Point de vue économique - décembre 2016


  • Nous avons revu la croissance mondiale à la hausse pour la première fois en près de deux ans, en raison de l’amélioration de l'activité à court terme et de l’embellie des perspectives des États-Unis, du Royaume-Uni et des marchés émergents.
  • Nous avons légèrement abaissé nos prévisions pour la zone euro en 2017, mais les avons remontées pour 2018. Nous pensons que la Banque centrale européenne (BCE) ne cèdera pas aux appels à freiner ses mesures de relance et qu’elle maintiendra sa politique accommodante.
  • Au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre (BoE) devrait maintenir le statu quo compte tenu de l’amélioration de la croissance, mais le gouvernement a manqué une bonne occasion de doper les investissements publics et la croissance de la productivité à long terme.
  • Les révisions à la baisse des prévisions pour trois des quatre pays BRIC sont globalement compensées par une amélioration de la croissance chinoise. Plus généralement, la croissance des marchés émergents devrait aussi profiter de la multiplication des mesures de relance américaines, dans l’hypothèse où une guerre commerciale complète est évitée.

Mise à jour des prévisions mondiales : hausse de la croissance et des risques avec Donald Trump

Pour la première fois en près de deux ans, nous avons révisé à la hausse nos prévisions pour la croissance mondiale. Nous anticipons désormais qu’elle ressortira à 2,6 % en 2016 (auparavant à 2,3 %), car la performance supérieure aux attentes au troisième trimestre se poursuit au quatrième. En 2017, nous anticipons une croissance de l’économie mondiale à 2,8 % (auparavant 2,6 %) du fait d’une perspective plus optimiste à l’égard des marchés émergents, du Royaume-Uni et des États-Unis (où les avantages d’une politique budgétaire plus accommodante commenceront à se matérialiser en fin d’année). La croissance mondiale devrait encore accélérer en 2018 à 3 %, les effets de l’expansion budgétaire américaine se faisant pleinement ressentir et offrant une impulsion dans le reste du monde.

L’inflation devrait passer de 2 % en 2016 à 2,4 % en 2017, emmenée par les prix du pétrole dans les économies développées. En 2018, l’inflation mondiale devrait selon nous se stabiliser à 2,3 %, malgré une hausse de l’inflation aux États-Unis. Nous pensons que l’économie n’est pas en mesure de faire face aux promesses de campagne du nouveau président, notamment les efforts visant à créer 25 millions d’emplois qui devraient créer de l’inflation dans une économie où seules huit millions de personnes sont inscrites au chômage.

Impact politique

Accélération de la croissance, relèvement des taux d’intérêt Aux États-Unis, nous prévoyons toujours un relèvement du taux des Fed Funds à 0,75 % en décembre 2016 et à 1,25 % d’ici fin 2017. En 2018, les taux directeurs devraient terminer l’année à 2,25 %. Toutefois, ailleurs, les taux d’intérêt devraient rester inchangés à l’exception de la Chine où nous anticipons une nouvelle réduction en 2017. La Banque du Japon devrait laisser ses taux inchangés, mais maintenir l’assouplissement quantitatif (QE). Nous abordons nos prévisions pour le Royaume-Uni et l'Europe dans la section suivante.

Scénarios

Concernant les scénarios, nous avons procédé à plusieurs changements, mais les risques sont toujours ceux d'un ralentissement de la croissance avec une légère tendance à la déflation, plutôt que qu'une issue inflationniste. Notre scénario dont le risque est le plus élevé est celui des « guerres commerciales de Donald Trump ». Nous avons remis à l’ordre du jour celui du « conflit russe » (stagflation avec l’invasion du reste de l’Ukraine par le Président Poutine et hausse des cours pétroliers et de la volatilité du marché financier). Nous avons aussi modifié trois scénarios. « Récession aux États-Unis » devient « flambée des rendements obligataires » (les rendements obligataires remontent fortement en raison des craintes liées à l’expansion budgétaire, ce qui entraîne de la déflation). « Réflation mondiale » devient « réflation budgétaire américaine » et « UE secouée par le Brexit » devient « Le Pen divise l’Europe ». La candidate du Front National Marine Le Pen est donnée perdante aux élections présidentielles françaises mais nous ne pouvons pas écarter une nouvelle surprise. En cas de victoire, la France pourrait quitter l’UE, et la demande et l’activité de la zone euro pourraient s’écrouler, ce qui aurait des répercussions déflationnistes sur le reste du monde.

Mise à jour des prévisions de l’Europe : la hausse de l'inflation pourrait freiner la croissance

Nos prévisions de croissance de la zone euro en 2016 ont été légèrement revues à la hausse, de 1,5 % à 1,6 %. Les prévisions 2017 ont été ramenées à 1,2 %, car l’inflation devrait temporairement augmenter, d’une moyenne annuelle de 0,2 % en 2016 à 1,3 % (auparavant 1 %) en 2017. Nous pensons que la croissance va grimper jusqu'à environ 1,8 % en 2018, favorisée par l’assouplissement de la politique budgétaire et le raffermissement de la croissance aux États-Unis, ce qui devrait doper les exportations nettes.

La BCE devra défendre sa politique

Nous pensons que la BCE campera sur ses positions face à la montée des pressions pour qu’elle réduise ses programmes de relance du fait de la hausse de l’inflation dans les mois à venir. Nous pensons que le taux des dépôts sera à nouveau réduit à -0,5 % et que les autorités prolongeront le QE de six mois supplémentaires, les achats d'actifs étant ensuite réduits à partir du quatrième trimestre 2017 à hauteur de 10 milliards d'euros par mois. Il sera difficile d'étendre encore davantage le programme, mais le cas échéant, la BCE devra peut-être revoir les règles de ses achats d'obligations. Une simple modification des limites d’émission donnerait un coup de pouce, ou une évolution vers des achats d’actions (via des fonds indiciels cotés) pourrait aussi fonctionner, même si cette initiative serait controversée.

Prévisions du Royaume-Uni : évaluation du coût du Brexit

Nous avons révisé à la hausse les prévisions de croissance du Royaume-Uni, de 1,7 % à 2,1 % pour 2016 et de 0,6 % à 1,4 % pour 2017. L’inflation annuelle devrait passer de 0,8 % en 2016 à 2,9 % en 2017, avant de retomber à 1,9 % en 2018. La BoE devrait maintenir le statu quo concernant les taux d’intérêt et le QE dans un avenir proche.

Tâtonnement budgétaire : plus un contretemps qu’une réinitialisation de la politique

Même si le ministre des Finances britannique a reconnu les répercussions négatives du Brexit sur l’économie, il a décidé de poursuivre le durcissement de la politique budgétaire, ce qui pourrait se révéler être une erreur dans les années à venir. Il bénéficie d’une occasion en or de fournir des investissements faisant cruellement défaut dans les infrastructures publiques à des taux d’intérêt proches de zéro, mais compte tenu de sa très grande prudence les dépenses supplémentaires annoncées ne changent quasiment pas la donne. Le gouvernement manque une très bonne occasion de mobiliser son bilan pour doper les investissements et la productivité à long terme.

Actualisation des prévisions sur les pays émergents : Des relances chimériques gardent les économies sur les rails

La croissance des pays BRIC est légèrement revue à la baisse à l’exception de la Chine, où nous avons abandonné tout espoir de réformes importantes pendant au moins une année supplémentaire. Nous devons aussi évaluer l’impact de la présidence Trump sur les pays BRIC, mais nous pensons que, dans l’ensemble, il sera relativement limité. À l’heure actuelle, l’hypothèse selon laquelle Donald Trump donnera la priorité à la relance des infrastructures plutôt qu’à une guerre commerciale favorise la croissance globale des marchés émergents, tout comme notre révision à la hausse de la croissance chinoise, malgré de légères révisions à la baisse par ailleurs.

Chine : toutes voiles dehors, on s’inquiétera du mât plus tard

La croissance devrait être la priorité numéro un l’année prochaine. Selon nos prévisions, après avoir assis son pouvoir lors du congrès national l’année prochaine, le Président Xi s’attachera à établir une économie durable, abaissant l’objectif de croissance pour laisser de la place à un durcissement de la politique monétaire. Nous anticipons un léger ralentissement en 2018. Par conséquent, nous relevons nos prévisions du PIB 2016 à 6,6 % et 2017 à 6,5 %.

Brésil : une reprise très progressive

La vulnérabilité du Brésil est attribuable à la dépendance de ses entreprises envers les financements en dollars. Compte tenu de la hausse des rendements des bons du Trésor, un grand nombre d’entre elles seront confrontées à un renchérissement de leur dette au moment de la refinancer. Pour refléter ce phénomène, nous abaissons nos prévisions de croissance pour 2017 à 0,6 %. Toutefois, le scandale entourant le nouveau gouvernement représente peut-être une menace plus importante encore, compliquant ainsi la mise en place de réformes budgétaires qui font cruellement défaut.

Inde : une réforme inattendue et controversée

Pour lutter à bras le corps contre la corruption, le Premier ministre a annoncé que les billets de 500 et 1 000 roupies n’auront plus cours légal. Cette décision aura des répercussions importantes sur la consommation et sur la macroéconomie en raison de la contraction de l’approvisionnement en espèces. Par conséquent, nous révisons à la baisse nos prévisions de croissance à 7,3 % pour 2016 et à 7,7 % pour 2017. Nous avons aussi abaissé nos prévisions d’inflation (à 5,0 % en 2016 et à 4,7 % en 2017) en raison de l’impact sur la demande et du récent ralentissement de la hausse des prix alimentaires. Au final, cela devrait donner à la banque centrale la marge de manœuvre nécessaire pour procéder à de nouvelles baisses des taux.

Russie : la reprise survivra à la consolidation budgétaire

L’économie russe se contracte toujours, mais plus lentement. Nous procédons à des révisions à la baisse mineures de la croissance cette année et la suivante, mais nous restons convaincus qu’elle renouera avec sa tendance modérée en 2017-2018. L’inflation a ralenti, favorisée par la solidité du rouble sur l’ensemble de l’année et la faiblesse de la demande. Nous avons révisé à la baisse nos prévisions d’inflation 2016 à 7,2 % et 2017 à 6,1 %.

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