Pas de baisse des taux de la BoJ, mais de nouvelles politiques amenés à stimuler l'inflation
L’action de la BoJ est bienvenue, mais le public sera-t-il convaincu ?

Authors
La Banque du Japon (BoJ) n'a pas baissé les taux, mais a introduit deux nouvelles mesures lors de la réunion de ce jour :
1. Un « QQE (assouplissement quantitatif et qualitatif) avec un contrôle de la courbe des taux », qui implique une orientation des achats d'actifs afin de maintenir les rendements des obligations d’Etat à 10 ans à un niveau proche de zéro.
2. « Un engagement à dépasser la cible d’inflation », qui signifie le maintien d’une politique monétaire accommodante jusqu'à ce que l'inflation dépasse 2 % et reste supérieure à l'objectif.
Une consolation pour les banques
La première mesure vise à atténuer les effets néfastes des taux d'intérêt négatifs sur le secteur financier, cette politique mettant la pression sur les marges bancaires.
En ciblant un taux zéro pour les obligations d’Etat à 10 ans, la BoJ peut au moins éviter que l'écart entre les coûts d'emprunt des banques et les taux de prêt se réduise davantage et comprime leurs marges.
Les actions du secteur financier ont nettement progressé en réponse à cette annonce.
Une hausse nécessaire des anticipations d'inflation
La deuxième mesure est une reconnaissance par la BoJ de son échec à atteindre la cible de 2 % d'inflation.
Relever l’objectif au-delà de la cible peut sembler inquiétant, mais le but est d'augmenter les anticipations d'inflation dans l'économie.
Il s’agit donc d’une tentative audacieuse pour briser la mentalité déflationniste qui empêche l'augmentation des salaires et entretient ainsi une faible inflation.
D'autres mesures seront peut-être nécessaires
Les mesures du jour ont été bien accueillies par les marchés : aux côtés du rallye actions, les rendements des emprunts d'Etat ont légèrement augmenté tandis que le yen est resté stable en dépit d'une augmentation de la volatilité.
Le risque était qu’une absence de baisse des taux soit perçue comme un changement de cap par le marché, provoquant ainsi une forte remontée du yen et un resserrement des conditions financières.
Cependant, en termes d'impact économique, nous sommes sceptiques quant au potentiel de ces mesures.
L'engagement envers une hausse de l’inflation est bienvenu, mais pour qu'il réussisse, il faut convaincre le public. Or la BoJ n’y est pas parvenue jusqu’à présent.
Cela ne veut pas dire qu'elle va échouer, mais que de nouvelles mesures seront nécessaires. Nous tablons sur une baisse des taux lors de la prochaine réunion de la BoJ le 1er novembre.
Authors
Thèmes