Gestion obligataire mondiale flexible : vues mensuelles - octobre 2025
Bien que la volatilité sur les marchés obligataires soit restée faible, l’incertitude demeure élevée. Nous expliquons ici pourquoi les banques centrales avancent prudemment en matière de politique monétaire et nous analysons certaines tendances macroéconomiques inhabituelles.
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Au cours du mois écoulé, plusieurs éléments suggèrent que les décideurs, en particulier la Réserve fédérale américaine (Fed), devraient agir avec prudence lors de la définition de leur politique monétaire. Fait inhabituel, le marché du travail américain continue de montrer des signes de faiblesse en matière d’embauche, alors même que la croissance économique reste robuste.
Par ailleurs, la récente fermeture du gouvernement américain a suspendu la publication de plusieurs indicateurs économiques essentiels, ajoutant un degré d’incertitude supplémentaire tant pour la Fed que pour les investisseurs.
En conséquence, et étant donné notre évaluation selon laquelle l’orientation de l’économie américaine et mondiale n’a pas fondamentalement changé, nous ne modifions pas les probabilités attribuées à nos scénarios pour ce mois-ci. Nous considérons ainsi qu’un atterrissage en douceur reste le scénario le plus probable.
Les probabilités de nos scénarios demeurent inchangées pour octobre
Source : Équipe Schroders Global Unconstrained Fixed Income, 13 octobre 2025. À titre illustratif uniquement. % de probabilités attribuées à chaque scénario. Nous définissons un « hard landing » ( ou « atterrissage brutal » en français) comme un scénario dans lequel la Fed aurait abaissé ses taux d’ici fin 2026 à un niveau stimulant (soit inférieurs à 3 %) et un « no landing » (ou « non atterrissage » en français) comme un scénario dans lequel elle aurait maintenu ses taux restrictifs (supérieurs à 4 %). Un « soft landing » (ou « atterrissage en douceur » en français) est un scénario dans lequel la Fed déplace sa politique à l’intérieur de cette bande. Un « soft landing » désigne un scénario dans lequel la croissance économique ralentit et les pressions inflationnistes s’atténuent. Un « hard landing » désigne à l’inverse une chute brutale de l’activité économique nécessitant potentiellement des baisses de taux d'intérêt supplémentaires. Dans un scénario « no landing », l’inflation demeure persistante, impliquant que les taux d’intérêt pourraient rester élevés plus longtemps.
Cependant, si la répartition des probabilités globales est inchangée, notre appréciation des différents marchés mondiaux a évolué, au vu des conditions économiques changeantes et de l’évolution des valorisations.
Les investisseurs focalisent leur attention sur la faiblesse du marché du travail américain, malgré des indicateurs économiques globaux positifs
La croissance américaine demeure résiliente, mais les investisseurs attribuent plus d’importance à la fragilité du marché de l’emploi. Cette perspective plus prudente à l’égard des États-Unis a creusé l’écart entre la performance des bons du Trésor américains — dont les rendements ont reculé (les rendements évoluant à l’inverse des prix) — et les indicateurs économiques plus larges, qui continuent de surpasser les attentes.
Si cette réaction peut apparaître justifiée à court terme, nous pensons néanmoins que les bons du Trésor américains pourraient sous-performer en cas de stabilisation du marché du travail, un scénario probable à mesure que l’incertitude s’estompe et que les recrutements reprennent.
Compte tenu des anticipations du marché, la reprise de la zone euro comporte des risques de déception à court terme
Sans redouter un ralentissement économique marqué — et donc un risque durable de sous-performance par rapport à l’objectif de 2 % de la Banque centrale européenne —, la dernière salve de données économiques soulève des doutes sur la pérennité de la reprise dans la zone euro, notamment en Allemagne.
À court terme, alors que les investisseurs anticipent une reprise continue, le risque de déception existe et le discours du marché pourrait évoluer.
Les défis budgétaires du Royaume-Uni attirent l’attention avant le budget de novembre
À l’approche du budget d’automne prévu le 26 novembre, les investisseurs portent de nouveau une attention particulière aux enjeux budgétaires du Royaume-Uni. De ce fait, nous maintenons une position globalement neutre sur les gilts, en particulier pour les échéances longues, plus sensibles à l’actualité politique.
Perspectives de marché et allocation : où en sommes-nous ?
En combinant nos perspectives économiques, nos probabilités de scénarios et les valorisations de marché, nous restons neutres sur la duration mondiale (risque de taux), avec des distinctions selon les régions. Nous adoptons ainsi une position moins favorable sur la duration américaine et une approche plus constructive sur celle de la zone euro.
Au sein de la zone euro, nous restons négatifs sur les marchés semi-core (comme la France). Bien que l’actualité évolue rapidement, l’impasse politique complique la résolution des défis budgétaires, ce qui pourrait continuer à peser sur les obligations d’État françaises.
En termes d’allocation d’actifs, nous restons prudents à l’égard du crédit d’entreprise compte tenu des valorisations élevées. Nous privilégions généralement les secteurs tels que la dette émergente de grande qualité (émise en euros), les actifs titrisés (y compris les titres adossés à des créances hypothécaires d’agence et les obligations quasi souveraines), qui offrent un rendement supplémentaire par rapport aux obligations d’État.
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