Le bien-fondé des obligations à court terme en période d’incertitude
Se tourner vers les liquidités peut sembler tentant, mais attendre a un coût à moins d’être payé. Les obligations à court terme offrent une alternative attrayante.
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La guerre au Moyen-Orient a introduit un nouveau niveau d’incertitude dans les perspectives mondiales et il est compréhensible que les investisseurs se tournent vers l’argent liquide comme une approche par défaut « attendre et voir ».
Il est vrai que le placement en liquidités peut réduire la volatilité du portefeuille, mais cela n’élimine pas le risque. En fait, les obligations à court terme (celles avec des échéances de cinq ans ou moins) peuvent offrir un moyen plus efficace de préserver le capital, ainsi que de générer des revenus et des rendements, ce qui les rend particulièrement attractives en période d’incertitude.
Pourquoi les liquidités peuvent être coûteuses en sous-main
Lorsque les banques centrales réduisent leurs taux d’intérêt, les taux monétaires réagissent instantanément, exposant les allocations en liquidités au risque de réinvestissement. Les obligations à court terme, en comparaison, verrouillent de facto des rendements attractifs plus longtemps et continuent à offrir un revenu fixe, indépendamment du contexte géopolitique.
Pour commencer, les obligations à court terme rapportent aujourd’hui nettement plus que les dépôts en espèces. Cela signifie qu’elles ont également la capacité de générer des rendements supérieurs à l’inflation, ce que les taux monétaires peinent à procurer.
Obligations à court terme – un équilibre idéal entre risque et rendement
La composante revenu des obligations à court terme constitue l’élément essentiel en l’occurrence, mais c’est l’opportunité de combiner des rendements historiquement élevés avec un faible niveau de risque de taux d’intérêt qui crée un équilibre idéal entre le « risque » et le « rendement ».
Cet équilibre offre une protection substantielle contre les pertes en capital. Cela s’explique par le fait que les obligations versent des coupons fixes réguliers, indépendamment des influences mondiales, tandis que leur duration (c’est à dire leur sensibilité aux taux d’intérêt) est plus faible car les paiements d’une obligation (coupon et capital) sont remboursés plus rapidement que dans le cas des obligations d’échéances éloignées, ce qui accroît la visibilité concernant les perspectives de politique monétaire. Autrement dit, à l’approche de l’échéance, la certitude augmente.
Alors que certains investisseurs établissent un parallèle avec le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne en 2022, c’est précisément cette composante revenu qui fait la différence cette fois-ci, comme le montre le graphique ci-dessous.
Indices agrégés avec une échéance de 1 à 3 ans : seuils de rentabilité – le niveau des rendements doit augmenter avant de subir des pertes
Source : Schroders, indices Bloomberg Aggregate 1 à 3 ans au 25 mars 2026. À titre illustratif uniquement. La marge de sécurité indique de combien les rendements doivent augmenter sur une période de 12 mois avant que des pertes ne soient encourues
Tirer parti du « carry and roll »
Bien que la forme des courbes de taux ait fluctué depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, la tendance haussière signifie que les obligations à court terme offrent non seulement des niveaux attractifs de carry (revenus issus de la détention d’obligations) mais aussi de roll down. Comme son nom l’indique, le roll down désigne la situation dans laquelle l’obligation « recule » vers une échéance plus courte (par exemple, de cinq à quatre ans) où les rendements sont généralement plus bas, ce qui augmente mécaniquement le prix.
Comparés à aujourd’hui, les rendements en 2022 étaient beaucoup plus faibles – négatifs dans certains cas – et les courbes de taux bien plus plates. Le graphique ci-dessous montre le rendement supplémentaire qui peut être obtenu grâce au carry et au roll-down sur les marchés de taux à court terme européens.
Un « retour à la normalité » : l’attrait du carry and roll
Cet avantage structurel contribue aujourd’hui à la stabilité relative des obligations à court terme (par rapport aux échéances plus longues) et peut permettre de générer des rendements ajustés au risque plus élevés que les liquidités.
Le timing n’est pas tout l’enjeu – mais il a son importance
Compte tenu de la nature structurelle des obligations à court terme décrite plus haut, une allocation ne nécessite pas un timing parfait : le revenu est empoché quel que soit le sujet sur lequel le marché se concentre, que ce soit la guerre, le marché de l’emploi, la politique budgétaire ou autre.
Cependant, les niveaux de rendement des obligations à court terme sont clairement attrayants à l’heure actuelle et, surtout, il n’est pas nécessaire d’accroître le niveau de risque de crédit pour profiter de ces niveaux attractifs. À contrario, les investisseurs ont le choix d’un éventail d’options pour obtenir une exposition active – allant de solutions agrégées à court terme (un assemblage d’obligations d’entreprises et d’emprunts d’État) à des stratégies moins contraintes, qui ont tendance à offrir une plus grande exposition à la dette d’entreprise à haut rendement.
Bien entendu, les stratégies de fonds actives ont également la capacité d’accroître le rendement par rapport à leurs indices de référence, ajoutant une couche supplémentaire de stabilité et de performance. Quel que soit le profil de risque de l’investisseur, les rendements des obligations à court terme sont attractifs, faisant que de la détention de liquidités s’accompagne d’un coût d’opportunité.
Certes, l’incertitude persiste sur le marché – les gros titres vont et viennent quotidiennement et la tendance des marchés peut être largement dictée par le sentiment dans ce contexte. Cependant, attendre la levée du flou peut souvent conduire à se priver des meilleures opportunités, car les rendements initiaux auront déjà évolué à ce moment-là. C’est cette baisse du rendement qui peut fournir ce coup de pouce supplémentaire à la performance des obligations à court terme.
L’attention accordée récemment à l’impact inflationniste de la guerre dû à la hausse des prix de l’énergie a incité les marchés obligataires à anticiper plusieurs hausses des taux d’intérêt. Le graphique ci-dessous montre que les emprunts d’État tablent sur plusieurs hausses de taux, ceux dans la zone euro intégrant actuellement le scénario de trois relèvements des taux cette année – alors qu’ils anticipaient auparavant des réduction. Cependant, bon nombre de ces hausses sont peu susceptibles de voir le jour.
Une résolution du conflit et une plus grande visibilité au plan macroéconomique ont la capacité d’inverser ces changements. Les scénarios de marché évoluent rapidement et une situation dans laquelle l’attention se reporte de l’inflation sur la destruction de la demande et un assouplissement des politiques monétaires a le potentiel de générer des gains en capital substantiels. Ce scénario serait clairement positif pour les obligations à court terme, tandis que les taux monétaires quant à eux baisseraient tout simplement.
Bénéficier de gains en capital lorsque le scénario d’une baisse des taux est écarté
Source : Schroders, anticipations du marché par rapport aux niveaux actuels des overnight indexed swaps, points de base, au 25 mars 2026
Tous les marchés obligataires ne se valent pas
Dans ce contexte, la prudence des investisseurs est compréhensible, mais le choix pour les investisseurs obligataires n’est pas aussi binaire que d’être fortement exposés au risque de duration ou de se tourner vers les liquidités. Les obligations à court terme se situent entre les deux – le potentiel de générer des rendements ajustés au risque élevé constitue une alternative pratique en période d’incertitude.
La certitude arrive rarement d’un coup. Bien que les obligations à court terme ne soient pas particulièrement excitantes, elles offrent néanmoins des revenus stables et une résilience. Parfois, être payé pour attendre est l’approche la plus rationnelle qui soit.
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