Gestion obligataire mondiale flexible : vues mensuelles - avril 2024
L'inflation américaine a-t-elle fait son entrée en scène plus tôt que prévu, à l'instar d'une vague de chaleur estivale précoce ? Alors que la croissance mondiale se stabilise, nous nous interrogeons sur l'impact des récentes surprises inflationnistes aux États-Unis : sont-elles un changement de cap ou un simple grain de sable dans l'engrenage ?
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L'équipe de Gestion obligataire mondiale flexible évalue l'environnement macroéconomique actuel et son évolution possible en examinant la probabilité de divers scénarios possibles.
Notre scénario de base prévoit un atterrissage en douceur. Cependant, nous sommes conscients des risques accrus d’un scénario de « Pas d’atterrissage » en raison des récentes surprises inflationnistes aux États-Unis et d'un éventuel rebond du cycle manufacturier mondial qui pourraient soutenir les prix des matières premières. Cette situation pourrait contraindre les banques centrales à maintenir des taux d’intérêt plus élevés sur une période prolongée pour contrôler une inflation persistante.
L'augmentation des risques d'inflation liée à une croissance vigoureuse renforce la probabilité d'un « non-atterrissage ».
Source : Équipe de Gestion obligataire mondiale flexible au 15 avril 2024.
À titre illustratif uniquement. Un « atterrissage en douceur » désigne un scénario dans lequel la croissance économique ralentit et les pressions inflationnistes s’atténuent. Un « atterrissage brutal » désigne à l’inverse une chute brutale de l’activité économique nécessitant potentiellement des baisses de taux d'intérêt supplémentaires. Dans un scénario « pas d’atterrissage » l’inflation demeure persistante, impliquant que les taux d’intérêt pourraient rester élevés plus longtemps.
Les surprises de l’inflation américaine : un tournant décisif ou un simple détour ?
Nous considérons que les dernières nouvelles concernant la vigueur de l'inflation américaine se situent à mi-chemin entre ces deux situations. Même si l'inflation a été plus forte que prévu à plusieurs reprises, cela ne signifie pas forcément que la Réserve Fédérale américaine (la Fed) va baisser les taux d'intérêt plus tard dans l'année. Cependant, ces chiffres d'inflation élevée vont certainement inciter la Fed à réfléchir à une pause. Par conséquent, une baisse des taux d'intérêt en juin semble désormais moins probable.
En regardant de plus près l'indicateur d'inflation préféré de Jerome Powell, président de la Fed (à savoir les services de base, hors logement), la tendance des derniers mois suscite quelques inquiétudes. Après avoir augmenté de 0,7 % d’un mois sur l’autre lors de la dernière publication, cet indicateur d’inflation dite « super core » dépasse désormais les 8 % sur une base annualisée de trois mois. En tenant compte d'un ensemble diversifié d'indicateurs, il apparaît évident que le niveau actuel d'inflation est trop élevé pour que la Fed envisage sereinement d'assouplir sa politique monétaire à court terme.
Cependant, il n'y a pas que des mauvaises nouvelles sur le front de l'inflation aux États-Unis. En tant qu'investisseurs obligataires, nous pensons qu'il y a des raisons d'être optimistes en observant le marché du travail. Selon plusieurs indicateurs, le marché du travail semble retrouver son équilibre : la croissance des salaires tend à ralentir, les postes vacants se réduisent progressivement et, point crucial, le taux de démission continue de décroître. Ce dernier, en tant qu'indicateur avancé de la croissance des salaires, suggère une augmentation plus modérée des salaires, les entreprises ressentant moins de pression pour retenir et attirer des travailleurs dans ce contexte.
Le cycle mondial s’améliore laissant présager un atterrissage en douceur, mais avec un certain risque d’inflation...
La production manufacturière mondiale a connu une amélioration continue au cours du mois. De plus, les informations récentes en provenance de Chine ont été particulièrement encourageantes, ce qui devrait avoir un impact significatif sur la croissance de la zone euro dans les mois à venir. Ces facteurs positifs soutiennent le scénario d’un « atterrissage en douceur ». Cependant, nous restons vigilants : une hausse potentielle des prix des matières premières pourrait intensifier les pressions inflationnistes et remettre en question la possibilité d'une baisse des taux d'intérêt cette année.
Quelles implications pour nos perspectives d’investissement ?
Bien que les valorisations soient devenues plus attractives (moins chères), la situation macroéconomique justifie une hausse des taux et une approche plus prudente de la part de la Fed. Dans cette optique, nous restons neutres sur la duration (ou le risque de taux d’intérêt), mais conservons un biais favorable à une pentification de la courbe (c’est-à-dire une anticipation que la partie courte de la courbe des taux surperforme la partie longue). Sur le plan géographique, nous privilégions le Royaume-Uni, où nous estimons que l’inflation pourrait se répercuter sur ses pairs, et également les États-Unis par rapport à l’Allemagne et au Canada.
Au cours du mois, nous sommes devenus plus optimistes à l’égard du point mort d’inflation, utilisé pour mesurer la surperformance des rendements réels (ajustés de l’inflation) par rapport aux rendements nominaux. Nous pensons que le risque de hausse des prix des matières premières et un certain assouplissement de la part des banques centrales sont favorables à une hausse des points morts d’inflation.
Dans le secteur du crédit, nous modérons notre optimisme pour l’investment grade (IG) européen, en raison de valorisations élevées (plus chères) et d’une marge de manœuvre limitée pour une surperformance additionnelle. Nous conservons une préférence pour les échéances plus courtes, où nous continuons de voir de la valeur. Les spreads des obligations IG américaines sont proches de leurs niveaux les plus resserrés jamais enregistrés, ce qui laisse entrevoir un potentiel de rendement réduit en contrepartie du risque d’investir dans des obligations d’entreprises par rapport à des obligations d’État plus sûres. Nous maintenons donc une opinion négative dans l’ensemble.
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