme le Mexique font figure d’exception, ce qui lisse la tendance : ses besoins de financements extérieurs sont modestes par rapport à certains marchés émergents, mais le risque spécifique lié à Donald Trump a entraîné une dépréciation plus marquée que ce que justifient ses fondamentaux.
Graphique : Donald Trump réitère le « Taper Tantrum »
Source : Thomson Datastream, Schroders Economics Group. 16 novembre 2016
Parmi les autres exceptions, nous notons que la livre turque pourrait devoir se déprécier davantage compte tenu de ses faiblesses (le rand, dans une position comparable, s’est presque déprécié deux fois plus), tandis que le réal brésilien semble avoir été sanctionné outre mesure. Le Brésil présente des vulnérabilités extérieures comparables à celles des autres économies d’Amérique latine, mais il a connu une dépréciation bien plus marquée depuis les élections. Bien entendu, cela pourrait aussi tout simplement signifier que les pesos colombien et chilien n'ont pas fini de se déprécier !
Enfin, notez que l'Inde et l'Indonésie, qui sont toutes deux parvenues à réduire leurs vulnérabilités externes après avoir fait partie des « cinq fragiles », ont connu cette fois des dépréciations bien plus modestes. De plus, alors que le yuan fait l’objet d’une grande attention, il est remarquablement stable face au dollar compte tenu des fluctuations par ailleurs.
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