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Marchés

Note sur l'impact du coronavirus sur les actions asiatiques

Après 18 mois de performances modestes, marqués par les fluctuations du sentiment sur les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine, par des prévisions de croissance mondiale plus faibles et par les changements de politique de la Fed, les marchés boursiers asiatiques sont entrés dans l'année 2020 sur une base plus positive. La signature de la première phase de l'accord commercial en janvier devrait, espérons-le, permettre de désamorcer cette question dans la perspective des élections américaines qui se tiendront plus tard dans l'année. Ces derniers mois, nous avons pu observer les premiers signes d'un creux dans l'activité manufacturière mondiale et dans la confiance des entreprises, tandis que la Fed semble devoir rester en retrait pendant le premier semestre de l'année après ses réductions de taux en 2019, et que son bilan a également recommencé à croître. Ce contexte plus favorable à la croissance et à la liquidité mondiales a permis aux marchés actions de se redresser fortement jusqu'à mi-janvier.

 

Malheureusement, cette forte dynamique a récemment été mise à mal par la propagation rapide du coronavirus en Chine. Bien que le taux de mortalité estimé soit à ce stade beaucoup plus faible que dans le cas du SRAS en 2003, il se propage plus rapidement notamment en raison des nombreux mouvements de population liés aux fêtes du Nouvel An chinois, malgré les mesures prises par les autorités chinoises pour limiter la circulation à l’intérieur du pays. Au moment où nous écrivons ces lignes, le nombre d'infections continue d'augmenter très rapidement et il est impossible de prévoir l'ampleur et l'impact définitif de cette épidémie. Toutefois, notre scénario de base actuel est que, malgré les pertes tragiques en vies humaines, il ne s'agira pas d'un changement structurel dans les perspectives de croissance des économies chinoise ou régionale, mais plutôt d'un ralentissement cyclique court et brutal qui durera quelques mois.

 

L'impact économique se fera sentir dans un premier temps dans les secteurs liés au tourisme, aux voyages, aux divertissements hors ligne et à la vente au détail, tant en Chine qu'à l'étranger.  Le secteur manufacturier pourrait également être confronté à des défis logistiques à court terme, car les employés ont du mal à retourner au travail après le Nouvel An en raison des restrictions de circulation, ce qui pourrait poser des problèmes à certaines chaînes d'approvisionnement. De manière plus générale, l'incertitude accrue risque d'avoir un impact négatif sur la confiance des consommateurs et des entreprises, et par conséquent sur les décisions de dépenses et d'investissement. Tout cela mine l'optimisme qui s'était installé quant à l'amélioration des perspectives de la Chine et de la région pour 2020. Cela a déclenché une forte correction des marchés boursiers locaux et tous les gains dégagés par les actions A de décembre et janvier ont été effacés.

 

Si, comme pour d'autres épidémies récentes, la propagation du virus est contenue au cours des deux prochains mois et que la confiance revient progressivement par la suite, alors l'activité économique devrait rebondir assez rapidement au second semestre, aidée par la libération d'une certaine demande refoulée. Les prévisions de bénéfices pour 2020 devront être revues à la baisse dans certains secteurs, mais l'impact sur les fondamentaux des sociétés que nous détenons devrait être modeste. Les valorisations se sont éloignées du haut de la fourchette pour la région, se rapprochant des moyennes à long terme, de sorte que nous n'avons pas encore atteint des points d’entrées attractifs ; toutefois, les marchés pourraient aller au-delà des prévisions à la baisse étant donné la visibilité limitée des perspectives, et un certain degré de "prise de bénéfices" après une période de gains pourraient créer des opportunités intéressantes.

 

Au-delà de la crise actuelle, nous restons très concentrés sur les valeurs exposées aux thèmes de croissance plus séculaires de la région, car nous pensons que la croissance en Chine continuera à ralentir progressivement dans les années à venir et qu'il y a peu de facteurs apparents pour une reprise générale de l'activité régionale qui entraînera une réévaluation soutenue dans les secteurs plus cycliques du marché.  Nous restons prudents en ce qui concerne la plupart des titres de prime abord sous-évalués en raison de l'impact négatif continu de la disruption des business modèles et des modèles de consommation due aux changements technologiques, aux réglementations environnementales et à l'évolution des habitudes de consommation des jeunes générations. La file d’attente pour devenir le prochain Amazon ou Alibaba est interminable.

 

Bien que la croissance globale en Chine ait ralenti, on a assisté en même temps à une explosion spectaculaire de la croissance des "nouveaux" secteurs de l'économie, le secteur des services prenant le relais du développement économique, et cette tendance devrait se maintenir, malgré l'impact à court terme sur la consommation des craintes actuelles pour la santé. Le commerce en ligne continue de croître beaucoup plus rapidement que les ventes au détail. Dans le même temps, des secteurs tels que la santé, l'éducation, les voyages et les loisirs représentent désormais une part plus importante des dépenses de consommation, avec des taux de croissance bien supérieurs à ceux de l'économie globale. Dans le même temps, la tendance à la montée en gamme devrait se poursuivre, les consommateurs chinois dépensant davantage pour des produits haut de gamme. Ainsi, même si les volumes n'augmentent pas aussi rapidement, les prix de vente et les marges sont dopés pour les entreprises exposées à ces tendances. Avec l'ouverture du marché des actions A au cours des dernières années, les possibilités de s'exposer à ces tendances sont encore plus nombreuses. En raison de toutes ces tendances, la Chine reste un marché très attrayant pour la sélection de titres bottom-up.

 

Dans le même temps, les actions technologiques continuent d'offrir un potentiel de croissance à long terme, même si beaucoup d'entre elles ont été désavantagées ces dernières années, les ventes mondiales de smartphones ayant stagné en l'absence de nouvelle application indispensable incitant les consommateurs à se mettre à niveau. La digitalisation de l'économie mondiale continue de s'accélérer à mesure que la capacité des appareils et la technologie s'améliorent, ce qui sera positif pour la demande de nombreux leaders mondiaux du secteur en Asie. Le lancement imminent de réseaux 5G sur de nombreux marchés asiatiques au cours des deux prochaines années devrait stimuler la demande et nous voyons des opportunités intéressantes pour nos valeurs préférées dans le secteur des technologies de l'information.

 

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