Perspectives d’investissement sur les marchés privés : repenser la reprise - T3 2026
Malgré une reprise plus généralisée des marchés et l’apaisement des hostilités en Iran, l’incertitude demeure une caractéristique déterminante de l’environnement d’investissement. Dans ce contexte, la résilience et une diversification sélective restent essentielles pour atteindre les objectifs de portefeuille.
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Le trimestre écoulé nous a une nouvelle fois rappelé que l’incertitude demeure la caractéristique déterminante de l’environnement d’investissement actuel. Si les marchés financiers ont fait preuve d’une résilience remarquable face aux tensions géopolitiques, à l’incertitude entourant les politiques publiques et à l’évolution des anticipations économiques, les facteurs sous-jacents de volatilité n’ont pas disparu.
Les récents développements au Moyen-Orient illustrent clairement cette dynamique. La mise en place d’une trêve fragile en Iran a atténué les craintes immédiates d’une escalade régionale plus large et contribué à stabiliser les marchés. Toutefois, un accord de paix durable doit encore être conclu, ce qui laisse subsister un risque de nouvelles perturbations. Parallèlement, les conséquences économiques des tensions prolongées pesant sur l’approvisionnement énergétique mondial continueront de se faire sentir.
Dans le même temps, les actifs risqués ont enregistré une forte reprise. Les marchés actions mondiaux ont rebondi pour atteindre de nouveaux sommets, principalement sous l’impulsion d’un groupe restreint d’entreprises technologiques et liées à l’intelligence artificielle. L’enthousiasme des investisseurs a également été soutenu par plusieurs introductions en Bourse très médiatisées dans le secteur technologique et par les anticipations d’une réouverture plus généralisée des marchés de capitaux.
Toutefois, la concentration des marchés constitue toujours un risque majeur, tant sur les marchés cotés que sur les marchés privés. En outre, les valorisations observées dans certains segments du secteur technologique continuent de refléter des hypothèses très optimistes quant au rythme et à l’ampleur de la croissance portée par l’intelligence artificielle.
La diversification et la résilience au cœur des priorités de portefeuille
Dans l’ensemble, bien que le sentiment se soit amélioré depuis la publication de nos dernières perspectives, l’environnement d’investissement général et l’expérience des deux dernières années confirment l’importance de faire de la résilience un principe directeur de la construction de portefeuille.
Comme nous l’avons indiqué dans nos dernières perspectives, il ne s’agit pas simplement de préserver le capital pendant de brèves périodes de tensions. Il s’agit plutôt de construire des portefeuilles capables de générer des rendements attrayants au fil du temps, malgré la persistance des défis macroéconomiques et des chocs externes.
Cette conviction ressort clairement de la dernière enquête Global Investor Insights de Schroders. Celle-ci reflète les opinions de plus de 1 000 investisseurs et intermédiaires représentant environ 72 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Il en ressort que :
- 85 % des répondants anticipent une hausse de la volatilité des marchés au cours de l’année à venir.
- Le conflit au Moyen-Orient, cité par 69 % des répondants, l’incertitude entourant la politique étrangère et le leadership mondial des États-Unis, citée par 67 %, ainsi que les menaces pesant sur la sécurité énergétique, citées par 60 %, constituent les principales préoccupations mentionnées.
- La diversification, citée par 84 % des répondants, et la protection contre le risque baissier, citée par 83 %, sont considérées comme les principales priorités de portefeuille.
Fait important, l’enquête met également en évidence une évolution plus large de l’approche des investisseurs en matière de construction de portefeuille. Plutôt que de considérer les marchés cotés et les marchés privés comme des décisions d’allocation distinctes, les investisseurs évaluent de plus en plus les opportunités à l’échelle de l’ensemble de l’univers d’investissement afin d’atteindre leurs objectifs spécifiques.
Plus précisément, environ la moitié des investisseurs évaluent désormais les opportunités offertes par les actions cotées et non cotées ainsi que par les marchés du crédit, plutôt que de recourir à des cadres d’allocation distincts. Dans tous les cas, les stratégies couvrant l’ensemble du continuum entre marchés cotés et marchés privés sont utilisées pour atteindre des objectifs de portefeuille spécifiques.
Vents favorables structurels et cycliques
Il n’est pas surprenant, selon nous, que les investisseurs reconnaissent le rôle important que les marchés privés peuvent jouer dans des cadres d’allocation plus larges, en particulier dans l’environnement actuel.
Outre leurs caractéristiques structurelles, notamment des horizons d’investissement plus longs, une sensibilité moindre au sentiment de marché à court terme et l’accès à des univers d’opportunités spécialisés, de nombreux segments des marchés privés continuent de bénéficier d’un découplage cyclique créant des points d’entrée attractifs par rapport à leurs équivalents cotés.
Il convient notamment de souligner que de nombreux segments des marchés privés connaissent désormais une cinquième année de ralentissement des levées de fonds. Les premiers signes d’une reprise des activités d’investissement et de sortie sont perceptibles en valeur, mais pas en nombre d’opérations. Cette situation crée des points d’entrée attractifs, alors même que les marchés actions cotés évoluent à proximité de leurs plus hauts historiques.
Dans le même temps, les marchés privés ne sont pas à l’abri des difficultés. La liquidité reste contrainte dans certains segments, tandis que les récents titres de presse consacrés aux tensions sur les rachats dans certains véhicules semi-liquides ont renforcé la vigilance des investisseurs. Ces difficultés ne doivent toutefois pas être interprétées comme le signe d’une détérioration généralisée des fondamentaux sous-jacents. Dans de nombreux cas, elles reflètent plutôt des asymétries structurelles de liquidité, des expositions concentrées ou des dynamiques propres à certains millésimes qu’une faiblesse systémique.
La sélectivité reste essentielle
Ces distinctions sont importantes, car le degré de résilience varie considérablement au sein des marchés privés. Certaines stratégies ont démontré une meilleure capacité que d’autres à faire face à l’incertitude économique, aux tensions inflationnistes et aux dislocations de marché.
- En private equity, les rachats de petites et moyennes entreprises ainsi que les fonds de continuation se sont révélés plus résilients que les rachats de grandes entreprises. Ils continuent également de bénéficier d’un équilibre favorable entre l’offre et la demande de capitaux.
- En capital-risque, l’enthousiasme suscité par les introductions en bourse d’entreprises technologiques (IPO) a porté les valorisations au-delà de leur sommet de 2021, à tous les stades de développement. Cette tendance est particulièrement marquée lors des tours de financement liés à l’intelligence artificielle en phase avancée, qui doivent être abordés avec prudence.
- En dette privée, la vigilance entourant les prêts directs accordés aux grandes entreprises américaines du secteur des logiciels contraste avec la solidité structurelle de l’univers plus large de la dette privée et du crédit alternatif.
- En immobilier, l’écart entre les actifs « prime » et les actifs dits « standard » n’a jamais été aussi marqué.
- En infrastructure, les actifs opérationnels générant des revenus contractuels gagnent en valeur de rareté, tandis que l’attention renouvelée portée à la sécurité énergétique devrait créer des vents favorables pour les actifs liés à la transition énergétique.
La sélectivité reste donc essentielle. Dans les domaines du private equity, de la dette privée, des infrastructures et de l’immobilier, nous continuons de privilégier les segments caractérisés par une discipline en matière de valorisation, une création de valeur opérationnelle, des sources de revenus diversifiées et des moteurs structurels de la demande. Cette approche reflète nos convictions de longue date. Selon nous, l’environnement actuel renforce ce positionnement plutôt qu’il ne le modifie.
Private equity : du recalibrage aux opportunités
Le private equity a continué de montrer les premiers signes d’une reprise début 2026. Les activités d’investissement et de sortie se sont sensiblement améliorées en valeur au premier trimestre, mais pas en nombre d’opérations. Cela laisse penser que le ralentissement prolongé qui a suivi l’essor post-pandémie, et qui entre désormais dans sa cinquième année, commence à s’atténuer.
Cette reprise naissante se heurte naturellement aux vents contraires liés à l’incertitude géopolitique et à la volatilité macroéconomique, dont les effets ne se reflètent pas encore dans les données. En outre, et ce point est important pour les investisseurs attentifs aux tendances de long terme, cette amélioration reste très inégale. La reprise des levées de fonds s’est concentrée dans les segments du capital-risque et du capital-développement, tandis que la progression des montants investis et des valeurs de sortie a été alimentée de manière disproportionnée par un faible nombre de transactions de très grande envergure. Le nombre de transactions reste modéré et l’engorgement des sorties accumulé par le secteur demeure important.
L’environnement actuel continue néanmoins de créer des opportunités attractives pour les investisseurs disciplinés. Historiquement, les périodes caractérisées par des levées de fonds contraintes et un déploiement plus lent des capitaux ont souvent précédé des millésimes d’investissement attractifs, en particulier lorsque la discipline en matière de valorisation et la création de valeur opérationnelle constituent les principaux moteurs de rendement.
De l'inefficacité aux opportunités
Selon notre analyse, les opportunités les plus convaincantes continuent de se situer dans les segments présentant une allocation inefficiente des capitaux, en particulier les rachats de petites et moyennes entreprises, dont la valeur d’entreprise est inférieure à 1 milliard de dollars. Les capitaux restent concentrés dans les fonds et les transactions de plus grande taille, tandis que les valorisations à l’entrée sur le segment des petites et moyennes entreprises demeurent sensiblement inférieures à celles des rachats de grandes entreprises et des valeurs comparables cotées. Dans le même temps, des financements restent disponibles pour les actifs de grande qualité, et les possibilités d’amélioration opérationnelle restent nombreuses.
Cet écart de valorisation offre une marge de manœuvre importante en matière de création de valeur, à un moment où l’expansion des multiples devient une source de rendement moins fiable. Les entreprises de plus petite taille sont également généralement davantage tournées vers leur marché domestique, moins exposées aux perturbations géopolitiques et à la volatilité du commerce mondial, et présentent habituellement des niveaux d’endettement inférieurs à ceux des opérations de rachat de grandes entreprises. Combinées, ces caractéristiques peuvent offrir une résilience accrue en période d’incertitude.
Accélération des stratégies de continuation
Les dynamiques de liquidité au sein du private equity continuent d’évoluer. Bien que les activités de sortie se soient améliorées sous l’effet de quelques transactions de grande envergure, les distributions globales restent inférieures à leurs niveaux historiques et de nombreux investisseurs continuent de rechercher des solutions de liquidité. Cette situation a renforcé l’importance du marché secondaire, sur lequel les ventes de portefeuilles à l’initiative des investisseurs commanditaires, ou LP, et les investissements via des fonds de continuation poursuivent leur progression. À ce rythme, les levées de fonds pourraient atteindre un nouveau record en 2026.
Les investissements via des fonds de continuation, en particulier, occupent une place de plus en plus établie au sein de l’écosystème du private equity. S’ils continuent de bénéficier des besoins cycliques de liquidité, nos analyses montrent que leur croissance est principalement structurelle. Elle reflète leur capacité à prolonger la détention d’actifs de grande qualité présentant encore un potentiel de hausse, tout en offrant une option de liquidité aux investisseurs existants. Nous continuons notamment de considérer les fonds de continuation mono-actif comme un moyen attractif d’accéder à des actifs matures, offrant une forte visibilité sur leur performance opérationnelle et leur potentiel de création de valeur.
Le marché secondaire demeure un canal de liquidité essentiel pour le private equity
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et peuvent ne pas se reproduire. Les opinions exprimées sont celles de Schroders Capital et peuvent ne pas avoir fait l’objet d’une vérification. Les prévisions et estimations peuvent ne pas se réaliser. Sources : Preqin Pro, données au 18 mai 2026 ; Evercore Secondary Market Review ; Schroders Capital, 2026. Les données estimées pour 2026 correspondent à des données annualisées sur la base du premier trimestre 2026. Chiffres fournis à titre indicatif uniquement. Les données comprennent uniquement les fonds ayant atteint leur clôture définitive. Elles sont regroupées selon l’année au cours de laquelle le fonds a procédé à sa clôture définitive. Le nombre de fonds comprend les fonds dont la taille à la clôture définitive n’a pas été communiquée.
Les marchés de capital-risque exigent une sélectivité croissante
Le capital-risque et le capital de croissance évoluent dans un environnement sensiblement différent. Après la correction intervenue à la suite de 2021, les valorisations se sont fortement redressées à tous les stades de développement et dépassent désormais les niveaux du cycle précédent. Toutefois, une grande partie de cette reprise s’est concentrée sur les entreprises liées à l’intelligence artificielle et sur les tours de financement en phase avancée, pour lesquels l’enthousiasme des investisseurs a porté les valorisations à de nouveaux sommets.
Bien que l’intelligence artificielle continue de créer des opportunités de long terme convaincantes, les niveaux élevés de valorisation renforcent la nécessité d’une approche sélective. Nous restons prudents à l’égard des segments dans lesquels les anticipations semblent déconnectées des fondamentaux sous-jacents. À l’inverse, nous continuons de déceler des opportunités attractives dans les investissements en phase plus précoce et dans certains secteurs où l’innovation reste soutenue, mais dont les valorisations n’ont pas connu une expansion comparable. Comme toujours, la discipline en matière de sélection et d’analyse des investissements ainsi que la capacité d’accès aux opportunités restent des facteurs déterminants de réussite.
Dette privée et crédit alternatif : des opportunités à saisir avec sélectivité
Les marchés récompensent de plus en plus la sélectivité plutôt qu’une prise de risque généralisée. La solidité des bénéfices des entreprises, la résilience des consommateurs et la poursuite des investissements dans les infrastructures et l’intelligence artificielle ont soutenu les actifs risqués. Cependant, la hausse des prix de l’énergie, l’incertitude géopolitique et le niveau plus tendu des valorisations ont accru la dispersion des résultats. Les investisseurs ne sont désormais plus rémunérés de manière équivalente pour toutes les formes de risque de crédit, ce qui renforce l’importance de la sélection des titres et de la construction de portefeuille.
Les segments de marché exposés à un endettement élevé, à des besoins de refinancement et à des risques sectoriels concentrés font l’objet d’une vigilance accrue. À l’inverse, les stratégies reposant sur des actifs corporels donnés en garantie, des flux de trésorerie contractuels et des groupes d’emprunteurs diversifiés continuent d’offrir des revenus attractifs. La récente volatilité des marchés a confirmé la valeur de la diversification, par opposition à la concentration au sein d’une seule stratégie de prêt.
Selon nous, les investisseurs devraient rechercher des sources de revenus diversifiées reposant sur des actifs, des structures protectrices et des flux de trésorerie résilients, plutôt que de se concentrer exclusivement sur les fondamentaux des entreprises. Le financement adossé à des actifs bénéficie de moteurs de rendement différents de ceux du crédit traditionnel aux entreprises. La performance sous-jacente est souvent influencée par le comportement des emprunteurs, la valeur des garanties, les échéanciers de remboursement contractuels ou les actifs physiques, plutôt que par la seule croissance des bénéfices, l’EBITDA ou les conditions de refinancement.
Dans un contexte d’incertitude entourant les politiques publiques, nous privilégions les investissements offrant des revenus élevés, une protection structurelle et une sensibilité moindre à la volatilité des taux d’intérêt. L’évolution de la réglementation, les contraintes pesant sur le bilan des banques et la demande persistante de capitaux privés continuent de créer des opportunités dans des segments spécialisés au sein desquels nous pouvons tirer parti des inefficiences.
La compression des rendements sur les marchés privés témoigne de la concentration des capitaux dans certains secteurs, mais pas dans tous
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Sources : Schroders Capital, Bloomberg, CS, Swiss Re et Bank of America, données à mars 2026 ou dernières données disponibles. Les opinions exprimées sont celles de Schroders Capital Securitized Products & Asset Based Finance et sont susceptibles d’évoluer. Ces informations sont présentées à titre illustratif uniquement et ne doivent pas être considérées comme des recommandations d’investissement.
Financement adossé à des actifs : une diversification intrinsèque
De nombreuses allocations à la dette privée sont exposées aux mêmes moteurs sous-jacents, à savoir les bénéfices des entreprises, l’endettement et les cycles de refinancement. Le financement adossé à des actifs, ou ABF, élargit l’univers d’opportunités en offrant une exposition à différents emprunteurs, différents actifs et différentes sources de remboursement. Les rendements sont générés par des portefeuilles diversifiés de prêts hypothécaires, de crédits à la consommation, de contrats de location-financement de biens d’équipement et de créances.
L’intérêt de l’ABF ne réside pas uniquement dans la diversification, mais également dans la qualité de son profil de rendement. Les revenus sont généralement soutenus par des garanties, des protections structurelles et des flux de trésorerie amortissables, tandis que les actifs à taux variable peuvent contribuer à limiter le risque de duration. Historiquement, ces caractéristiques ont favorisé une génération de revenus résiliente, une volatilité plus faible des pertes et des rendements ajustés du risque attractifs par rapport à de nombreux segments du crédit aux entreprises, en particulier pendant les périodes d’incertitude économique et de tensions sur les marchés.
Dette immobilière : rechercher de la valeur après le réajustement
Les investisseurs s’inquiètent des valorisations dans certains secteurs. Toutefois, la dette immobilière commerciale repose sur des biens ayant récemment connu une correction substantielle de leur valorisation. Les prêts accordés aujourd’hui sont donc adossés à une valeur d’acquisition plus faible, ce qui constitue une opportunité attractive.
Nous privilégions le financement du logement résidentiel et collectif sur les marchés où l’offre de logements est insuffisante aux États-Unis et en Europe. Ces investissements associent des garanties constituées d’actifs corporels à une dynamique favorable entre l’offre et la demande, offrant ainsi des revenus attractifs, une solide protection contre le risque baissier et une résilience potentielle dans un environnement inflationniste.
Dette infrastructure : actifs essentiels, revenus défensifs
La dette infrastructure demeure une source fiable de revenus stables et défensifs. Nous pensons qu’elle représente une allocation convaincante au sein des portefeuilles de dette privée et d’actifs réels, en générant des revenus qui diversifient l’exposition globale aux entreprises. Avec l’élargissement du continuum risque-rendement, la dette infrastructure junior offre désormais également des rendements à deux chiffres aux investisseurs recherchant des niveaux de rendement plus élevés.
Dans l’environnement de marché actuel, caractérisé par une incertitude géopolitique accrue, des risques d’inflation élevés et une plus forte dispersion au sein des marchés de la dette privée, la combinaison de flux de trésorerie contractuels, de sources de revenus prévisibles, d’une solide protection contre le risque baissier et d’une exposition à des actifs essentiels revêt une valeur particulière.
Il convient également de souligner que la dette infrastructure bénéficie de puissants vents favorables structurels. Les besoins d’investissement mondiaux dans les infrastructures énergétiques, numériques, de transport et sociales ne cessent d’augmenter, tout comme la demande pour une gamme étendue de solutions de financement permettant de répondre à des programmes ambitieux de dépenses et de développement. Dans cet environnement, la dette infrastructure demeure l’un des moyens les plus efficaces d’associer stabilité du rendement et protection contre le risque baissier.
Titres liés à l’assurance : un véritable moteur de diversification
Les titres liés à l’assurance (Insurance-linked securities - ILS) restent une source de rendement distinctive et résiliente. Leur performance dépend avant tout de la survenance d’événements assurés, et non de la croissance économique, ce qui leur confère une décorrélation précieuse vis‑à‑vis des cycles de marché et de crédit.
Les valorisations actuelles sont attractives : la faible sinistralité observée ces dernières années a permis une revalorisation du marché et soutient des perspectives de rendement élevées, malgré une compression des spreads entre 2025 et 2026, liée à une demande soutenue pour des sources de revenus décorrélées supérieure aux nouvelles émissions. Dans un univers de crédit élargi, les ILS continuent de jouer un rôle stabilisateur, grâce à des performances non corrélées et des flux de revenus réguliers.
Infrastructure Equity : vents porteurs structurels, complexité à court terme
L’infrastructure equity continue de bénéficier de puissants vents favorables structurels, la transition énergétique restant un moteur essentiel des opportunités d’investissement de long terme.
Les événements géopolitiques en cours ont renforcé l’importance de la sécurité énergétique et plaident en faveur d’investissements publics dans des sources d’électricité produites localement, renouvelables et flexibles. Parallèlement, les dynamiques à court terme restent nuancées, les politiques publiques, les conditions de financement et la conception des marchés influençant le calendrier et la répartition des rendements.
Les développements récents montrent également que le risque de perturbation revêt de plus en plus un caractère structurel plutôt que ponctuel. Si les flux énergétiques peuvent être interrompus relativement rapidement, leur rétablissement est plus complexe et nécessite une coordination entre les assureurs, les propriétaires de navires, les gouvernements et les acteurs du marché. Par conséquent, même après une résolution politique de la guerre en Iran, certaines contraintes peuvent persister et contribuer au maintien de prix de marché élevés pour l’électricité.
Nous pensons que l’environnement actuel renforcera la nécessité de poursuivre le déploiement des énergies renouvelables, même si celui-ci devrait intervenir avec un certain décalage en raison des contraintes liées au développement des réseaux et de l’incidence de la hausse des coûts de construction et de financement. À court terme, les actifs opérationnels exposés aux prix de marché pourraient bénéficier du niveau élevé des prix de l’électricité.
Dans ce contexte, trois domaines nous semblent particulièrement attractifs :
- Les infrastructures opérationnelles reposant sur des modèles de revenus mixtes, qui associent une protection contractuelle contre le risque baissier à une exposition sélective au potentiel de hausse des prix de marché.
- Un accès sélectif aux plateformes de développement, sur lesquelles les réajustements de prix ont créé des opportunités pour les investisseurs disposant de capitaux suffisants.
- Les solutions de flexibilité du réseau et de stockage, qui bénéficient de l’augmentation de l’intermittence, de la volatilité et de la demande.
Infrastructures opérationnelles
Les actifs opérationnels restent au cœur de notre approche, car leurs revenus contractuels ou réglementés leur confèrent une bonne visibilité. Cependant, nous privilégions de plus en plus les stratégies associant des revenus fixes à une exposition sélective aux prix de marché. Elles offrent ainsi une protection contre le risque baissier tout en permettant de bénéficier de prix de l’électricité structurellement plus élevés et plus volatils.
Les dynamiques de valorisation restent favorables, les réajustements intervenus au cours des 12 à 18 derniers mois ayant amélioré les points d’entrée. Les rendements dépendent toutefois de plus en plus de la sélectivité, notamment en matière de qualité des actifs, de structure des revenus et de gestion active.
Développement sélectif et stratégies de plateforme
L’investissement sélectif dans des actifs et plateformes en phase de développement constitue une opportunité attractive après la révision de la disponibilité des capitaux et de l’appétit pour le risque. Le ralentissement des réserves de projets et les pressions exercées sur les promoteurs de plus petite taille créent des possibilités d’accéder à des actifs à des stades plus précoces et à des valorisations plus attractives. Cette approche exige toutefois une analyse rigoureuse des risques liés aux autorisations, au raccordement au réseau et aux coûts, ainsi qu’une attention particulière aux projets disposant d’une trajectoire de réalisation clairement définie.
Flexibilité du réseau et solutions de stockage
La flexibilité des réseaux et les solutions de stockage prennent une importance croissante à mesure que la pénétration des énergies renouvelables augmente et que les systèmes électriques nécessitent des capacités d’équilibrage supplémentaires. Ces actifs bénéficient de la volatilité, des écarts de prix intrajournaliers et des déséquilibres du système. Ils permettent ainsi de tirer parti de la distribution des prix de l’électricité plutôt que de leur niveau moyen. Malgré leur attrait, les résultats varient d’un marché à l’autre et exigent une analyse approfondie de la conception du marché et de la combinaison des différentes sources de revenus.
La volatilité des marchés de l’électricité met en évidence la valeur du stockage par batterie
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et peuvent ne pas se reproduire. La réalisation des chiffres prévisionnels ne peut être garantie. Sources : AIE, Schroders Greencoat LLP, Wood Mackenzie et NECPS 2025.
Un environnement particulièrement favorable aux investisseurs expérimentés
Dans l’ensemble, l’infrastructure equity reste bien positionnée pour générer des rendements résilients reposant sur les revenus. Cependant, la performance dépend de plus en plus de la sélectivité. Les meilleures opportunités se situent dans les actifs combinant rareté, demande structurelle et modèles de revenus bien conçus, de manière à offrir à la fois résilience et potentiel de hausse sélectif.
Immobilier : à un point d'inflexion
L’immobilier mondial semble en voie de reprise après plusieurs années de réajustement des prix et d’adaptation. L’activité transactionnelle a continué de s’améliorer tout au long de 2025 et au premier trimestre 2026, tandis que les valorisations se sont largement stabilisées. Parallèlement, les contraintes pesant sur les projets de développement continuent de créer une dynamique favorable du côté de l’offre dans de nombreux secteurs.
La reprise reste inégale et des vents contraires persistent à court terme. L’incertitude économique, les coûts de financement élevés et les effets persistants des perturbations géopolitiques pourraient ralentir le rythme de l’amélioration. Néanmoins, notre cadre d’analyse propriétaire des valorisations continue de faire ressortir une proportion croissante d’opportunités présentant des prix attractifs dans différents secteurs et différentes régions. Nous continuons donc de penser que nous nous trouvons au cœur d’une succession de millésimes d’investissement particulièrement intéressants pour les investisseurs de long terme.
La liquidité limitée continue de restreindre les nouvelles allocations, tandis que les récents développements géopolitiques pourraient inciter certains investisseurs à rester prudents à court terme. En définitive, cette situation renforce encore l’attrait des points d’entrée et crée de nouvelles opportunités en matière de liquidité.
Nous continuons de privilégier les secteurs qui bénéficient d’une résilience fondée sur les besoins essentiels et dans lesquels des améliorations opérationnelles peuvent permettre de générer de l’alpha, notamment la logistique urbaine ainsi que les actifs résidentiels et de stockage. Dans l’ensemble, l’environnement de marché laisse penser qu’un déploiement discipliné des capitaux devrait bénéficier de points d’entrée favorables et de rendements cash-on-cash en hausse.
L'offre continue de soutenir le marché
Bien que nos anticipations de croissance économique et locative restent modestes, les conditions d’offre continuent de soutenir la performance opérationnelle. Les coûts élevés de construction et de financement ainsi que l’accès plus restreint aux capitaux ont considérablement ralenti les nouveaux projets de développement dans la plupart des régions. Nous observons de plus en plus de signes d’un effet de hausse des coûts sur les loyers, l’augmentation des coûts de remplacement soutenant la progression des loyers des actifs existants de grande qualité.
Les récentes hausses du coût des intrants de construction et la persistance des risques de perturbation des chaînes d’approvisionnement renforcent ces dynamiques. Associées au réajustement des valorisations et à la rareté croissante des espaces modernes, en particulier des actifs certifiés sur le plan de la durabilité, elles confortent selon nous les fondements d’une amélioration de la performance à long terme.
La nouvelle hausse des coûts de construction devrait nuire à la viabilité des projets de développement
Sources : Réserve fédérale, Green Street Advisors. Avril 2026. Les données reposent sur les prix à la production. Les opinions exprimées sont celles de Schroders Capital et sont susceptibles d’évoluer. Elles ne doivent pas être interprétées comme des recommandations d’investissement ni comme une garantie quant aux résultats d’un investissement. Informations présentées à titre illustratif uniquement.
Une attention accrue portée aux caractéristiques des actifs
Notre positionnement privilégié reste relativement neutre entre les différents secteurs. Cette approche reflète l’amélioration de la visibilité sur les planchers de loyers dans les marchés du commerce et des bureaux, ainsi que les rendements désormais plus attractifs proposés par de nombreux types d’actifs. Dans l’ensemble, nous pensons que les caractéristiques propres à chaque actif joueront un rôle de plus en plus déterminant dans la performance. L’emplacement, les caractéristiques en matière de durabilité, la qualité opérationnelle et la capacité à tirer parti de la croissance future des loyers devraient revêtir davantage d’importance que les décisions générales d’allocation sectorielle.
Un large éventail d'opportunités de recapitalisation
L’environnement actuel accélère également le développement des opportunités de recapitalisation et d’investissement sur le marché secondaire dans les plateformes immobilières, les sociétés et d’autres structures de détention. Ces opérations consistent à apporter des solutions de financement à des équipes de gestion établies qui font face à des contraintes de temps ou de capitaux dans leur démarche d’optimisation de la valeur.
Nous pensons que cet ensemble d’opportunités est soutenu par des moteurs à la fois cycliques et structurels. Parmi ceux-ci figurent les besoins de refinancement, la complexité opérationnelle, les dépenses d’investissement liées à la durabilité et la poursuite de l’adaptation à des coûts de financement plus élevés. Pour les investisseurs expérimentés, ces dynamiques peuvent offrir des points d’entrée attractifs, assortis d’une protection intéressante contre le risque baissier et d’un potentiel de création de valeur.
Solutions multi-marchés privés : la résilience par la diversification
Ces perspectives ont mis en évidence le principal défi auquel sont aujourd’hui confrontés les portefeuilles : les marchés se sont redressés, mais l’incertitude et le risque de concentration restent élevés. Dans cet environnement, la diversification est essentielle, mais elle doit être intentionnelle. Dans le contexte des marchés privés, la question fondamentale consiste à déterminer si ces classes d’actifs apportent réellement des moteurs de rendement distincts, plutôt que de reproduire simplement des expositions que les investisseurs détiennent déjà ailleurs, ce qui reviendrait en définitive à accroître le risque extrême.
Cette distinction est importante. Comme indiqué précédemment, les rendements des marchés cotés ont été portés par un groupe restreint d’entreprises technologiques et liées à l’intelligence artificielle. Des concentrations similaires peuvent apparaître sur les marchés privés à travers les rachats de grandes entreprises, le capital-risque en phase avancée, les prêts directs ou certaines stratégies d’actifs réels dont les moteurs de performance restent fortement liés aux investissements dans les opérateurs de centres de données à très grande échelle. Ces expositions peuvent néanmoins rester attractives, à condition d’être intentionnelles, acquises à un prix approprié et équilibrées par des sources de rendement véritablement différentes.
Les exigences sont généralement plus élevées pour les expositions concentrées, et davantage encore dans le contexte d’une allocation à plusieurs classes d’actifs privés, compte tenu du nombre beaucoup plus important de stratégies d’investissement disponibles. À mesure que les investisseurs évaluent conjointement les marchés cotés et les marchés privés, les catégories de classes d’actifs ou les dénominations des stratégies peuvent ne plus suffire à protéger les portefeuilles contre un risque de concentration involontaire.
C’est dans ce contexte qu’une construction active du portefeuille couvrant plusieurs classes d’actifs privés peut se révéler particulièrement efficace. Elle repose sur une forte sélectivité entre les stratégies et les sous-stratégies, ainsi que sur le contrôle de facteurs tels que les secteurs, les régions, les contreparties, les valorisations à l’entrée et le niveau d’endettement.
Dans notre comparaison présentée à titre illustratif, un portefeuille multi-marchés privés composé d’investissements dans des petites et moyennes entreprises et structuré selon une allocation 60/40 a généré une performance ajustée du risque supérieure entre 2017 et 2025. Il a affiché un ratio de Sharpe plus élevé, une performance supérieure à celle du portefeuille 60/40 traditionnel investi sur les marchés cotés et du portefeuille composé de rachats de grandes entreprises et de prêts directs, ainsi qu’une volatilité plus faible.
L’avantage supplémentaire de cette construction active réside dans le bénéfice de diversification, mesuré ici simplement au regard de l’exposition aux entreprises.
Portefeuille multi-marchés privés axé sur les petites et moyennes entreprises, comparé aux grandes entreprises et aux marchés cotés
Les rendements présentés couvrent la période comprise entre le quatrième trimestre 2017 et le quatrième trimestre 2025. Le portefeuille multi-marchés privés est un portefeuille représentatif composé à 60 % de co-investissements en private equity de Schroders Capital, ou SCPE, à 13 % du fonds Schroders International Selection Fund Strategic Credit, ou SISZL, à 13 % de prêts directs, représentés par l'indice Preqin Direct Lending Index) et à 13 % de dette infrastructure. Pour cette dernière, une prime de spread moyenne calculée entre le quatrième trimestre 2017 et le quatrième trimestre 2025 a été appliquée à l'indice ICE BofA BBB Euro Corporate Index sur cette période). La performance du private equity repose sur l’historique de performance de Schroders Capital pour les investissements réalisés, les réalisations partielles et les introductions en Bourse au 31 décembre 2025. Les introductions en Bourse sont valorisées à la date de clôture du dernier trimestre. Le portefeuille coté 60/40 est représenté à 60 % par l’indice MSCI AC World Total Return en dollars américains et à 40 % par l’indice FTSE USBIG Bond Index - Total Return. Sauf indication contraire, tous les rendements sont exprimés en devises locales et ne sont pas couverts contre le risque de change.
L’objectif n’est pas d’affirmer que les marchés privés sont automatiquement supérieurs. Il s’agit de souligner que la qualité de la diversification est déterminante. En maintenant constante la structure générale 60/40, nous neutralisons l’effet de la pondération relative, de manière à ce que la comparaison repose davantage sur la sélection des stratégies et sur les moteurs de rendement sous-jacents. La résilience a résulté de la combinaison d’expositions différenciées au sein des marchés privés, et non de l’ajout d’une exposition aux marchés privés pour la seule raison qu’elle relève de ces marchés. Par ailleurs, les contrôles intrinsèques portant sur les expositions croisées du portefeuille permettent de limiter les conséquences des événements extrêmes ou des incidents imprévus.
Pour les investisseurs, l’un des principaux enseignements est que les marchés privés peuvent améliorer la résilience des portefeuilles, mais uniquement lorsque les allocations sont sélectives, intentionnellement diversifiées et complémentaires des positions existantes. Dans l’environnement actuel, l’objectif ne devrait pas être d’élargir les allocations, mais de les réaliser de manière plus intentionnelle.
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Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Les cours des actions ainsi que le revenu qui en découle peuvent évoluer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant qu’ils ont investi.
Les prévisions contenues dans le présent document résultent de modèles statistiques, fondés sur un certain nombre d'hypothèses.
Elles sont soumises à un degré élevé d'incertitude concernant l'évolution de certains facteurs économiques et de marché susceptibles d'affecter la performance future réelle. Les prévisions sont fournies à titre d'information à la date d'aujourd'hui. Nos hypothèses peuvent changer sensiblement au gré de l'évolution possible des hypothèses sous-jacentes notamment, entre autres, l'évolution des conditions économiques et de marché. Nous ne sommes tenus à l'obligation de vous communiquer des mises à jour ou des modifications de ces prévisions au fur et à mesure de l'évolution des conditions économiques, des marchés, de nos modèles ou d'autres facteurs.
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