Gestion obligataire mondiale flexible : vues mensuelles – février 2026
Les signes d’amélioration du cycle manufacturier mondial invitent à se demander si l’assouplissement budgétaire commence à porter ses fruits, tandis que la montée en puissance de l’IA suscite des interrogations quant à son impact disruptif sur l’économie réelle.
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Beaucoup de choses se sont produites, mais peu de choses ont réellement changé. C’est, en résumé, notre lecture de la situation. Nous maintenons inchangées les probabilités attribuées à nos scénarios par rapport au mois dernier : la probabilité des deux scénarios extrêmes demeure faible, tandis que les risques restent équitablement répartis entre nos scénarios centraux : scénario « Équilibré » (Just Right) et scénario « Réchauffement » (Warming Up).
Aucun changement dans les probabilités attribuées à nos scénarios en février
Source : Équipe Schroders Global Unconstrained Fixed Income, à titre illustratif uniquement.
Dans le scénario « Trop froid » (Too Cold), la Réserve fédérale (Fed) procéderait à plus de quatre baisses de taux en 2026, contre 2 à 3 baisses dans le scénario « Équilibré » (Just Right), tandis que dans le scénario « Réchauffement » (Warming Up), la Fed ne baisserait les taux qu’une seule fois, voire pas du tout. Enfin, dans le scénario « Trop chaud » (Too Hot), la Fed repartirait vers des hausses de taux en 2026, l’inflation redevenant problématique.
Une dynamique de « push and pull »
Aux États-Unis, nous estimons que la solidité du rapport sur les masses salariales non agricoles de janvier a probablement exagéré le rythme réel d’amélioration et nous continuons d’anticiper une reprise modérée du marché du travail. Néanmoins, la réduction continue du risque extrême d'une spirale négative sur le marché du travail est un facteur important pour la fixation des taux du marché.
À l’inverse, les perspectives d’inflation restent à notre avis favorables, avec une trajectoire de désinflation qui continue de surprendre à la baisse par rapport au consensus. Nous pensons que les principaux moteurs domestiques de l’inflation – anticipations d’inflation, salaires, productivité, logement, effets limités des tarifs – signalent tous une dynamique désinflationniste constructive.
Cette dynamique de « push and pull » nous place dans un environnement de fourchette étroite pour la duration américaine (risque de taux d'intérêt) avec une économie qui n’a clairement pas besoin d’un soutien monétaire supplémentaire mais un nouveau président de la Fed (Kevin Warsh, nommé le 30 janvier) qui est vraisemblablement enclin à en fournir. Cela ouvre également la voie à un pentification de la courbe des taux américains (sous-performance des maturités longues par rapport aux courtes).
À propos des risques de croissance...
Un développement notable ces dernières semaines a été l’inquiétude croissante face à l’impact potentiellement disruptif de l’IA, en particulier pour les éditeurs de logiciels, après les dernières mises à jour de Claude et ChatGPT, qui permettent aux utilisateurs de développer plus facilement leurs propres applications.
Nous reconnaissons l’importance de cette force disruptive, qui selon nous crée des opportunités significatives en termes de génération d’alpha au niveau de la sélection de crédit dans ce secteur. Toutefois, nous jugeons peu probable que cette dynamique se traduise par un choc négatif pour l’économie réelle, expliquant le maintien d’une faible probabilité sur notre scénario « Trop froid ».
Japon : l’importance persistante du cadre budgétaire
Autre événement marquant : la victoire électorale au Japon, le 8 février, de la Première ministre Sanae Takaichi, sur la base d’un programme politique budgétaire plus expansionniste et davantage orienté vers la croissance. Depuis, son discours paraît toutefois plus prudent sur l’ampleur potentielle du stimulus, compte tenu du niveau déjà très élevé de la dette publique japonaise.
Un cadre budgétaire plus prudent, une banque centrale susceptible de poursuivre le resserrement monétaire, et une amélioration continue de la croissance constituent un environnement propice pour un aplatissement sgnificatif de la courbe des taux japonaise (sous-performance des échéances plus courtes par rapport à la longue extrémité de la courbe des taux) et un renforcement du yen.
Europe : une dynamique toujours solide… et une accélération des dépenses de défense
Nous sommes optimistes sur le cycle manufacturier depuis plusieurs trimestres et continuons de penser que la dynamique reste orientée à la hausse. Il est important de noter qu’il s’agit véritablement d’un mouvement mondial, incluant la zone euro.
En zone euro, nous continuons de considérer les perspectives d’inflation comme modérées, la BCE semblant confortable avec un statu quo prolongé. Toutefois, les marchés ayant désormais intégré cette pause – après avoir auparavant anticipé des hausses – l’écart entre notre vue et le consensus s’est réduit. Nous passons donc à une position neutre sur la duration globale de la zone euro.
La combinaison d'une banque centrale qui reste en attente, d'une amélioration de la dynamique de croissance cyclique et d'une transition structurelle continue vers une plus grande autonomie en matière de défense devrait favoriser une pentification de la courbe des taux.
Royaume‑Uni : la désinflation des salaires devrait soutenir la perspective de nouvelles baisses de taux par la Banque d’Angleterre
Nous avons également constaté que la Banque d'Angleterre (BoE) s'est montrée plus accommodante lors de sa dernière réunion, avec un vote plus serré que prévu sur la politique des taux, ouvrant la voie à une baisse en mars. La volatilité politique reste un risque, mais nous restons optimistes quant aux gilts, car nous pensons que la BoE dispose encore d’une marge, et sans doute d'une volonté croissante, pour assouplir davantage sa politique monétaire que ne l’anticipe actuellement le marché.
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