Perspectives

Un fond long short peut-il être durable ?


Les fonds durables sont un choix de plus en plus populaire chez les investisseurs en actions « long-only » ; mais un produit long short peut-il également être durable ?

Je pense tout simplement que oui. Je me soucie du risque, du rendement et de l’impact, et je pense que nos clients font de même.

Il n’y a aucune raison évidente de supposer que, simplement parce qu’un investisseur n’est pas enclin à la prise de risque sur le marché, il n’a aucune envie d’atteindre un objectif de durabilité tout en maintenant ses objectifs habituels de rendement.

Je pense également qu'un processus qui intègre des critères complexes de durabilité à l’analyse fondamentale relève de la simple logique. Au début de ma carrière, les rapports sur la durabilité n’existaient pas, et l’essentiel des informations que nous obtenions de la part des entreprises provenaient des états financiers publiés. La dynamique a clairement évolué.

Aujourd’hui, avec les rapports dédiés à la durabilité et le reporting intégré, nous avons bien plus d’informations au sujet des entreprises et de leurs aspirations qu’il y a 20 ans. L’émergence de ces données, combinée à l’évolution des besoins des investisseurs, crée l’environnement idéal pour l’amélioration de ce processus. Les investisseurs posent des questions au sujet de la durabilité, et les entreprises mettent les informations à leur disposition.

La prise de positions vendeuses joue-t-elle un rôle au sein d’un produit durable ?

La prise de position vendeuses (ou la vente à découvert) sur une action, afin de tirer un bénéfice de l’éventuelle baisse de sa valeur, peut s’avérer être un outil précieux pour un investisseur durable. Ce processus reflète ma ferme conviction qu’en tant que société, nous ne résoudrons aucun des problèmes soulevés par la recherche ESG par le seul biais des exclusions. Retirer des entreprises du débat et de l’examen des marchés financiers ne réduit pas les émissions de carbone, et n’améliore pas non plus les normes du travail. Au contraire, ce retrait soustrait les activités des entreprises à tout examen.

Le fait de prendre des positions vendeuses témoigne d’une perspective plus solide que le simple fait de ne pas posséder un actif, comme ce serait le cas dans un portefeuille « long-only ». En outre, la prise de positions vendeuses a pour conséquence l’augmentation du coût du capital pour les entreprises. Au fil du temps, cette augmentation peut conduire à des évolutions dans le comportement d’une entreprise, afin de résoudre les problèmes qui entraînent des niveaux élevés de prise de positions vendeuses à son encontre.

Il y a un équilibre à trouver entre la nécessité de ne pas causer de sérieux dégâts sur le court terme, la compréhension de la volonté et du potentiel d’une entreprise à évoluer, et l’envie d’augmenter le coût du capital pour ceux dont la transition ou l’évolution prend plus de temps. Un processus de durabilité long short qui examine de façon égale les positions long et short permet d’atteindre cet équilibre.  

Que signifie la durabilité ?

Pour moi, la durabilité est un vaste sujet, en évolution constante. Elle couvre à la fois ce que font les entreprises, et la façon dont elles le font. Notre analyse de durabilité vise à saisir les risques et les opportunités tant pour une entreprise que pour un investissement, qui ne sont généralement pas représentés dans les états financiers. De mon point de vue, l’analyse de durabilité a la capacité d’influencer à la fois les prévisions de bénéfices à court terme et les multiples de valorisation des entreprises. Elle a donc un rôle à jouer dans la pure sélection de titres, que vous cherchiez à prendre une position longue et à profiter d'un potentiel mal évalué, ou une position courte soutenue par des risques sous-estimés.

Après avoir décidé qu'il s'agissait d'une facette importante à intégrer dans notre travail, j'ai dû décider comment nous allions l'aborder en tant qu'équipe. Les options étaient nombreuses. Une façon de faire relativement simpliste serait d'utiliser des notations tierces pour ajuster mécaniquement les prix cibles ou pour imposer des restrictions à la construction des portefeuilles. La façon de faire la plus complexe consisterait à adopter une approche entièrement intégrée.

Cette dernière option nécessite le développement d’un cadre utilisant l’analyse de durabilité pour aider à répondre aux questions fondamentales qui nous servent à identifier les opportunités d’investissements intéressantes. Une notation unique ne peut pas saisir les nuances de la durabilité en tant qu’ajout à la fin d’un processus.

Je pensais que pour répondre aux questions complexes soulevées par l’analyse de durabilité, nous devions devenir véritablement intégrés. Nous devions élaborer un cadre qui nous permettait de répondre à deux questions cruciales :

  1. La société ferait-elle un chèque à une entreprise ou lui enverrait-elle une facture pour son impact ?
  2. Les relations avec les parties prenantes (communautés, clients, employés, environnement, fournisseurs, régulateurs) créent-elles des opportunités ou des risques pour le fonctionnement durable d'une entreprise ?

Chaque entreprise crée des « externalités », c'est-à-dire des coûts ou des bénéfices qui ne sont pas supportés ou reçus financièrement par l'entreprise elle-même. Je pense que le marché finira par internaliser ces externalités, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, créées par les activités des entreprises dans leurs évaluations. Je pense également que les entreprises qui entretiennent des relations de qualité avec leurs parties prenantes ont des franchises plus durables et devraient être en mesure de générer des niveaux de rentabilité toujours plus élevés. Les entreprises qui n'entretiennent pas ces relations injectent du risque et de la volatilité dans leurs activités.

L'un des avantages d'une approche intégrée de la durabilité est qu'elle nous permet de chasser dans les zones les plus nuancées du débat, ce qui, à mon avis, sera plus riche du point de vue des rendements. Ce processus ne consiste pas à prendre une position longue sur les meilleures entreprises et une position courte sur les plus mauvaises. Nous pensons que les entreprises ont le potentiel de changer, et grâce à un travail et un engagement détaillés, nous pouvons comprendre ce potentiel et encourager le changement, ou reconnaître les attentes trop élevées.

Pourquoi nous utilisons des outils propriétaires

Une fois que vous avez décidé que c'est le cadre et pas seulement le résultat qui vous importe, comme je l'ai fait, les outils propriétaires sont la seule solution. Dans l'équipe European Blend, nous ne faisons pas appel à des tiers pour définir nos objectifs de cours, alors pourquoi les utiliserions-nous pour fournir une notation de durabilité qui pourrait avoir un effet négatif sur notre analyse propriétaire ? Je pense que l'analyse de durabilité peut influencer les prévisions et les multiples de valorisation, et qu'elle doit donc être intégrée à chaque étape de notre approche.

Une combinaison unique d'analystes fondamentaux de notre équipe Blend, d'analystes de durabilité et de notre unité interne Data Insights a permis de créer deux outils propriétaires clés conçus pour répondre aux deux questions posées ci-dessus.

L'un des outils, SustainEx, nous aide à répondre à cette question : « La société ferait-elle un chèque à une entreprise ou lui enverrait-elle une facture ? » En s'appuyant sur des recherches universitaires, SustainEx nous permet d'estimer l'ampleur de l'impact net non réalisé d'une entreprise sur la société à partir des externalités créées par ses activités.  

Un autre outil, CONTEXT, nous aide à répondre à la question suivante : « Les relations avec les parties prenantes créent-elles des opportunités ou des risques ? » CONTEXT nous permet de classer les entreprises par rapport à leurs homologues du secteur en fonction de leur comportement envers leurs principales parties prenantes, en utilisant une combinaison de données et de conseils d’analystes.

Y a-t-il une place pour les exclusions ?

Oui, après avoir défendu le rôle clé d'un processus intégré, je crois aussi qu'il y a un rôle pour les exclusions nées d'un processus cohérent. Au sein de l’équipe Blend, nous croyons au potentiel d’évolution des entreprises. Toutefois, si cet espoir constitue un élément clé d'un processus de durabilité, il doit, à mon avis, être tempéré par l'ampleur du défi auquel nous sommes confrontés aujourd'hui et par le concept de « ne pas causer de sérieux dégâts ». En tant qu'équipe, nous avons des exclusions basées à la fois sur les activités (SustainEx et revenus) et les comportements (CONTEXT).

Nous utilisons des exclusions strictes sur la partie longue du portefeuille pour éviter d'allouer des capitaux à des entreprises dont les activités ou les comportements ont un impact tellement négatif sur la société ou sur leurs parties prenantes qu'aucune valorisation ou potentiel de changement ne peut justifier un investissement.

En ce qui concerne la partie short du portefeuille, notre approche est plus nuancée et n'est pas simplement l'inverse de la partie longue. Nous n'avons pas d'exclusions fondées sur les activités ou les comportements ; cependant, notre terrain de chasse se concentre sur les entreprises ayant un impact négatif sur la société et des notations médiocres sur leurs relations avec leurs parties prenantes.

Conclusion - ce n’est que le début

Le secteur de l’investissement dans son ensemble n’est encore qu’au début de son cheminement vers l’intégration de la durabilité dans les produits d’investissement, et débute encore plus dans le monde de l’investissement long short. Mais je pense que, lorsque mes enfants investiront, ils ne feront pas de distinction entre l’analyse de durabilité et l’analyse fondamentale. Au contraire, cette dernière se sera enrichie en incluant la première.

Nos outils de durabilité dédiés nous aident à l'inclure dès aujourd’hui, et à proposer diverses options à nos clients lorsqu’il s’agit de satisfaire leurs exigences de durabilité et leurs objectifs de risque/rendement, à la fois dans l’investissement « long-only » et dans les approches long short/à performance absolue.

 

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