Tableau de bord du changement climatique – évaluer les risques et les opportunités

Le changement climatique est désormais un facteur déterminant pour l’économie mondiale.

Notre tableau de bord suit les indicateurs de changement dans les quatre catégories qui ont le plus d'influence sur la limitation de la hausse des températures mondiales: changement politique, affaires et finance, progrès technologiques et énergie (utilisation de combustibles fossiles).

 

Comment la hausse des prix du carbone pourrait couper les profits des entreprises

Nouvel outil développé par Schroders, la Valeur à Risque carbone (VaR carbone) constitue une avancée majeure pour aider les investisseurs à évaluer la menace au sein de leurs propres portefeuilles.

Un nombre croissant d’investisseurs réagissent aux inquiétudes sur le climat en vendant les actions des producteurs de combustibles fossiles.
Avec 5 400 milliards USD, la valeur des portefeuilles excluant les combustibles fossiles a doublé en deux ans, et des voix au sein même du Parlement européen recommandent le désinvestissement.

Cependant, nous estimons qu’il constitue une stratégie d’investissement trop simpliste. Les producteurs de pétrole, de gaz et de charbon vont indéniablement connaître des difficultés en raison du recul de la demande, mais son impact sur la rentabilité et la valeur n’est pas si évident.

La discipline (ou le manque de discipline) des producteurs d’énergie dans l’ajustement à une demande plus faible pèsera plus sur leur destin que la baisse du chiffre d’affaires elle-même. C’est pourquoi nous encourageons le débat autour du désinvestissement

La poursuite des objectifs internationaux concernant le changement climatique entraînera des perturbations plus sévères que celles observées jusqu’à présent. Notre récent Tableau de bord du changement climatique montre que les transformations à l’oeuvre entraîneront une hausse des températures mondiales de 4 °C, bien supérieure à l’engagement de deux degrés pris par les leaders mondiaux à Paris en 2015. Atteindre ces objectifs aura des conséquences dans divers secteurs, mais les producteurs
de combustibles fossiles sont dans l’oeil du cyclone.

En effet, le changement climatique est essentiellement causé par les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine humaine, dont 80 % proviennent des combustibles fossiles. Limiter les hausses de température à des niveaux acceptables signifie réduire ces émissions de deux tiers au cours des trois prochaines décennies, ce qui menace clairement les producteurs. Cela suppose une baisse de la production mondiale de combustibles fossiles de 1 % par an jusqu’en 2050, soit un revirement complet par rapport aux 2 % de croissance annuelle des trente dernières années. Toutefois, le recul de la demande ne sera pas forcément fatal aux producteurs. L’argumentaire d’investissement est plus complexe que le tableau sans nuances souvent dépeint. Notre analyse montre qu’une réponse disciplinée aux réductions de la production pourrait, par rapport à des investissements anarchiques, doubler la valeur du secteur malgré la baisse de la demande.

Alors que la réponse globale du secteur déterminera la rentabilité générale, la décroissance soulignera les différences de modèle économique et les expositions des producteurs individuels. Certains seront plus à même d’amortir la baisse des bénéfices liée au recul de la demande. Les producteurs de gaz, comparés aux mines de charbon, profiteront de la moindre teneur en carbone de leur combustible. Les entreprises ayant des coûts opérationnels plus faibles résisteront mieux à la chute de la consommation.

Nous avons adapté les courbes de coûts, un outil analytique connu, afin de comparer les positions des entreprises. En nous concentrant sur les bénéfices générés par les entreprises pour chaque tonne de carbone contenue dans leurs produits, nous avons combiné les positions de coûts et les mix énergétiques pour créer une base de comparaison commune. Les producteurs à faibles coûts privilégiant la production de gaz sont dans la partie la plus attrayante du spectre, tandis que les producteurs de charbon aux coûts élevés sont les plus exposés.

Les investisseurs vont devoir faire le tri entre les entreprises les mieux protégées et les plus exposées et la réaction des entreprises au défi posé, essentielle, rendra l’engagement crucial. Nous réclamons activement, et continuerons de réclamer, une planification plus rigoureuse et une transparence accrue. Nous estimons qu’une analyse réfléchie et un engagement solide seront plus payants pour les investisseurs que de délaisser entièrement ce secteur.

Schroders est un acteur majeur de la gestion d'actifs pour compte de tiers, spécialisé dans la gestion active sur l'ensemble des classes d'actifs et des zones géographiques.