Gestion obligataire mondiale flexible : vues mensuelles – avril 2026
Les marchés commencent à sortir du brouillard de la guerre, mais la trajectoire reste incertaine. Alors que les risques géopolitiques commencent à s’atténuer, découvrez comment nous nous préparons à un environnement d’investissement post-crise.
Authors
Dans notre précédente édition mensuelle, nous indiquions évoluer en plein « brouillard de la guerre ».
Un mois plus tard, les marchés semblent progresser vers une résolution qui permettrait la reprise du transit par le détroit d’Ormuz. Le chemin demeure irrégulier, alternant avancées et replis, et, au moment où nous écrivons ces lignes, le risque d’un échec total des négociations ne peut être exclu. Néanmoins, nous estimons qu’il est désormais temps de commencer à anticiper le paysage d’investissement post résolution.
Nos probabilités de scénario reflètent ces changements. La guerre et le choc énergétique ont accru les risques extrêmes dans les deux sens, avec un biais plus marqué vers une « surchauffe ». La progression vers une résolution nous amène donc à réduire ces risques, notre scénario principal restant celui d’un « réchauffement ».
Nos probabilités de scénario en avril : renforcement du « réchauffement »
Sources : Équipe Global Unconstrained Fixed Income de Schroders, au 20 avril 2026. À titre indicatif uniquement. Dans le scénario « Trop froid » (Too Cold), la Réserve fédérale (Fed) procéderait à plus de quatre baisses de taux en 2026, à 2 à 3 baisses dans le scénario « Équilibré » (Just Right), tandis que dans le scénario « Réchauffement » (Warming Up), la Fed ne baisserait les taux qu’une seule fois, voire pas du tout. Enfin, dans le scénario « Trop chaud » (Too Hot), la Fed repartirait vers des hausses de taux en 2026, l’inflation redevenant problématique.
Une dynamique de forces opposées
À ce stade – alors que nous ne disposons que de données limitées sur l'impact global de la guerre sur la croissance –, notre scénario de base pour l'économie américaine prévoit que les difficultés seront gérables. Cela s'explique par la vigueur sous-jacente de la consommation et du cycle manufacturier à l'approche de cette période. Nous observons également des signes persistants indiquant que le marché du travail a atteint son niveau plancher et qu'il se redresse.
Il est certain que la hausse des prix du pétrole pèsera sur les revenus réels des ménages (ajustés de l’inflation). Nous anticipons un impact maximal sur l’inflation d’environ 1 % au dessus du scénario précédent, mais plusieurs facteurs viennent en atténuer les effets. Les mesures en faveur des consommateurs prévues dans le One Big Beautiful Bill (OBBB) commencent à produire leurs effets : les remboursements d’impôt sur le revenu compensent en grande partie l’impact de la hausse des prix de l’essence à la pompe. Ces forces opposées signifient, dans l’ensemble, que les consommateurs américains devraient se retrouver globalement dans la même situation.
Par ailleurs, la réduction récente des droits de douane, en partie liée à la décision de la Cour suprême concernant les tarifs instaurés via l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), devrait - a minima - ralentir la hausse des prix des biens, contribuant là encore à soutenir les revenus réels.
La croissance de la zone euro devrait également résister
La zone euro est doublement touchée par la fermeture du détroit d’Ormuz, compte tenu de son impact sur les prix du gaz naturel, essentiels pour la production d’électricité et le chauffage. Si la réaction initiale au conflit a été vive, les prix du gaz ont depuis corrigé une large part de cette hausse, demeurant élevés par rapport à leur niveau d’avant guerre, mais nettement inférieurs à ceux observés après le conflit Russie Ukraine en 2022.
Nous pensons que l'impact sur l'économie de la zone euro sera perceptible, mais qu'il ne provoquera pas de récession. Comme aux États Unis, cette résilience tient en partie à un point de départ solide, la dynamique conjoncturelle de la région conférant une certaine résilience à l'économie.
La Banque centrale européenne (BCE) a jusqu’à présent adopté une posture prudente et peu engageante, tout en restant attentive à la remontée de l’inflation globale. Nous nous attendons à ce qu’elles fassent partie des banques centrales les plus restrictives. Cela ne garantit toutefois ni une hausse des taux ni n’exclut des rebonds des obligations de la zone euro en cas de forte baisse des prix de l’énergie. Dans l’ensemble, nous estimons néanmoins que le rapport rendement risque demeure plus attractif sur d’autres marchés, notamment au Canada, en Australie et au Royaume Uni.
Premiers signes de pénuries de carburant affectant les économies asiatiques
L’Asie demeure la région la plus exposée à un risque économique significatif en cas de non réouverture du détroit d’Ormuz. Les dernières publications des indices des directeurs d’achat (PMI) mettent déjà en évidence une distinction nette entre les économies asiatiques les plus exposées aux pénuries d’énergie et celles qui le sont moins. À ce stade, les perturbations économiques restent limitées et largement réversibles, à condition d’une reprise rapide des approvisionnements. Cette normalisation pourrait être soutenue par un cycle commercial porteur, notamment dans les technologies et les semi conducteurs, qui montrait des signes d’amélioration avant le déclenchement du conflit.
De nombreuses révisions à la hausse
Alors que nous commençons à nous préparer à un monde post-crise, même si le chemin s'annonce semé d'embûches, où souhaitons-nous investir ?
Nous relevons notre opinion globale sur la duration mondiale (risque de taux d’intérêt) de neutre à positive, estimant que le pic de l’impact lié aux prix de l’énergie est désormais derrière nous. Nous continuons d'identifier les meilleures opportunités au Canada, en Australie et sur les gilts britanniques de maturité courte, tout en adoptant une position neutre sur les bons du Trésor américains (auparavant négative). Nous restons neutres sur les bunds allemands.
En matière d’allocation d’actifs, nous revenons à une position négative tant sur le crédit investment grade que sur le high yield, compte tenu de valorisations peu attractives. Après leur élargissement en mars, les spreads (la prime par rapport aux obligations d’État) ont rapidement retracé vers des niveaux proches de ceux observés au début du conflit iranien. Pour des raisons similaires, nous reclassons les MBS d’agences américaines à un niveau neutre. En revanche, nos vues sur la dette des marchés émergents restent positives.
S’abonner à nos paroles d’experts
Visitez notre centre de préférences et choisissez les articles que vous souhaitez recevoir.
Réservé exclusivement aux investisseurs et aux conseillers professionnels.
Ce document exprime les opinions du gérant ou de l'équipe citée et ne représente pas nécessairement les opinions formulées ou reflétées dans d’autres supports de communication, présentations de stratégies ou de fonds de Schroders.
Ce document n’est destiné qu’à des fins d’information et ne constitue nullement une publication à caractère promotionnel. Il ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente d’un instrument financier quelconque. Il n’y a pas lieu de considérer le présent document comme contenant des recommandations en matière comptable, juridique ou fiscale, ou d’investissements. Schroders considère que les informations contenues dans ce document sont fiables, mais n’en garantit ni l’exhaustivité ni l’exactitude. Nous déclinons toute responsabilité pour toute opinion erronée ou pour toute appréciation erronée des faits. Aucun investissement et/ou aucune décision d’ordre stratégique ne doit se fonder sur les opinions et les informations contenues dans ce document.
Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Les cours des actions ainsi que le revenu qui en découle peuvent évoluer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant qu’ils ont investi.
Les prévisions contenues dans le présent document résultent de modèles statistiques, fondés sur un certain nombre d'hypothèses.
Elles sont soumises à un degré élevé d'incertitude concernant l'évolution de certains facteurs économiques et de marché susceptibles d'affecter la performance future réelle. Les prévisions sont fournies à titre d'information à la date d'aujourd'hui. Nos hypothèses peuvent changer sensiblement au gré de l'évolution possible des hypothèses sous-jacentes notamment, entre autres, l'évolution des conditions économiques et de marché. Nous ne sommes tenus à l'obligation de vous communiquer des mises à jour ou des modifications de ces prévisions au fur et à mesure de l'évolution des conditions économiques, des marchés, de nos modèles ou d'autres facteurs.
Ce document est produit par Schroder Investment Management (Europe) S.A., succursale française, 1, rue Euler, 75008 Paris, France.
Authors
Thèmes