Gestion obligataire mondiale flexible : vues mensuelles - février 2024
Notre vision actuelle du marché se résume parfaitement par la phrase : « L'ombre d'une récession hivernale se dissipe, mais méfiez-vous d'une possible surchauffe estivale ».
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Au cours du dernier mois, le spectre d'une récession hivernale s'est progressivement dissipé. Néanmoins, la robustesse persistante de l’économie américaine, surpassant les prévisions, accroît le risque d'un scénario « pas d'atterrissage ». Pour l'heure, nous maintenons notre scénario de base d'un « atterrissage en douceur ».
L'équipe de Gestion obligataire mondiale flexible, qui évalue les probabilités de divers scénarios économiques, observe que les premiers signes de reprise économique printanière sont apparus plus tôt cette année. Malgré les risques latents au sein du secteur bancaire régional, la vigueur de l’économie américaine nous a conduits à réduire la probabilité d’un « atterrissage brutal » et à augmenter celle d’un « pas d'atterrissage ». Bien que cela ne remette pas en cause notre scénario de base d'un « atterrissage en douceur », nous avons réduit la probabilité que nous lui associons.
La probabilité d’un scénario « pas d'atterrissage » se renforce tandis que celles d'un « atterrissage en douceur » et d'un « atterrissage brutal » diminuent
Source : Équipe de Gestion obligataire mondiale flexible au 13 février 2024
À titre illustratif uniquement. Un « atterrissage en douceur » fait référence à un scénario où la croissance économique ralentit mais à un rythme soutenable sans connaître de récession ; un « atterrissage brutal » désigne une chute brutale de l’activité économique et « pas d’atterrissage » fait référence à un scénario dans lequel l’inflation persiste et où les banques centrales pourraient être amenées à ajuster leurs projections actuelles des taux d'intérêt.
Le scénario « Goldilocks » (« Boucle d’or ») reste notre hypothèse principale, bien que certaines complications commencent à apparaître.
Nous nous gardons de trop analyser les données d'un seul mois, en particulier en début d'année lorsque les ajustements saisonniers peuvent fausser la perception de la situation économique. Néanmoins, nous constatons une montée progressive de signes contestant l'hypothèse d'un atterrissage en douceur « ni trop chaud » « ni trop froid ». Ces défis proviennent principalement du marché du travail américain, qui a connu une reprise récente, avec une accélération notable dans certains secteurs soutenant la consommation des ménages. Si le rythme actuel de croissance se maintient, les conditions du marché du travail risquent de se resserrer à nouveau.
La dernière étape pour ramener l'inflation à son objectif pourrait être la plus longue
Nous soulignons depuis quelques mois maintenant que la tendance à la désinflation des biens (le ralentissement du rythme de la hausse des prix) a largement épuisé son potentiel, faisant peser sur le secteur des services la responsabilité d’atténuer davantage les pressions inflationnistes. Bien que le secteur du logement devrait encore être en mesure d’aider sur ce front, le contexte de croissance revigorée risque de limiter cette modération de la hausse des prix dans d’autres secteurs liés aux services du panier d’inflation.
L’idée que le retour de l’inflation à des niveaux cibles se fera progressivement, et le fait que les banques centrales auront besoin de preuves plus substantielles de progrès, a été régulièrement relayée aux investisseurs ces dernières semaines. Le message général aux investisseurs est de ne pas trop s’enthousiasmer quant à un assouplissement à court terme des conditions de la politique monétaire.
La récession qui n’est jamais arrivée...
L’assouplissement des conditions financières s’est avéré bénéfique pour les perspectives de croissance au cours des six derniers mois (l’assouplissement des conditions financières fait référence à une combinaison de facteurs, notamment les taux d’intérêt et les écarts de taux, qui facilitent la vie des consommateurs et des entreprises). Nous avons commencé à constater une certaine amélioration dans le secteur manufacturier de l'économie mondiale.
Néanmoins, l'éventualité d'une récession ne peut être totalement écartée. Les difficultés rencontrées par la New York Community Bank et l'ensemble du secteur bancaire régional nous rappellent que les cycles de resserrement peuvent engendrer des conséquences imprévues bien après que la banque centrale ait fixé son taux directeur final. Cependant, pour l’instant, nous sommes à l’aise avec l’idée de revoir à la baisse la probabilité d’un scénario d'atterrissage brutal.
Quelles implications en termes de positionnement du portefeuille ?
Au cours du mois dernier, nous avons encore modifié notre position légèrement positive sur la duration. Pour l’instant, nous estimons que les pentifications de la courbe des taux (c'est-à-dire le fait que les obligations à plus long terme soient moins performantes que les obligations à plus court terme) sont plus attrayantes que la seule duration.
En termes d’allocation d’actifs, nous continuons de privilégier le crédit de haute qualité, notamment le crédit titrisé, les obligations sécurisées et les titres adossés à des créances hypothécaires d’agences. Ces segments offrent des valorisations attrayantes par rapport aux spreads de nombreux segments du crédit d’entreprises. Au sein du crédit de qualité (Investment Grade - IG), le marché américain est particulièrement peu attrayant en termes de valorisations et nous préférons l'IG européen, où il existe encore de la valeur. De manière générale, nous avons une vision baissière du haut rendement.
Sur le marché des devises, nous sommes devenus plus constructifs quant aux perspectives du dollar américain. La reprise de la production mondiale, qui ne s’est pas encore matérialisée de manière fiable, pourrait à terme peser sur le dollar. Cependant, pour l'instant, c'est principalement l'évolution des rendements américains qui détermine la direction du dollar. Une hausse des rendements américains est donc susceptible de soutenir le dollar.
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