Les prix de l’énergie restent le principal moteur des rendements obligataires
Mise à jour de mai 2026 : Les fluctuations des prix du pétrole et du gaz orientent les marchés obligataires mondiaux, en redéfinissant les anticipations d’inflation, les perspectives de taux d’intérêt et les valorisations relatives entre les régions.
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Le mois dernier, nous indiquions que les marchés avançaient de manière hésitante vers une résolution en Iran, mais que le processus suivrait probablement une dynamique de deux pas en avant et d’un pas en arrière. Malheureusement, le mois écoulé a surtout été marqué par des reculs plutôt que des avancées. Nous entrevoyons toujours une issue possible, mais celle-ci est devenue plus incertaine.
L’évolution des rendements obligataires mondiaux (les rendements évoluant en sens inverse des prix) a suivi de très près celle des marchés de l’énergie, et nous voyons pour l’instant peu de raisons pour que cette corrélation s'interrompe. Les fluctuations des prix du pétrole et du gaz devraient donc rester le principal moteur des rendements mondiaux à court terme.
Cette évolution se reflète dans les probabilités que nous attribuons à nos scénarios. Compte tenu de la dynamique de l’inflation à l’échelle mondiale, nous attribuons désormais une pondération de zéro aux deux scénarios les plus accommodants (« Trop froid » et « Équilibré »). Dans l’ensemble, nous continuons d’anticiper que la Réserve fédérale américaine (Fed) maintiendra ses taux d’intérêt inchangés, comme l’illustre notre scénario « Réchauffement », mais nous estimons désormais que la probabilité de hausses de taux (« Trop chaud ») est plus élevée, même si nos prévisions concernant cette issue nous paraissent moins probables que ne l’anticipent les marchés.
Probabilités attribuées à nos scénarios en mai : orientation plus restrictive
Source : Schroders Global Unconstrained Fixed Income team, 20 mai 2026, à titre illustratif uniquement. Le scénario « Trop froid » verrait la Réserve fédérale (Fed) procéder à plus de quatre baisses en 2026, soit deux à trois baisses pour « Équilibré », tandis que pour « Réchauffement », la Fed ne procède qu'à une seule baisse ou est en pause. Enfin, dans un scénario « Trop chaud », la Fed revient vers des hausses de taux en 2026, car l’inflation se révèle problématique.
Dans l'ensemble
L’économie américaine continue de bien se porter. Surtout, du point de vue des perspectives de politique monétaire, la faiblesse observée sur le marché du travail semble désormais clairement derrière nous. Contrairement à de nombreuses autres banques centrales, le mandat de la Fed inclut le « plein emploi », de sorte que cette amélioration supprime l’un des principaux arguments en faveur de baisses de taux d’intérêt dans la période à venir.
Le relais de la croissance a désormais été transmis au secteur des entreprises. L’amélioration significative du secteur manufacturier est en partie liée à l’essor des investissements technologiques et à la révolution de l’IA ; toutefois, cette amélioration s’étend désormais à d’autres secteurs. Il ne s’agit pas d’une tendance nouvelle, mais celle-ci s’est renforcée ces derniers mois.
Par ailleurs, l’érosion du pouvoir d’achat liée à la hausse de l’inflation est en partie compensée par le soutien budgétaire (« One Big Beautiful Bill » du président Trump), même si ces mesures créent des gagnants et des perdants et que l’on commence à observer des signes de tension chez les ménages à faibles revenus.
Au vu de l’ensemble de ces éléments, nous continuons de considérer les bons du Trésor américain comme moins attractifs que leurs homologues.
Nos initiatives et nos prévisions
Nous continuons de voir des opportunités d’exposition à long terme sur les marchés de taux canadiens et australiens.
Concernant le Canada, notre analyse reste inchangée. L’économie montrait des signes de faiblesse avant le conflit au Moyen-Orient, et nous estimons que les hausses de taux actuellement intégrées dans les prix obligataires sur les 12 prochains mois sont incohérentes avec cette situation. Les dernières données sur le marché du travail, qui font état d'une perte nette d'emplois en mars et d'indicateurs avancés faibles, ne font que renforcer cette analyse.
Les résultats du budget fédéral australien de mai (2026-27) ont renforcé notre conviction en faveur des obligations australiennes, la politique budgétaire globale passant d'une orientation expansionniste à une position neutre. La Banque centrale australienne (RBA) a déjà resserré la politique monétaire à trois reprises et, même si une nouvelle hausse reste plus que probable, la fin du cycle commence désormais à se dessiner. C’est toujours un moment décisif pour les marchés obligataires.
Par ailleurs, nous restons neutres quant à la duration (risque de taux d'intérêt) dans la zone euro. À moins que nous ne constations une forte chute des prix de l’énergie, nous nous attendons à ce que la Banque centrale européenne (BCE) relève les taux d’intérêt en juin. Toutefois, avec près de trois hausses anticipées pour le reste de l’année, l'asymétrie nous paraît limitée : les obligations vont rebondir si les prix de l’énergie baissent mais, avec une banque centrale attentive aux risques d’inflation, elles subiront une nouvelle correction si ce n'est pas le cas.
Nous adoptons également une position neutre sur la duration au Royaume-Uni, compte tenu de la forte sensibilité du marché aux dynamiques énergétiques mondiales ainsi que de la montée de l'incertitude politique ces dernières semaines. Pour l'instant, nous estimons qu'il est prudent de rester en retrait et d'attendre qu'une opportunité plus claire se présente.
Du point de vue de l’allocation d’actifs, notre vision reste globalement inchangée sur le mois. Nous restons prudents concernant le crédit d’entreprise en raison de valorisations peu attractives, mais continuons d’identifier des opportunités au sein de la dette émergente et des marchés périphériques de la zone euro (par exemple la Grèce).
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