De nouvelles perspectives pour les investisseurs privés à la recherche d'opportunités dans le Private Equity
Les investisseurs individuels ont toujours eu du retard par rapport aux investisseurs institutionnels en matière d'allocations au Private Equity. Toutefois, l’innovation dans les structures de fonds, notamment l’évolution du régime des fonds d’investissement européens à long terme (ELTIF), permet désormais un accès plus large à cette classe d'actifs.
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Au cours des 30 dernières années, les marchés non-cotés, et en particulier le Private Equity, sont devenus une option d’investissement clé pour les investisseurs institutionnels. La recherche menée par Schroders Capital (uniquement disponible en anglais) et le consensus du secteur suggèrent qu’entre 10 et 20 % des portefeuilles institutionnels sont désormais engagés dans les marchés non-cotés, le Private Equity représentant la classe d'actifs la plus importante et la plus établie.
En revanche, les allocations entre les portefeuilles de gestion de patrimoine sont restées beaucoup plus faibles : généralement inférieures à 10 % et souvent inférieures à 5 %. Cependant, certains signes montrent que cette situation commence à changer.
L’innovation produit est l'un des principaux moteurs de cette évolution. Les développements réglementaires de ces dernières années ont permis la création de nouvelles structures de fonds qui éliminent certains obstacles entravant depuis longtemps l'accès aux investissements sur les marchés non-cotés, notamment en matière de liquidité. Ces nouveaux types de produits élargissent l’accès au Private Equity et permettent à un plus large éventail d’investisseurs de participer à cette classe d’actifs dynamique.
Cet article examine les raisons pour lesquelles le Private Equity suscite un intérêt croissant, les facteurs qui ont traditionnellement freiné les investisseurs et la manière dont les nouvelles options de fonds contribuent à combler cet écart, en mettant l’accent sur le régime actualisé des fonds européens d’investissement à long terme (ELTIF) en Europe.
Q : Pourquoi les investisseurs devraient-ils envisager d’investir dans le Private Equity ?
Le Private Equity a historiquement constitué une source de rendement potentiel élevé, que ce soit dans des environnements de marché favorables ou difficiles.
Sur le long terme, les rendements moyens de Private Equity ont généralement dépassé ceux des marchés cotés. Cette dynamique a récemment subi davantage de pressions, les actions cotées ayant connu une longue période haussière alimentée par de petits segments du marché américain. Cependant, alors que nous entrons dans une phase plus volatile du cycle, les performances à long terme du Private Equity, en particulier dans des conditions de marché difficiles, demeurent essentielles.
Notre analyse sur les tendances de performance des 25 dernières années, englobant les cinq crises majeures des marchés (l'éclatement de la bulle Internet, la crise financière mondiale, la crise de la dette de la zone euro, l’épidémie de Covid et le retour de l’inflation en 2022), montre que le Private Equity a généralement surperformé les marchés cotés. De plus, cette surperformance a été deux fois plus élevée sur les marchés baissiers, avec des pertes nettement plus faibles.
Le Private Equity a enregistré une surperformance deux fois supérieure en période de crise
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Sources : MSCI (Burgiss), Schroders Capital, 2024. 1L’indice MSCI Burgiss Global Private Equity Funds est un indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière composé de fonds de Private Equity, de capital-risque et de fonds de croissance. Les chiffres de performance sont basés sur les rendements trimestriels pondérés en dollars, nets de tous les frais versés aux commanditaires. Remarque : La performance simulée sans crise suppose que les périodes de perturbations du marché sont exclues. Le TCAC est calculé sur une période d’efficacité plus courte afin de tenir compte de la suppression de ces périodes.
Cette surperformance reflète la façon dont les actifs sont détenus et évalués. Les gérants de Private Equity peuvent optimiser les sorties des investissements et se concentrer sur des stratégies de création de valeur à long terme, avec des valorisations reflétant les fondamentaux des entreprises plutôt que les opinions à court terme.
Le Private Equity offre également un accès à un ensemble plus large d’opportunités. Avec le rétrécissement des marchés cotés au cours des dernières décennies, plus de 85 % des entreprises américaines dont le chiffre d’affaires dépasse 100 millions de dollars sont désormais privées. Il en résulte un vaste univers d’investissement de plus en plus difficile à atteindre par le seul biais des marchés cotés.
De plus, dans le contexte actuel, le Private Equity offre une diversification en s’orientant davantage vers les entreprises de services et les entreprises nationales, qui peuvent être moins exposées aux tensions commerciales mondiales et aux droits de douane.
Ces facteurs sont reconnus par les investisseurs. Notre enquête Global Investor Insights Survey a montré que le Private Equity était la deuxième classe d’actifs la plus appréciée pour ses opportunités de rendement par tous les types d’investisseurs, y compris les gérants de patrimoine et les sélectionneurs de fonds.
Le private equity présente une plus forte exposition aux secteurs de services et aux revenus domestiques
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et peuvent ne pas se répéter. Sources : données Pitchbook au 27 mai 2025, données MSCI au 10 juin 2025, données S&P Capital IQ au 21 mai 2025, Schroders Capital, 2025. Pour le Private Equity, le pourcentage de services et de biens est basé sur le capital investi dans les investissements de rachat LTM avril 2025. 41 secteurs ont été divisés en biens et services. Pour MSCI Global, le pourcentage de services et de biens est basé sur la capitalisation boursière ajustée en USD. 151 secteurs ont été divisés en biens et services. L’immobilier a été exclu. La part nationale est définie comme les revenus générés dans la région du segment 1 de l’entreprise. Les opinions partagées sont celles de Schroders Capital et ne peuvent être vérifiées. Les prévisions et les estimations peuvent ne pas se réaliser.
Q : Pourquoi les investisseurs individuels se sont-ils historiquement moins orientés vers ces allocations ?
La sous-représentation historique du Private Equity dans les portefeuilles de gestion de patrimoine s’explique en grande partie par des barrières structurelles, notamment la liquidité, des seuils d’investissement minimum élevés et la complexité des produits.
Les fonds de Private Equity traditionnels fonctionnent généralement sur des horizons de 10 ans ou plus, période pendant laquelle le capital est immobilisé. La liquidité n’est disponible que par le biais de distributions provenant des investissements sous-jacents, qui commencent souvent plusieurs années après le lancement du fonds. Les investissements minimaux sont également élevés (souvent de l'ordre de plusieurs millions) et les vérifications préalables requises peuvent être complexes.
De nouvelles structures de fonds permettent toutefois de contourner bon nombre de ces contraintes traditionnelles. Les véhicules dits « semi-liquides », tels que le Long-Term Asset Fund (LTAF) au Royaume-Uni, les fonds à intervalle et à appel d'offres aux États-Unis et les ELTIF en Europe, sont conçus pour ouvrir l’accès au Private Equity et, plus largement, aux marchés non-cotés à une base d’investisseurs plus large.
Ces véhicules exigent des montants d’investissement minimum beaucoup plus faibles. Leur structure permet également aux investisseurs de souscrire à intervalles réguliers (mensuels ou trimestriels) et d'investir généralement dans des portefeuilles existants, ce qui leur offre une exposition immédiate plutôt que des engagements de capital échelonnés. Elles intègrent également des mécanismes de liquidité contrôlés et périodiques (généralement trimestriels).
Bien qu’il s'agisse d'investissements à long terme, ces structures offrent une plus grande accessibilité et une meilleure facilité d’utilisation pour les investisseurs individuels. Il est important de noter qu’elles s'accompagnent généralement de processus d’investissement simplifiés et fournissent aux investisseurs des rapports améliorés, notamment des évaluations mensuelles et des rapports trimestriels conformes aux normes comptables mondiales.
Q : Pourquoi choisir un ELTIF pour accéder au Private Equity ?
Le cadre ELTIF, suite à une importante actualisation fin 2024, offre une voie intéressante vers le Private Equity. Parmi les principaux changements apportés par l'ELTIF 2.0, nous pouvons citer :
- Les montants minimaux d'investissement définis par la réglementation ont été supprimés, bien que la plupart des fonds appliquent toujours un seuil minimal accessible aux investisseurs cibles.
- Les processus d’intégration des investisseurs ont été simplifiés, l’aptitude étant désormais évaluée selon les règles MiFID et les contraintes spécifiques aux ELTIF supprimées.
- La flexibilité de structuration a été renforcée, notamment grâce à un soutien explicite aux structures de fonds maître-nourricier qui permettent aux investisseurs individuels d’accéder à des fonds de Private Equity institutionnels.
- L’introduction de dispositifs de gestion de liquidité, permettant généralement des rachats trimestriels dans des limites prédéfinies afin de protéger les porteurs restants et de préserver le profil long terme du fonds.
Ces changements font des ELTIF une solution beaucoup plus pratique et pertinent pour les investisseurs individuels qui cherchent à s’exposer au Private Equity.
Q : Qu’en est-il des investisseurs qui souhaitent investir dans des placements alignés sur le développement durable ?
Le cadre ELTIF est conforme au Règlement de l’UE sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (SFDR), qui permet de classer les fonds comme relevant de l’Article 8 (« vert clair ») ou l’Article 9 (« vert foncé »). De nombreux fonds de Private Equity répondent à ces critères.
Les fonds relevant de l’Article 8 intègrent généralement des restrictions sectorielles spécifiques, reflétant la philosophie d’investissement fondée sur la conviction du gérant, ainsi qu’un reporting clair sur des indicateurs de durabilité définis.
Plus généralement, de nombreux gérants de Private Equity, dont Schroders Capital, intègrent des considérations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) dans leur processus d’investissement. Ces dernières sont évaluées lors de la due diligence initiale pour tous les investissements potentiels et surveillées tout au long de la durée de vie de l’investissement.
Conclusion : de nouvelles perspectives vers des opportunités de croissance
Les investisseurs institutionnels ont depuis longtemps recours au Private Equity dans le cadre de leur allocation stratégique. Pour les investisseurs privés et les gérants de patrimoine désireux d’exploiter les opportunités offertes par cette classe d’actifs large et dynamique, plusieurs solutions existent désormais, répondant aux principales barrières historiques à l’entrée.
Il convient naturellement de rappeler que le private equity présente des risques, et que les solutions d’investissement disponibles doivent s’envisager dans le cadre d’une allocation à long terme compte tenu du profil de liquidité. En revanche, cette classe d’actifs ouvre la porte à des opportunités de croissance potentielles qui seraient autrement inaccessibles sur les marchés cotés, et elle s’est historiquement bien comportée, même pendant les cycles économiques difficiles.
Le régime ELTIF est pertinent dans ce contexte pour les investisseurs européens, les changements introduits au cours de l’année dernière l’ayant rendu plus accessible et élargissant à la fois l’éventail des investisseurs potentiels et la gamme d'options d’investissement disponibles.
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