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Conclusion de la COP27: un accord historique a été conclu, quid de la suite?


Alors que la COP27 devait se terminer vendredi dernier, il aura fallu attendre dimanche matin pour trouver un consensus. Bien qu'un accord historique ait été conclu, il reste encore beaucoup à faire.

Cette COP a été dominée par des discussions critiques sur la création d'un nouveau fonds pour faire face aux coûts des pertes et préjudices. Ces coûts engendrés par le changement climatique dépassent la capacité d'adaptation et d’atténuation des pays.

Depuis plus de 30 ans, les pays en développement demandent aux pays développés de compenser les dégâts causés par le réchauffement climatique sur leurs économies.

Cette question suscite d’importantes controverses; les pays riches s’inquiètent de recours en responsabilité pour les dommages climatiques causés par leurs émissions.

Après deux semaines d'intenses négociations, un accord historique sur les pertes et les dommages occasionnés a été conclu, les nations ayant décidé «d'établir de nouvelles modalités de financement pour aider les pays en développement qui sont particulièrement vulnérables aux effets néfastes du changement climatique, en réponse aux pertes et préjudices subis».  

Il s'agit d'un accord très important, reflétant le fait que les coûts du réchauffement climatique sont devenus beaucoup plus visibles et plus graves. Selon nous, l'accord pourrait stimuler la stabilité géopolitique entre les pays pauvres et riches, tout en améliorant les perspectives de croissance des pays en développement.

Cependant, une grande partie des détails reste à définir. Par exemple, le texte des Nations Unies ne précise pas quelle quantité de capitaux sera versée dans le fonds. Un comité composé de représentants de 24 pays devra décider qui contribue au fonds et qui en bénéficiera.

Nous avons également assisté à d'autres évolutions positives lors des négociations sur le climat en Égypte. Le Global Shield, un nouveau mécanisme de financement, a été lancé par le groupe des pays riches qui composent le G7 et a été soutenu par le V20 (le «Vulnerable Twenty», un groupe des ministres des Finances du Forum de la vulnérabilité climatique).

Il s'agit d'un nouveau mécanisme fondé sur l'assurance qui permettra aux populations pauvres et vulnérables de bénéficier de meilleurs financements pré-établis pour faire face aux catastrophes.

Jusqu'à présent, le total promis s'élève à environ 282 millions de dollars, l'Allemagne étant le principal contributeur, avec 178 millions de dollars mobilisés. La France contribuera à hauteur de 20,8 millions de dollars. L'Irlande a également promis 10 millions de dollars, tandis que le Canada a prévu de débloquer 7 millions de dollars. La Belgique, l'Autriche et la Nouvelle-Zélande se sont également engagées à participer. Il s'agit d'une étape importante pour améliorer les perspectives des pays en développement et vulnérables au changement climatique.

Cependant, nous devons également souligner que les sommes d'argent promises jusqu'à présent semblent très faibles par rapport aux coûts économiques du changement climatique. Rien qu'au Pakistan, on estime que les inondations de cette année ont causé des dégâts d'environ 30 milliards de dollars.

Une autre issue positive de la COP27 a été la décision de permettre aux pays vulnérables d'ajouter de nouvelles clauses de dette résilientes au climat (CRDC) aux obligations qui seront vendues sur les marchés de capitaux internationaux.

Il s'agit d'une autre étape importante qui peut aider les pays pauvres à faire face à l'impact économique des catastrophes climatiques, puisqu'ils seront désormais autorisés à geler le remboursement de leur dette souveraine pour un maximum de deux ans.

Alors que les politiques actuelles ne sont pas alignées sur l'objectif de 1,5 °C de l'Accord de Paris, les espoirs d'une plus grande ambition étaient faibles.

Il a été demandé aux pays de mettre à jour et de renforcer leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) pour 2030 afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C.  Seuls cinq pays ont augmenté leur ambition, selon l'analyse de l'organisation de recherche Climate Action Tracker. Il n’est donc guère surprenant que la COP27 n'ait pas réalisé de progrès significatifs sur les objectifs de réduction des émissions.

L'Inde, soutenue par plus de 80 pays, a souhaité étendre à d'autres combustibles fossiles l'accord conclu l'année dernière pour réduire progressivement le charbon. La déclaration finale de Charm El-Cheikh n'inclut pas de référence explicite à la réduction de la production de pétrole et de gaz. Un appel a néanmoins été lancé pour augmenter la production des énergies renouvelables et des énergies à faibles émissions.

Cela devrait soutenir davantage d'investissements dans le secteur des énergies renouvelables, mais aussi du gaz, car cette source d'énergie est beaucoup moins gourmande en carbone que le charbon et le pétrole.

Les demandes d'atténuation plus ambitieuses, essentielles pour atteindre l'objectif de 1,5 °C, sont maintenues. Les solutions fondées sur la nature, qui constituent un outil d'atténuation clé, seront un sujet crucial lorsque les dirigeants mondiaux se réuniront à nouveau à Montréal pour la 15e Conférence des Parties (COP15) à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique.

Le climat et la biodiversité sont étroitement liés. La COP15 devrait définir de nouveaux objectifs et élaborer un plan d'action pour la nature au cours de la prochaine décennie. Un nouveau cadre pour la biodiversité devrait être finalisé lors de la COP15 pour faire face au déclin mondial de la biodiversité et l’inverser.

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