Liste des enjeux politiques majeurs à destination des investisseurs en actions
Le Brexit, l’élection de Donald Trump ou encore les élections en Europe, autant d’événements qui auraient pu semer le trouble sur les marchés actions de la région. Les investisseurs ont pourtant gardé leur sang-froid. Et maintenant ?

Authors
La réaction des marchés aux échéances électorales
La chute de 7 % des actions mondiales les jours qui suivirent le référendum britannique sur l’UE avait a priori donné le ton de l’évolution des marchés pour les douze mois à venir. D’aucuns voyaient dans les élections prévues en Europe et aux États-Unis des événements capables de remettre radicalement en cause les situations politiques et la trajectoire des marchés.
Que s'est-il passé en réalité ?
Malgré la baisse de 2,9 % des actions internationales après la victoire de Donald Trump lors de l’élection présidentielle américaine en novembre, les marchés ont continué à évoluer sur une trajectoire haussière.
Depuis son plus bas post-Brexit de 6 105,5 points le 27 juin, l’indice MSCI World (qui reflète l’évolution des bourses mondiales) a progressé de presque 20 %.
1 000 dollars investis sur les marchés mondiaux (performance totale et dividendes inclus) le 27 juin 2016 vaudraient aujourd’hui 1 200 dollars. Ces chiffres tiennent compte de l’inflation.

Comment expliquer la progression persistante des marchés boursiers ?
Première raison, la quête de revenu des investisseurs dans un environnement de taux bas.
Dans la majorité des pays développés, les taux d’intérêt ont atteint ou sont proches de plus bas records, à 0,25 % au Royaume-Uni et 0,75 % aux États-Unis. Les investisseurs ont donc décidé de se tourner vers les actions, qui peuvent verser des dividendes.
Le rendement de l’indice FTSE 100 est actuellement de 3,7 % et celui du S&P 500 de 2 %. Ces niveaux de rendement sont particulièrement intéressants pour les investisseurs à la recherche de revenu, comme les retraités.
Et maintenant ?
Les élections qui se profilent pourraient encore perturber les marchés.
Le tableau ci-dessous répertorie les scrutins et autres événements passés et ceux à venir. Le Schroders Economics Group a analysé en détail le risque de chacun d’entre eux, la probabilité de leur occurrence et leur impact potentiel sur le marché.

Les élections législatives du 8 juin au Royaume-Uni et les élections en Allemagne le 29 septembre sont les deux prochaines échéances politiques à l’horizon.
Mais pour Azad Zangana, économiste et stratégiste senior pour l’Europe chez Schroders, aucun d’eux ne devraient pénaliser les investisseurs. En revanche, l’élection prévue en Italie en mai 2018 comportera un risque politique majeur.
« Les élections législatives au Royaume-Uni ne devraient guère réserver de surprise et renforceront probablement l’influence du gouvernement conservateur. »
« Selon nous, les élections en Allemagne induisent un faible risque. Angela Merkel est susceptible de perdre au profit des partenaires minoritaires de sa coalition, ce qui ne posera pas de problème aux investisseurs. »
« L’élection prévue en Italie en mai 2018 fait planer un risque plus important sur la stabilité de l’Europe. Le mouvement anti-establishment Cinq étoiles (M5S) est toujours en tête des sondages »
« Le manque de clarté de ses politiques pourrait déstabiliser l’Europe et les marchés financiers. »
« Si le M5S finit par remporter la victoire, l’euro pourrait se déprécier, les actions italiennes sous-performer et une crise de la dette réapparaître. La Banque centrale européenne essaiera probablement de ramener le calme sur les marchés grâce à son programme d’assouplissement quantitatif, mais cela ne pourra pas durer éternellement. »
Opinion d’un gérant de fonds
Alex Tedder, Responsable des actions internationales chez Schroders a déclaré :
« Le résultat de l’élection française a permis de dissiper une grande partie des risques car ce scrutin aurait pu avoir des conséquences majeures pour la stabilité de la zone euro. Les perspectives de l’Europe et de l’euro se sont donc améliorées. »
« Les marchés britanniques ont également bien réagi au résultat de l’élection française mais nous restons globalement prudents à l’égard des actions du pays. »
« Dépendante de la consommation, l’économie britannique est pénalisée par la baisse de la livre sterling, par la hausse de l’inflation et le repli des revenus réels. Les marchés, notamment les petites et moyennes capitalisations, pourraient commencer à en pâtir. »
« Aux États-Unis, malgré les incertitudes entourant l’administration Trump, la Réserve fédérale durcit progressivement sa politique monétaire et l’économie américaine reste solide. »
« L’année 2017 réserve encore d’autres événements cruciaux. Des élections sont prévues au Royaume-Uni, en Allemagne et en Italie et pourraient déstabiliser les marchés. Les revers à court terme des marchés peuvent toutefois être propices pour les investisseurs patients afin de générer de la performance. »
« A l’approche de l’élection française, les actions internationales ont été moins influencées par les événements politiques et économiques. Les investisseurs ont semblé recentrer leur attention sur la qualité des entreprises et leurs bénéfices. La corrélation entre les actions (c’est-à-dire la mesure dans laquelle elles évoluent dans la même direction), a baissé. »
« Les signaux semblent donc indiquer une amélioration de l’environnement lié à la sélection des valeurs au cas par cas. Sur le long terme, nous continuons à penser qu’il s’agit d’un catalyseur plus important des performances des investisseurs que l’approche consistant à réagir a posteriori aux événements politiques. »
Authors
Thèmes