Conflit en Iran : diversification et résilience du portefeuille
La diversification ne consiste pas simplement à détenir différents actifs, mais à détenir des actifs qui réagissent différemment sous pression.
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Les périodes d’incertitude géopolitique et macroéconomique, comme les derniers événements au Moyen-Orient, renforcent un principe fondamental de la gestion multi-actifs : la diversification doit être pensée de manière intentionnelle et sur le long terme.
Construire des portefeuilles avec des mécanisme de protection, notamment une exposition mesurée aux matières premières et l'évitement d'une concentration excessive dans un seul secteur, peut considérablement améliorer leur résilience. Lorsque les portefeuilles sont structurés de manière proactive, les investisseurs se trouvent souvent dans une position plus avantageuse pour décider où prendre leurs bénéfices en période de tension sur les marchés, plutôt que d’être contraints de couper les pertes dans l'urgence.
Ces dernières années, les hypothèses traditionnelles ont été mises à l’épreuve. Les obligations n’ont pas toujours joué leur rôle de diversification, notamment lors des chocs inflationnistes, et la solidité historique du dollar américain a périodiquement été remise en question.
Dans cet environnement, l’intégration d’actifs réels tels que l’or et, plus largement, les matières premières peut jouer un rôle stabilisateur important. Ces expositions peuvent offrir des bénéfices de diversification lors de la réévaluation des marchés et aider les portefeuilles à naviguer face aux chocs liés à l’offre ou à la volatilité renouvelée de l’inflation. Une allocation réfléchie aux actifs réels renforce donc la robustesse globale du portefeuille lorsque les instruments de couverture traditionnels s’avèrent moins fiables.
Les prix des matières premières augmentent en raison de perturbations de l’offre
Le conflit actuel s’annonce différent du passé. Contrairement au bref conflit de 12 jours de l’an dernier, la situation actuelle se caractérise par des frappes plus larges de la part des États-Unis et d’Israël ainsi qu’une réponse plus agressive de l’Iran. Des infrastructures énergétiques, telles que des raffineries de pétrole et des installations de GNL, ont notamment été attaquées dans la région.
En outre, le détroit d’Ormuz – l’un des points d’étranglement énergétiques les plus critiques au monde – semble pratiquement fermé. Il s'agit d'un passage étroit et très exposé par lequel transite environ 20 % des approvisionnements mondiaux de pétrole et de GNL, ainsi que des volumes significatifs d’engrais et d’aluminium. Une perturbation prolongée affecterait donc plusieurs marchés de matières premières, pas seulement le pétrole brut.
- En savoir plus sur l’impact des matières premières : Conflit iranien : implications pour le pétrole et les autres matières premières
Il ne s'agit pas uniquement d'une histoire liée au pétrole, mais d'une revalorisation plus large de l’énergie et des matières premières. Cependant, en regardant spécifiquement le WTI, la hausse d’environ 8 % reste une réponse modérée et le pétrole demeure bon marché.
Implications pour d’autres marchés d’actifs
Les actions et obligations mondiales ont une exposition directe limitée à l’énergie. Le tableau ci-dessous montre que seul le Royaume-Uni a un poids élevé dans les actions de l’énergie. Il convient également de mentionner que le Moyen-Orient représente une composante relativement faible des indices de référence actions et obligations.
Les actions britanniques ont une forte pondération en énergie
Sources : LSEG Datastream et Schroders. Données au 31 janvier 2026. Notes : le bêta de marché mesure la sensibilité des rendements sectoriels aux variations de l’indice global du marché. Les secteurs cycliques sont définis comme ayant un bêta de marché supérieur à 1 (c’est-à-dire qu’ils surperforment lorsque l’indice augmente), tandis que les secteurs défensifs ont un bêta inférieur à 1 (c’est-à-dire qu’ils sous-performent lorsque l’indice monte). Notre calcul est basé sur les cinq dernières années de rendements mensuels par rapport à l’indice MSCI ACWI.
Vues sur la dette des marchés émergents et les matières premières
Abdallah Guezour, responsable de la gestion de la dette des marchés émergents et des matières premières, a déclaré : « La situation, qui évolue rapidement, est susceptible de maintenir une pression haussière sur les prix du pétrole, de maintenir des primes de risque géopolitiques élevées et de peser potentiellement sur l’appétit mondial pour le risque. L’or et les matières premières devraient probablement rester soutenus dans un tel scénario.
« En ce qui concerne les différentes économies des marchés émergents, nous trouvons rassurant le fait que leur balance de paiements soit solide, grâce aux ajustements réalisés ces dernières années, et qu'elles soient peu dépendantes des capitaux étrangers à court terme. De nombreux pays émergent devraient donc bien résister aux bouleversements géopolitiques actuels.
« La plupart d'entre eux ont déjà démontré cette résilience en maintenant une stabilité macroéconomique et une solide performance du marché malgré une succession de chocs externes ces dernières années. »
Vues sur la gestion obligataire mondiale flexible
James Ringer, gérant, a déclaré : « L’escalade des risques géopolitiques intervient à un moment où les pressions inflationnistes se sont progressivement atténuées à l’échelle mondiale. Les 12 derniers mois ont donc démontré que le marché obligataire peut compenser la faiblesse du marché boursier. Toutefois, la hausse des prix de l’énergie pourrait mettre fin à ce contrepoids à court terme.
« Certains observateurs établissent des parallèles avec le choc sur les prix de l’énergie en 2022, au moment de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Pour rappel, les banques centrales avaient alors fortement relevé leurs taux face à la montée de l’inflation, ce qui avait entraîné une forte correction sur les marchés obligataires. Nous restons prudents quant à ces comparaisons, car l’économie mondiale se trouve aujourd’hui dans une situation très différente : les chaînes d’approvisionnement se sont normalisées, les marchés du travail se sont assouplis et les banques centrales ont déjà considérablement resserré leur politique monétaire.
« Les banques centrales devraient probablement faire abstraction d’une hausse temporaire des prix de l’énergie et des matières premières. En revanche, un conflit prolongé serait susceptible d’entraîner une hausse durable des prix du pétrole, ce qui raviverait les inquiétudes quant à un ancrage plus marqué de l’inflation. C’est cet effet secondaire, si les anticipations d’inflation venaient à se désancrer, qui pourrait préoccuper les banques centrales. Pour l’instant, nous observons un risque haussier à court terme sur les rendements obligataires, mais toujours dans les limites de la fourchette de fluctuation récente. »
« Les événements récents rappellent enfin l’importance d’une gestion active des portefeuilles obligataires, non seulement pour saisir les opportunités, mais aussi pour se prémunir contre les risques de baisse. Comme toujours, la diversification demeure essentielle. »
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