10 min | Perspectives

Le coronavirus va-t-il changer nos modes de travail (et le climat) ?


La réponse sociétale à l’épidémie de Covid-19 a causé un choc à l’économie mondiale et aux marchés financiers. L’épicentre de ce choc se fait clairement ressentir dans le secteur du voyage alors que les projets de vacances sont annulés ou renvoyés à plus tard et que les entreprises annulent leurs conférences et passent au télétravail.

 

Les outils de travail à distance sont largement accessibles

Cette évolution des modes de travail est intéressante d’un point de vue environnemental. L’existence d’outils permettant la tenue de réunions et de conférences virtuelles commençait déjà à apparaître clairement il y a 10 ou 15 ans.

En théorie, ils devraient considérablement accroître la productivité - il suffit de penser à la perte de temps et au coût associés aux aéroports, aux avions, aux hôtels et aux taxis. Or, le recours à ces outils ne s’est pas développé autant qu’on aurait pu le penser et les voyages d’affaires sont un vecteur de croissance majeur pour l’aérien et l’hôtellerie haut de gamme.

Les changements de comportement auxquels le coronavirus nous contraint de façon si spectaculaire sont susceptibles d’induire une réévaluation de la nécessité des réunions en face à face dans bien des cas. De nombreuses entreprises adoptent le télétravail tandis que réunions d’affaires et conférences passent en mode virtuel.

Dans nos bureaux de Londres en ce qui nous concerne, nous privilégions depuis un bon moment les vidéoconférences plutôt que les déplacements, dans la mesure du possible. Cette pratique sous-tend nos efforts en matière de durabilité. Il est également commun pour nos salariés de travailler à distance, comme l’évoque notre directeur général Peter Harrison dans sa colonne intitulée « Covid-19 : les entreprises à l’épreuve de la technologie ».

 

Les nouveaux modes de travail pourraient induire un changement permanent

Le fait d’être contraint de travailler ainsi des semaines voire des mois durant permet de concentrer les ressources de l’entreprise sur l’efficacité des systèmes. Il permet également aux salariés et aux clients de s’y habituer progressivement.

Certains parmi eux ne l’apprécieront guère, mais il est probable que beaucoup s’y rallieront et que les équipes de direction perçoivent l’avantage qu’offre une évolution plus permanente dans cette direction.

Les émissions liées aux voyages d’affaires sont la principale source de l’empreinte carbone de nombreuses entreprises du secteur des services. Or, un nombre croissant de sociétés s’engagent à réduire leur empreinte conformément à l’Accord de Paris visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre. Si le secteur du transport aérien ne parvient pas à trouver une technologie alternative aux moteurs à réaction, les entreprises n’ont d’autres choix pour réduire les émissions liées aux voyages d’affaires que de restreindre les déplacements.

En termes d’investissement, l’impact négatif sera plus durable pour les secteurs qui dépendent du recours sans cesse croissant au voyage longue distance. L’Association internationale du transport aérien (IATA) a indiqué le 5 mars que les pertes de chiffre d’affaires pour le secteur pourraient s’établir dans une fourchette de 63 à 113 milliards de dollars. Et ce avant la dernière série de restrictions imposées aux déplacements.

S’il est tentant de penser que les voyages d’affaires reprendront une fois l’épidémie maîtrisée, il est toutefois probable que les comportements auront déjà commencé à s’adapter.

Cependant, des opportunités d’investissement vont également apparaître. La demande de logiciels de travail à distance, de technologie de vidéoconférence et d’outils personnels plus performants à l’usage des salariés est en effet appelée à augmenter. Le graphique ci-dessous montre par exemple l’envolée des téléchargements de l’application Zoom de visioconférence fin février.

 

coronaclimat2.JPG

 

La réalisation des objectifs climatiques impose un changement de comportement

Pour résumer, jusqu’à ce que l’industrie du transport aérien développe une technologie permettant d’éviter de brûler du carburant dans la haute atmosphère, nous ne pouvons continuer à prendre sans cesse l’avion pour nous rendre à l’autre bout du monde tout en comptant résoudre la crise climatique.

Il se pourrait que 2020 marque un tournant dans la prise de conscience des entreprises qu’elles peuvent en faire plus en voyageant moins. À cet égard, s’habituer aux réunions virtuelles et aux gains de productivité considérables qu’elles peuvent apporter sera un effet secondaire positif de la réponse à la crise.

 

Le contenu de ce site est destiné aux particuliers et aux investisseurs non professionnels.

Ce document exprime les opinions du gérant ou de l'équipe citée et ne représente pas nécessairement les opinions formulées ou reflétées dans d’autres supports de communication, présentations de stratégies ou de fonds de Schroders.

Ce document n’est destiné qu’à des fins d’information et ne constitue nullement une publication à caractère promotionnel. Il ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente d’un instrument financier quelconque. Il n’y a pas lieu de considérer le présent document comme contenant des recommandations en matière comptable, juridique ou fiscale, ou d’investissements. Schroders considère que les informations contenues dans ce document sont fiables, mais n’en garantit ni l’exhaustivité ni l’exactitude. Nous déclinons toute responsabilité pour toute opinion erronée ou pour toute appréciation erronée des faits. Aucun investissement et/ou aucune décision d’ordre stratégique ne doit se fonder sur les opinions et les informations contenues dans ce document.

Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Les cours des actions ainsi que le revenu qui en découle peuvent évoluer à la baisse comme à la hausse et les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant qu’ils ont investi.

Les prévisions contenues dans le présent document résultent de modèles statistiques, fondés sur un certain nombre d'hypothèses.

Elles sont soumises à un degré élevé d'incertitude concernant l'évolution de certains facteurs économiques et de marché susceptibles d'affecter la performance future réelle. Les prévisions sont fournies à titre d'information à la date d'aujourd'hui. Nos hypothèses peuvent changer sensiblement au gré de l'évolution possible des hypothèses sous-jacentes notamment, entre autres, l'évolution des conditions économiques et de marché. Nous ne sommes tenus à l'obligation de vous communiquer des mises à jour ou des modifications de ces prévisions au fur et à mesure de l'évolution des conditions économiques, des marchés, de nos modèles ou d'autres facteurs.

Ce document est produit par Schroder Investment Management (Europe) S.A., 5 Heienhaff, 1736 Sennengerbierg, Luxembourg