Gestion obligataire mondiale flexible : vues mensuelles - octobre 2024
Les politiques positives des banques centrales et des gouvernements contribuent à atténuer les craintes d’un ralentissement économique mondial, et les risques liés à un atterrissage en douceur sont maintenant mieux équilibrés.
Authors
Au cours du mois dernier, diverses données économiques et annonces des banques centrales et des gouvernements, ont laissé entendre une diminution de la probabilité d'un atterrissage brutal mondial. La faiblesse de la Chine, considérée comme l’un des risques majeurs pour l’économie mondiale ces derniers trimestres, a poussé ses dirigeants à afficher leur détermination à enrayer le ralentissement de leur économie nationale, avec des implications à l’échelle mondiale.
Tout comme les investisseurs utilisent des options pour se prémunir contre les pertes de marché, les autorités chinoises proposent une forme de « protection politique » pour limiter l'impact d'un ralentissement économique causé par la Chine.
Bien que tous les détails des mesures de relance ne soient pas encore connus, nous croyons qu'il y a une intention claire de stabiliser l’économie, de réduire les risques d’un atterrissage brutal à l’échelle mondiale et de créer une marge de manœuvre supplémentaire pour un scénario de non-atterrissage, si les prix des matières premières trouvent un soutien.
Simultanément, la Réserve fédérale américaine (Fed), en tant que banque centrale la plus importante au monde, a contribué à ce sentiment en abaissant ses taux directeurs de 50 points de base en septembre et en soulignant sa détermination à parer à d’autres risques baissiers sur le marché du travail. Alors que la Fed s’adapte à une économie qui continue de croître solidement, nous jugeons approprié d’augmenter à la fois la probabilité d’un atterrissage en douceur et la probabilité de non-atterrissage, le premier restant notre scénario privilégié. En termes simples, les risques liés à un atterrissage en douceur sont désormais mieux équilibrés.
Les risques d’atterrissage brutal ont diminué, renforçant le scénario de non-atterrissage
Source : Équipe de Gestion obligataire mondiale flexible au 14 octobre 2024.
À titre illustratif uniquement. Un « atterrissage en douceur » désigne un scénario dans lequel la croissance économique ralentit et les pressions inflationnistes s’atténuent. Un « atterrissage brutal » désigne à l’inverse une chute brutale de l’activité économique nécessitant potentiellement des baisses de taux d'intérêt supplémentaires. Dans un scénario « sans atterrissage », l’inflation demeure persistante, impliquant que les taux d’intérêt pourraient rester élevés plus longtemps.
Stabilisation du marché du travail américain
La Réserve fédérale a surpris en septembre en baissant ses taux de 50 points de base, une décision qui n'était certainement pas largement anticipée. Selon les mots du président Powell, la clé de cette décision est que la Fed « ne cherche pas et n'accepte pas un refroidissement supplémentaire des conditions du marché du travail ». Depuis lors, le rythme soutenu de la création d'emplois, comme indiqué dans les premières publications des salaires américains début octobre, a surpris beaucoup et des révisions positives sur le mois montrent que le contexte du marché du travail pourrait être moins négatif que nous le pensions. Il est donc encore plus encourageant de constater que la dynamique récessionniste s’est atténuée.
Toutefois, cela ne signifie pas que le marché du travail américain est pleinement rétabli : la croissance de l'emploi a considérablement ralenti au cours de l'année écoulée, les consommateurs demeurent pessimistes quant à leurs perspectives d'emploi et les petites entreprises hésitent encore à embaucher massivement. Néanmoins, la hausse de la masse salariale, l’augmentation limitée du chômage et le fait que la croissance reste saine aux États-Unis sont susceptibles de limiter le ralentissement des embauches que nous avons connu l’année dernière. Une Fed proactive et un marché du travail moins fragile incitent à réduire la probabilité d’un scénario d'atterrissage brutal.
Il est important de souligner les nouvelles estimations des revenus personnels aux États-Unis ce mois-ci. Au départ, l'épargne des consommateurs semblait faible par rapport aux moyennes historiques, mais elle a été réévaluée à la hausse en raison des sous-estimations antérieures de la croissance des revenus. Par conséquent, le consommateur américain dispose désormais d'une meilleure marge de sécurité financière, ce qui diminue à nouveau les risques de baisse.
Ce n’est pas seulement le marché du travail américain qui a surpassé les attentes économiques. Les signes de surprises économiques, encore négatifs il y a seulement un mois, se sont améliorés, contribuant à la hausse des rendements américains. Pour l’instant, l’indice des « surprises économiques » montre une tendance à la hausse et pourrait continuer à progresser.
Il est également important de noter que les récents développements de l’inflation aux États-Unis ont montré un certain ralentissement à court terme de la trajectoire de désinflation. Une hausse de 0,3 % en glissement mensuel des prix de base a suffi à faire grimper le taux d’inflation annualisé sur trois mois de 2,1 % à 3,1 %, en raison de la hausse des prix des biens de base et de certains services. Nous restons convaincus que la désinflation se poursuivra, mais les derniers chiffres nous rappellent que le chemin pourrait être semé d’embûches.
Introduction d'une « protection » de l’économie chinoise
Le ralentissement de l'économie chinoise a récemment eu un impact négatif sur l'économie mondiale, notamment dans le secteur manufacturier, en frappant particulièrement l'Europe. Cependant, les autorités chinoises semblent prêtes à réagir en introduisant des mesures fiscales et monétaires pour offrir une protection contre de futurs risques économiques. Les annonces récentes sont plus optimistes et décisives comparées aux trimestres précédents, où les efforts de relance étaient limités.
Bien que les détails du Ministère des finances sur les niveaux de relance ne soient pas encore précisés au moment de la rédaction de cet article, nous anticipons l'annonce prochaine d'un plan fiscal destiné à relancer la consommation et à stabiliser le secteur immobilier en difficulté depuis longtemps.
Quelles en seraient les implications pour l'économie mondiale ? Si la Chine donne suite à ses récentes annonces et stimule l'économie en conséquence, nous pensons qu'il pourrait y avoir des retombées positives à l'échelle mondiale alors que la deuxième plus grande économie du monde commence à se stabiliser. Ces retombées seraient sans aucun doute bénéfiques pour les pays voisins, mais c’est l’économie de la zone euro, actuellement vulnérable, qui bénéficierait particulièrement du coup de pouce offert par une Chine en pleine relance.
Même si nous ne prévoyons pas la mise en œuvre d’un plan de croissance axé sur les matières premières, le simple fait de freiner la dynamique baissière de l’économie chinoise pourrait déjà soutenir les marchés des matières premières, comme le montre l’amélioration du sentiment depuis les annonces politiques. Cela renforce encore la probabilité d'un scénario de non-atterrissage de l'économique mondiale.
Où se trouvent les opportunités ?
Nous gardons une vision légèrement positive sur la duration mondiale. Bien que le contexte macroéconomique soit devenu moins favorable, les valorisations se sont nettement améliorées au cours du mois, car les marchés anticipent désormais une trajectoire plus modérée des taux de la Réserve fédérale. D’un point de vue géographique, nous sommes plus prudents sur les États-Unis, conservant une préférence pour l’Europe, l’Australie et le Canada, où l’environnement macroéconomique est plus propice à la duration (bien que notre vision macroéconomique de l’Europe se soit progressivement améliorée au cours du mois, aidée par une Banque centrale européenne (BCE) plus accommodante ainsi que par l’impact positif potentiel de la Chine). Nous continuons de sous-pondérer légèrement les pays européens périphériques, en raison de la faible marge de resserrement des spreads.
Nous sommes également devenus plus positifs à l’égard du Royaume-Uni, après avoir observé une amélioration significative des valorisations (c’est-à-dire une baisse des prix) ces dernières semaines, bien que la baisse des chiffres de l'inflation publiés à la mi-octobre ait légèrement atténué ce phénomène. Nous considérons le prochain budget du gouvernement fin octobre comme un catalyseur positif potentiel pour les gilts.
En termes d'allocation d'actifs, le marché des titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) d’agence, déjà en faveur le mois dernier, continue d’être attrayant. Les prix sont devenus plus compétitifs par rapport à d'autres segments du crédit, et nous anticipons une volatilité modérée de la duration pour soutenir ce secteur. Nous privilégions également les obligations quasi-souveraines, qui ont bénéficié d’une légère amélioration dans notre évaluation des valorisations.
Pour ce qui est du crédit d’entreprise, nous conservons notre préférence pour les obligations d’entreprises européennes investment grade (IG) par rapport à celles des États-Unis, compte tenu des niveaux plus attractifs (en particulier pour les crédits européens à duration courte) et des perspectives économiques européennes qui s’améliorent lentement. Les valorisations IG américaines sont proches des niveaux les plus faibles des 10 dernières années, anticipant un atterrissage économique en douceur presque parfait. Concernant le segment du haut rendement, nous avons à nouveau une préférence pour l’Europe par rapport aux États-Unis : les valorisations américaines sont loin d’être attrayantes et, comme pour le segment IG, intègrent pleinement un atterrissage en douceur laissant les spreads vulnérables à un certain nombre de risques.
S’abonner à nos paroles d’experts
Visitez notre centre de préférences et choisissez les articles que vous souhaitez recevoir.
Réservé exclusivement aux investisseurs et aux conseillers professionnels.
Ce document exprime les opinions du gérant ou de l'équipe citée et ne représente pas nécessairement les opinions formulées ou reflétées dans d’autres supports de communication, présentations de stratégies ou de fonds de Schroders.
Ce document n’est destiné qu’à des fins d’information et ne constitue nullement une publication à caractère promotionnel. Il ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente d’un instrument financier quelconque. Il n’y a pas lieu de considérer le présent document comme contenant des recommandations en matière comptable, juridique ou fiscale, ou d’investissements. Schroders considère que les informations contenues dans ce document sont fiables, mais n’en garantit ni l’exhaustivité ni l’exactitude. Nous déclinons toute responsabilité pour toute opinion erronée ou pour toute appréciation erronée des faits. Aucun investissement et/ou aucune décision d’ordre stratégique ne doit se fonder sur les opinions et les informations contenues dans ce document.
Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Les cours des actions ainsi que le revenu qui en découle peuvent évoluer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant qu’ils ont investi.
Les prévisions contenues dans le présent document résultent de modèles statistiques, fondés sur un certain nombre d'hypothèses.
Elles sont soumises à un degré élevé d'incertitude concernant l'évolution de certains facteurs économiques et de marché susceptibles d'affecter la performance future réelle. Les prévisions sont fournies à titre d'information à la date d'aujourd'hui. Nos hypothèses peuvent changer sensiblement au gré de l'évolution possible des hypothèses sous-jacentes notamment, entre autres, l'évolution des conditions économiques et de marché. Nous ne sommes tenus à l'obligation de vous communiquer des mises à jour ou des modifications de ces prévisions au fur et à mesure de l'évolution des conditions économiques, des marchés, de nos modèles ou d'autres facteurs.
Ce document est produit par Schroder Investment Management (Europe) S.A., succursale française, 1, rue Euler, 75008 Paris, France.
Authors
Thèmes