Trois leçons tirées de trois années d’investissement durable en Europe
Alors que l’investissement durable se généralise rapidement, notre expérience de ces dernières années nous a appris trois leçons utiles.

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- 1) l’investissement durable peut tout à fait s’étendre au-delà des entreprises les mieux notées de leur catégorie («best-in-class»);
- 2) l’environnement est un facteur important, mais pas le seulfacteur à prendre en compte dans l’investissement ESG; et
- 3) nous pouvons (et devons) utiliser notre position de gardiens du capital pour provoquer le changement.
L’investissement durable s’étend au-delà des entreprises «best-in-class»
Nos recherches sur le fournisseur suédois d’équipements hospitaliers et de sciences de la vie Getinge AB illustrent comment nos outils de développement durable permettent d’identifier des entreprises qui n’étaient pas au départ considérées comme «best-in-class».
Dès le début de l’année 2020, lorsque nous avons commencé à nous intéresser à cette entreprise, nos outils nous en ont donné une image assez mitigée. Getinge a été analysée positivement dans SustainEx grâce à la solidité de sa distribution de médicaments et à ses salaires, mais a obtenu un score bien au-dessous de la moyenne dans CONTEXT par rapport à ses concurrents. Ce résultat s’explique principalement par les démêlés de l’entreprise avec les instances de réglementation, sous une équipe de direction précédente qui avait mis en place des baisses de coûts agressives.
Afin de mieux comprendre, nous nous sommes entretenus avec le Responsable Qualité et Conformité réglementaire de Getinge. Nous avons certes appris que l’entreprise avait reçu de la Food & Drug Administration américaine une mise en garde concernant des problèmes de contrôle de la qualité, mais également qu’une toute nouvelle série de normes de qualité avait été intégrée à l’ensemble de l’organisation.
Ces nouvelles normes de qualité ont constitué la base d’une structure d’entreprise repensée, qui a permis de réduire les déchets et d’accroître l’efficacité des processus de production. Elles se sont également traduites par un nouveau processus décisionnel en matière d’investissement qui a recentré l’activité sur les secteurs à plus forte croissance.
Nous y avons perçu un moment clé, au cours duquel un risque de durabilité s’est transformé en une opportunité sous-valorisée. Selon nous, les améliorations apportées à la culture de l’entreprise et sa réorganisation n’avaient pas encore été correctement reflétées par le marché.
C’est à ce stade du développement d’une entreprise que nous sommes convaincus que le cadre et la flexibilité de notre processus peuvent révéler le plus grand potentiel de performance. Cela renforce également notre conviction selon laquelle l’investissement durable ne doit pas être limité uniquement aux entreprises «best-in-class». Celles qui traversent des périodes de transition, d’innovation ou qui mettent en œuvre des changements importants peuvent également offrir un potentiel d’investissement.
L’ESG ne se limite pas exclusivement aux aspects environnementaux
Un autre domaine du débat sur la durabilité, où nous pensons que nos outils nous donnent un avantage en matière d’investissement, concerne l’équilibre entre les critères E, S et G (environnementaux, sociétaux et de gouvernance).
Il n’est guère surprenant que le sujet plus mesurable et visible de l’environnement domine les conversations sur la durabilité sur les marchés et autour des tables rondes. Toutefois, nous maintenons une approche d’investissement équilibrée qui tient compte des facteurs sociaux et de gouvernance. En évitant qu’un sujet ne prenne le dessus sur un autre, nous avons la possibilité de nous concentrer sur les éléments les plus pertinents pour une entreprise spécifique.
Nous ne partons pas du principe qu’une entreprise présentant une solide gouvernance ou socialement responsable doit obligatoirement avoir une empreinte environnementale positive. De la même manière, il serait erroné de penser qu’une entreprise ayant une empreinte environnementale positive excelle automatiquement dans ses pratiques sociales ou de gouvernance.
Prenons l’exemple des fabricants d’éoliennes. Nul ne peut contester le rôle qu’ils jouent dans la transition vers une énergie propre ainsi que la quantité d’émissions qu’ils permettent d’éviter.
Pourtant, lors de l’examen de ces entreprises vis-à-vis de l’ensemble de leurs parties prenantes, des signaux d’alerte potentiels sont apparus. Il s’agit notamment de problèmes liés à la régularité du contrôle de la qualité, aux coûts de garantie futurs, à la chaîne d’approvisionnement et aux matières premières. Dans certains cas, l’inexpérience des équipes de direction s’est révélée problématique.
L’investissement revient à constituer une mosaïque: il convient de tenir compte de l’importance et du contexte. Le point crucial ici est que nos outils ont signalé ces problèmes et nous permettent de prendre une décision éclairée.
Il ne s’agit en aucun cas de réduire l’importance des questions environnementales dans le débat sur la durabilité, mais bien de reconnaître que la durabilité dépasse la seule dimension environnementale. Le débat ESG est en constante évolution, comme nous avons pu le constater lorsque la pandémie a fait ressortir la fragilité de l’emploi et des chaînes d’approvisionnement.
Avant tout, nous pensons que chaque décision d’investissement réussie repose sur l’analyse de la valorisation, que cette décision relève du domaine de la durabilité ou non. C’est le cas, quelle que soit l’incidence que l’entreprise semble avoir sur le monde extérieur.
L’engagement est un catalyseur de changement
Un autre domaine dans lequel nous pensons pouvoir créer de la valeur pour nos entreprises et nos clients est notre capacité à mettre en œuvre le changement par le biais de l’engagement. Il nous reste encore beaucoup à accomplir à ce niveau.
Nous pouvons exploiter les résultats granulaires de nos outils de durabilité pour constituer la base d’un dialogue véritablement ciblé avec les entreprises. Celui-ci pourrait aborder divers sujets, allant de la stratégie de l’entreprise, à la rémunération, au changement climatique en passant par la gestion du capital humain et les réactions aux controverses.
Volkswagen, le constructeur automobile allemand, qui a succombé à une crise de gouvernance en 2015, en fournit un exemple. Le scandale du «dieselgate» a mis en lumière de nombreuses pratiques non durables au sein de l’entreprise.
Bien que la rédemption de Volkswagen ait été longue et difficile, c’est souvent lorsqu’une entreprise est au plus bas qu’elle est à même de mettre en œuvre le plus de changements. Notre équipe d’analystes suit attentivement les progrès réalisés et s’engage à chaque étape du parcours de Volkswagen afin d’encourager les changements positifs et de faciliter la transition des risques passés vers les opportunités futures.
Certains des changements que nous avons suivis sont très simples, par exemple lorsqu’il a été question de permettre aux lanceurs d’alerte de déposer des réclamations dans une autre langue que l’allemand. D’autres, plus complexes, ont concerné la gestion des installations du groupe au Xinjiang en Chine, la formation de l’ensemble de la main-d’œuvre en vue de la transition d’une chaîne de production mécanique vers une chaîne de production électrique dans un monde marqué par l’émergence des véhicules propres, ou encore le choix de restructurer et de vendre des actifs non stratégiques.
Ce niveau d’engagement nécessite du temps et de la main-d’œuvre. Nous pensons que notre processus est beaucoup plus complet et tourné vers l’avenir que celui des fournisseurs externes d’indicateurs de durabilité qui ont tendance à trop mettre l’accent sur le passé et sont donc lents à refléter les changements. Cela nous donne une longueur d’avance sur les autres investisseurs et nous permet de tirer parti de l’évolution ultérieure de la perception du marché.
Le défi de l’engagement est toujours de trouver le bon équilibre. Nous devons nous concentrer sur ce qui est le plus important pour l’entreprise de manière à apporter les changements les plus significatifs, tout en veillant à ce que toutes les voies possibles pour les controverses futures soient traitées en profondeur.
De toute évidence, nous ferons des erreurs et toutes les actions d’engagement ne se traduiront pas par des changements. Toutefois, nous nous efforçons d’apprendre des expériences passées et de mettre ces enseignements en pratique dans les actions d’engagement futures pour nous aider à prendre de meilleures décisions d’investissement.
Schroders utilise SustainEx™ pour estimer l’impact net d’un portefeuille d’investissement en tenant compte de certaines mesures de durabilité par rapport à l’indice de référence d’un produit le cas échéant. Pour ce faire, SustainEx utilise des données de tiers ainsi que des estimations et des hypothèses propres à Schroders, et le résultat peut différer d’autres outils et mesures de durabilité.
CONTEXT évalue la durabilité du modèle économique d’une entreprise compte tenu de certaines mesures et utilise à la fois des données de tiers et nos propres estimations et hypothèses; il ne s’agit pas d’une mesure standard du secteur.
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