Gestion obligataire mondiale flexible : vues mensuelles - décembre 2025
La récente vague d’anticipations de hausses de taux dans les grandes économies a entraîné une remontée des rendements obligataires. Selon nous, ce mouvement est allé trop loin. À mesure que le scénario d’un atterrissage en douceur gagne en probabilité, ces dislocations créent des points d’entrée attractifs.
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Si les États-Unis restent le principal moteur des marchés financiers mondiaux, la hausse des rendements observée ces dernières semaines provient surtout de l’extérieur des États-Unis. Les économies d’Asie, d’Europe et du « bloc dollar » ont intégré des hausses de taux pour les 12 prochains mois, alors qu’elles anticipaient auparavant des baisses. À plusieurs égards, nous estimons que ces anticipations sont excessives et prématurées.
La probabilité que nous attribuons à chaque scénario a peu évolué à la fin de l’année 2025, alors que nous nous préparons à aborder la nouvelle année.
Nos scénarios : Un atterrissage en douceur reste de loin le résultat le plus probable et nous avons augmenté sa probabilité ce mois-ci.
Source : Équipe Schroders Global Unconstrained Fixed Income, 16 décembre 2025. À titre illustratif uniquement. Nous définissons un « soft landing » (atterrissage en douceur) comme un scénario dans lequel les taux directeurs de la Fed se situent entre 2,75 % et 3,50 % à la fin de 2026 (soit 2 à 4 baisses par rapport au niveau actuel). Un « hard landing » (atterrissage brutal) correspond à un cycle de baisse plus agressif, dans lequel la Fed réduit les taux en dessous de 2,75 % (autrement dit, plus de 4 baisses de 25 points de base). Enfin, un scénario de « no landing » (absence d’atterrissage) correspond à une seule baisse supplémentaire, voire moins, conduisant à des taux directeurs restant à 3,50 % ou plus d’ici la fin 2026.
Nous avons relevé la probabilité d’un « atterrissage en douceur », qui demeure de loin le scénario le plus plausible à nos yeux. À l’inverse, le risque d’un « atterrissage brutal » s’atténue, porté par des signaux de stabilisation, notamment dans certains indicateurs du marché du travail comme les intentions d’embauche des petites entreprises.
Enfin, une combinaison de facteurs – perspective d’inflation à court terme plus clémente que ce qui est intégré dans les prix obligataires, ralentissement modéré attendu au quatrième trimestre, et probabilité accrue d’un nouveau président de la Fed accommodant – nous conduit à considérer le scénario de « non-atterrissage » comme le moins probable.
L’ajustement rapide des anticipations de hausse des taux par les banques centrales des marchés développés offre des opportunités pour renforcer sélectivement les positions obligataires
La récente remontée des rendements obligataires offre désormais des points d’entrée attractifs pour des positions longues, y compris dans des économies envers lesquelles nous étions auparavant prudents, comme la zone euro, ainsi que, de façon plus tactique, au Japon et au Canada.
Nous pensons que la Banque centrale européenne (BCE) ne procédera pas à de nouvelles baisses de taux, compte tenu de perspectives d’inflation modérées, mais nous ne prévoyons pas non plus de hausse des taux, contrairement à ce qu’anticipe actuellement le marché.
Des perspectives de désinflation au Royaume-Uni à l’approche de 2026 rendent les gilts de courte maturité particulièrement attractifs
Le Royaume-Uni reste une position longue privilégiée sur les maturités courtes (cinq ans et moins), compte tenu des signes de désinflation, de l’assouplissement des conditions sur le marché du travail et du budget de novembre, qui a laissé entrevoir un léger resserrement budgétaire en 2026.
Et les taux américains ?
D’un côté, nous pensons que la croissance restera solide à l’approche de 2026, soutenue par le renforcement des mesures de soutien budgétaire aux ménages via le programme One Big Beautiful Bill (OBBB). De l’autre côté, le marché du travail présente toujours des vulnérabilités, ce qui constitue l’un des deux volets du mandat de la Fed.
Ainsi, en matière de directionnalité pure, nous pensons que de meilleures opportunités existent ailleurs dans le monde. Aux États-Unis, la principale opportunité réside sur la courbe des taux, où nous continuons à anticiper un pentification. La sous-performance des obligations à 10 et 30 ans par rapport à celles à 2 et 5 ans reflète la faiblesse des fondamentaux budgétaires américains (importants déficits publics et hausse du ratio dette/PIB), ainsi que la possibilité que la Fed stimule excessivement l’économie en assouplissant trop sa politique monétaire en raison d’un marché du travail moins dynamique.
Au moment de la rédaction, le président Trump n’a pas encore confirmé le nom de la personne qu'il souhaite nommer à la présidence de la Fed, mais toute menace potentielle à l’indépendance de la Réserve fédérale viendrait également renforcer ce positionnement en faveur du pentification de la courbe des taux.
Pourquoi la Fed achète-t-elle des obligations ? Parce que la taille de son bilan est devenu trop petit !
Un fait marquant aux États-Unis, dans un mois par ailleurs calme, a été la réunion du FOMC en décembre. Comme prévu, la Fed a abaissé ses taux directeurs, mais elle a également annoncé une augmentation de la taille de son bilan via des achats d’actifs – appelés Reserve Management Purchases (RMP).
Ce programme n’a rien de transformateur et ne constitue pas un « assouplissement quantitatif » au sens traditionnel : la Fed achète des titres à échéance maximale de trois ans, avec un objectif technique lié à la gestion des réserves, plutôt qu’une orientation de politique monétaire.
Néanmoins, cette initiative est positive pour les bons du Trésor à court terme et soutient les perspectives globales de liquidité.
Qu’en est-il de l’allocation d'actifs ?
Nous restons prudents sur le crédit d’entreprise, compte tenu de niveaux de spreads extrêmement serrés (le spread représente la prime offerte aux investisseurs pour compenser le risque de crédit supplémentaire). Néanmoins, nous relevons légèrement nos notations dans l’ensemble, reflétant un environnement macroéconomique porteur. Si les spreads venaient à s’élargir, nous y verrions une opportunité intéressante pour accroître l’exposition au risque.
Parallèlement, les titres adossés à des créances hypothécaires d’agences (Agency MBS) et les obligations sécurisées (covered bonds) demeurent nos segments privilégiés dans l’allocation d’actifs.
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