Perspectives 2022, par Johanna Kyrklund, directrice des investissements et de la gestion multi-actifs
Les marchés actions devraient être positifs en 2022, mais les performances seront plus modérées et les risques augmenteront à mesure que les banques centrales commenceront à retirer des liquidités.

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- Les performances des actions seront plus modérées, mais toujours positives, soutenues par les bons résultats des entreprises.
- L’inflation reste préoccupante et exercera des pressions sur les banques centrales, pour qu’elles commencent à relever leurs taux.
- Le variant Omicron entraîne déjà des mesures de confinement partiel, ce qui pourra provoquer un ralentissement de la croissance début 2022.
Les gérants de fonds ont tendance à voir le verre à moitié vide car, même lorsque les performances sont solides, ils s’inquiètent de la manière dont ils vont générer de la performance à l’avenir. Après une année 2021 aussi solide pour les marchés, cette préoccupation est encore plus prononcée.
L’année dernière, les annonces sur les vaccins ont suscité la confiance sur le thème du redémarrage qui offrait des rendements élevés avec des risques limités.
Selon nos modèles, nous entrons maintenant dans une phase plus mature du cycle économique dans laquelle la dynamique de croissance atteint un pic et les banques centrales commencent à retirer leur soutien. Dans ce contexte, les performances des actions devraient être plus modérées, mais toujours positives, soutenues par la solidité des résultats des entreprises.
Quels sont les principaux risques pour cette perspective ?
L’inflation est un thème populaire et nous sommes d’accord sur le fait qu’à moyen terme, nous serons probablement dans un environnement plus inflationniste que dans la dernière décennie, sous l’effet de la hausse des salaires, de la démondialisation et de la décarbonation. À court terme, la dynamique de l’inflation devrait atteindre un pic à mesure que les goulets d’étranglement du côté de l’offre se dissiperont, mais les banques centrales relèveront probablement quand même leurs taux d’intérêt.
Au niveau des valeurs, compte tenu du risque que la hausse des coûts des intrants et des salaires fait peser sur les marges bénéficiaires, il est important d’identifier les entreprises disposant d’un pouvoir de fixation des prix car elles seront mieux placées pour résister à la tempête. Toutefois, nous estimons que l’inflation ne constitue pas encore un risque systémique pour les marchés, car la volonté des banques centrales de commencer à relever leurs taux en réponse aux pressions inflationnistes devrait limiter les anticipations d’inflation.
Le variant Omicron de la Covid-19 reste préoccupant
La Covid-19 continue d’engendrer de la volatilité, et l’émergence du variant Omicron ravive ces inquiétudes. Il est important de prendre du recul et de reconnaître qu’un chemin considérable a été parcouru depuis le premier trimestre 2020. Les niveaux d’immunité sont substantiellement plus élevés, même face aux mutations ; les gouvernements ont plus d’expérience et réagissent plus rapidement ; et les processus de mise au point de nouveaux vaccins sont de plus en plus efficaces et rationalisés. Les acteurs du marché ont également développé un cadre pour prendre en compte le virus.
Nous avons beaucoup progressé par rapport à l’extrême incertitude de début 2020. Néanmoins, les premières indications suggèrent qu’Omicron peut échapper à une partie de la protection offerte par les vaccins, ce qui conduit déjà à des mesures de confinement partiel. Le début d’année sera marqué par une croissance ralentie.
L’apparition d’Omicron rend le scénario d’une forte reprise synchronisée de l’économie mondiale, nous permettant de nous tourner vers des expositions plus cycliques et moins chères, moins probable.
La région qui pourrait surprendre est la Chine où, contrairement aux autres grandes économies, la politique devient expansionniste.
Des opportunités subsistent, mais la prudence reste de mise
Notre principale préoccupation est que nous devons privilégier les tendances anciennes, assez éculées et qui menacent de s’épuiser : l’exceptionnalisme américain (idée selon laquelle les États-Unis sont perçus, tant au niveau national qu’international, comme supérieurs à d’autres pays) et la quête de rendement incessante.
Compte tenu de notre anticipation d’une hausse modérée des rendements obligataires, nous pensons qu’il est trop tôt pour tirer parti des opportunités de retour à la moyenne, aussi intéressantes qu’elles puissent paraître, et nous devons encore rester prudents.
Du fait de la réduction du soutien budgétaire, le secteur privé devra prendre le relais de la croissance
Au cours des dernières années, nous avons comparé l’économie mondiale à un
« vélo instable », que l’absence de dynamique économique a rendu vulnérable au moindre coup de vent. La pandémie a contraint les gouvernements à le stabiliser, en l’équipant de petites roues, ce qui nous a permis un certain répit dans la volatilité cyclique. Ces stabilisateurs seront enlevés en 2022 et le secteur privé devra prendre le relais de la croissance.
Mes collègues techniques qualifient la distribution potentielle des résultats de
« platykurtique », reflétant un potentiel haussier plus modéré avec des risques élevés. En termes plus simples, diversifiez votre risque, ce n’est pas le moment de faire de grands paris.
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