Perspectives d’investissement sur la dette des marchés émergents – janvier 2026
Après trois années de rendements solides, nous pensons que la dette émergente a encore beaucoup à offrir, la reprise récente des flux d’investissement étant appelée à s’amplifier.
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L’activité économique mondiale devrait rester solide en 2026 malgré les incertitudes persistantes sur le commerce international, les tensions géopolitiques et les vents contraires budgétaires dans plusieurs économies développées, ainsi que la croissance décevante de la Chine. Bien que les marchés du travail aux États‑Unis et en Europe se soient assouplis, l’abondance de liquidité mondiale, combinée à la solidité des bilans du secteur privé, devrait continuer de soutenir l’activité au cours de l’année 2026. Les exportations des marchés émergents font preuve d’une résilience notable, malgré la hausse des droits de douane américains, ce qui permet aux différentiels de croissance par rapport aux États‑Unis de demeurer à des niveaux historiquement suffisants pour attirer des flux de capitaux vers ces marchés.
Les pressions inflationnistes restent contenues dans la majorité des économies émergentes, soutenues par des prix alimentaires et énergétiques modérés ainsi que par l’exportation continue de la déflation chinoise. Dans ce contexte, les taux directeurs des banques centrales émergentes apparaissent excessivement restrictifs, laissant entrevoir une marge importante pour de nouveaux assouplissements monétaires. À l’inverse, l’inflation pourrait rester plus tenace aux États-Unis en raison du décalage de l’impact des hausses de droits de douane et de l’expansion fiscale et monétaire. Cette situation pourrait rapidement remettre en cause la crédibilité du cycle d’assouplissement mené actuellement par la Réserve fédérale américaine.
La liquidité financière mondiale demeure abondante et favorable aux actifs risqués. Les agrégats monétaires progressent à un rythme soutenu et pourraient bénéficier de l’arrêt progressif de la contraction des bilans des banques centrales. Par ailleurs, les réserves de change se reconstituent dans plusieurs pays émergents, renforçant la liquidité domestique et la résilience extérieure. La dette des marchés émergents bénéficie également d’un retour progressif des flux de capitaux après plusieurs années de sorties. Ces réallocations restent toutefois à un stade précoce, les investisseurs internationaux demeurant structurellement sous‑exposés à la classe d’actifs, malgré des performances remarquables au cours des trois dernières années.
Les vulnérabilités structurelles du dollar américain deviennent désormais plus apparentes, d’autant que le billet vert commence à perdre le soutien des différentiels de taux d’intérêt. Si la faiblesse du dollar observée en 2025 a conduit à des conditions de survente à court terme, les valorisations en taux de change effectif réel demeurent élevées et ne reflètent pas pleinement le caractère insoutenable des déficits budgétaire et extérieur des États‑Unis. De plus en plus, la trajectoire du dollar est dictée par des flux de capitaux vers les marchés actions, plus volatils que les flux obligataires. Les investissements étrangers records dans les actions américaines en 2025, notamment dans les secteurs liés à l’IA, augmentent la vulnérabilité du dollar à une correction sur les marchés actions.
Les perspectives sur les matières premières restent globalement constructives. Les marchés pétroliers sont bien approvisionnés, un facteur déjà intégré dans la sous‑performance récente des prix. Dans les métaux de base, le cuivre se distingue, les équilibres offre‑demande étant entrés en déficit à la suite de perturbations majeures de la production minière et d’une demande attendue liée à l’IA. L’or poursuit son marché haussier, soutenu par la demande des banques centrales et par les premiers flux de diversification des portefeuilles, sans signes manifestes à ce stade d’excès de fin de cycle.
Les risques géopolitiques demeurent élevés, mais semblent peu reflétés dans les prix de marché. Si l’espoir d’un accord de paix en Ukraine pourrait alimenter une hausse de l’appétit pour le risque, la concrétisation d’un tel accord crédible et durable reste incertaine.
Concernant le Venezuela, la destitution du président Maduro et le soutien implicite des États‑Unis ouvrent, dans un scénario optimiste, la voie à une restructuration de la dette avec un potentiel de recouvrement attractif. Toutefois, le processus s’annonce long et complexe, compte tenu des risques politiques et sécuritaires liés au changement de régime et du fait qu’une augmentation significative de la production pétrolière est peu probable dans un avenir proche.
Conséquences pour les marchés :
Les expositions tactiques longues sur la duration de taux américains restent justifiées au vu de la valorisation plus attractive des bons du Trésor US à long terme, d’un positionnement encore léger et de l’assouplissement du marché du travail américain. Toutefois, les déséquilibres budgétaires structurels, la persistance de pressions inflationnistes et la sensibilité accrue des détenteurs de dette souveraine américaine aux variations de prix constituent des risques baissiers majeurs à surveiller.
La dette émergente en devise locale demeure notre préférence sectorielle pour 2026, soutenue par des dynamiques inflationnistes favorables, des taux réels élevés et des trajectoires de finances publiques plus solides que dans les marchés développés. Nous privilégions le Brésil, le Mexique, l’Afrique du Sud, les Philippines et certaines zones d’Europe centrale, où les rendements attendus sur 12 mois présentent un potentiel supérieur à 10 %.
Malgré des spreads peu attractifs sur la dette en devises fortes, certains émetteurs souverains et corporates high yield offrent encore des fondamentaux en amélioration et un portage intéressant, ce qui pourrait permettre de générer plus de 7 % de performance sur ce segment en 2026. Un potentiel de revalorisation supplémentaire subsiste également sur des émetteurs comme l’Égypte, l’Argentine, l’Angola ou le Nigeria.
L’ensemble de ces vues sectorielles sont synthétisées dans le tableau ci-dessous :
Note : La durée des taux d’intérêt fait référence à la performance des taux américains. La dette en dollars émergents (EM Index) prévoit une dette en devises fortes de qualité investissement, tandis que la dette en dollars émergents (HY) prévoit une dette en devises fortes non de qualité investissement. Les obligations de qualité investissement sont les obligations de la plus haute qualité telles que déterminées par une agence de notation de crédit. Les obligations à haut rendement sont plus spéculatives, avec une note de crédit inférieure au niveau d’investissement. Les taux locaux des marchés émergents prévoient les prix des obligations en devises locales des marchés émergents, et les devises des marchés émergents prévoient les devises des marchés émergents par rapport au dollar américain.
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